Bullets Retour

horizontal rule

Les structures spécifiques de la Résistance dans les PTT

*******

Libération Nationale PTT

Le nom de « Libération Nationale PTT » est apparu en 1944. L’organisation dans la corporation des Postes, Télégraphes et Téléphones avant cette appellation, fut d’abord celle des « Comités populaires » préconisés par Benoît Frachon et dont l’objectif était de remplacer dès 1940 les syndicats dissous par Pétain.

C’est dans ce cadre qu’Henri Gourdeaux, Marie-Thérèse Fleury, Fernand Piccot, René Bontems, puis Emmanuel Fleury après son évasion en septembre 1940 de la prison de Fort Barraux en Isère, furent les premiers militants PTT à prendre tous les contacts permettant de structurer une organisation de résistance.

Celle-ci, constituée d’abord sur Paris, prit le nom de « l’Interbranche n° 4 » dite l’IB4 dirigée par un « triangle » composé d’un politique, d’un responsable à l’organisation et d’un syndical. Ce cloisonnement et son fonctionnement étaient rendus nécessaires pour assurer la sécurité dans la clandestinité.

Les militants syndicaux, notamment ceux de l’ex-CGT Unitaire dissoute, animés par une volonté de refus face à une occupation étrangère et par un sentiment de révolte face aux difficultés de la vie quotidienne se sont appuyés sur cette prise de conscience de l’opinion pour créer dans leurs bureaux et services des moyens de résistance en redonnant vie à une activité désormais interdite. Ce fut d’abord par les tracts, les mots d’ordre en adoptant un ton de plus en plus dur à l’égard des nazis et de ceux qu’ils considéraient comme des collaborateurs.

Pratiquement, Paris étaient divisé en quatre secteurs délimités par une croix tracée à la perpendiculaire à partir de son centre. Cette première forme d’organisation fut rattachée, dès sa création en mai 1941 par le Parti communiste clandestin, au « Front National de lutte pour l’indépendance de la France ». Le « Front National PTT » ainsi constitué, des structures nationales furent mises en place dans les régions métropolitaines avec à leur tête un responsable et des liaisons avec tous les départements constituant ces régions.

Et c’est dans le courant de l’année 1944 que le mouvement de « Libération Nationale des PTT » apparu sous cette appellation. Dans ce mouvement se retrouvèrent les « Milices Patriotiques PTT » et les « Francs-Tireurs Partisans (FTPF) des PTT ».

En conclusion, ce mouvement s’est construit sur la base de relations syndicales avec la CGT et politiques avec le Parti communiste.

 

Résistance PTT 

C’est au début de l’année 1941 que se constitue le réseau « Action PTT » qui se transforme en « Etat-Major PTT » pour devenir en 1944 « Résistance PTT ». A la base de cette organisation, Ernest Pruvost (alias Potard), Maurice Horvais, deux rédacteurs du ministère, ainsi que Simone Michel-Lévy, rédactrice au Centre de recherches et contrôles techniques. Avec eux se joindront Ferdinand Jourdan, Honoré Farat puis Edmond Debeaumarché.

Leur ambition était de monter un réseau de renseignements et de transmissions s’appuyant sur la compétence technique de postiers et techniciens des télécommunications. Des contacts furent établis avec le colonel Rémy, chef du réseau « Confrérie Notre-Dame ». Simone Michel-Lévy y joua un rôle important, ainsi qu’au sein du réseau OCM (Organisation Civile et Militaire) du colonel Touny. L’organigramme adopté par les fonctionnaires de « Résistance PTT » colle parfaitement à la réalité administrative. Les membres de « l’Etat-Major PTT » étaient en fonction à l’Administration Centrale ou dans des services de Direction.

C’est donc des structures héritées d’un métier qui servaient de cadre de référence. Le développement de ce réseau s’est fait plus dans les Centres téléphoniques et au service des Lignes à Grande Distance (LGD) que dans les bureaux de poste où il était en concurrence avec le réseau « Libération Nationale des PTT » à base syndicale et aux solidarités plus fortes. Ce qui n’excluait pas qu’il y eut des actions communes.

L’organisation pyramidale s’est structurée sur l’ensemble du territoire. Enfin, d’un point de vue plus politique, les éléments constituant ce réseau semblent avoir été proches des milieux socialisants mais sans que ce soit exclusif. C’est en mettant leur savoir-faire que ces hommes et ces femmes joueront un rôle important dans la libération du territoire. « Résistance PTT » n’ayant pas assuré la pérennité de son mouvement, a disparu depuis plusieurs décennies.

 

N.A.P. - PTT

Le « Noyautage des Administrations Publiques » né du mouvement Combat, a été adopté par les M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance) puis imité dans le reste de la France. Constitué par différentes branches, ce mouvement a joué un rôle important notamment en neutralisant en grande partie la nocivité de l’Administration de Vichy

 Au niveau des PTT, le N.A.P. s’est développé notamment en Région lyonnaise et dans quelques autres mais moins à Paris où « Résistance PTT » était bien implantée. Son action recouvrait le renseignement, la mise à disposition de liaisons spéciales pour les maquis, la préparation des sabotages, les écoutes etc…

 

                                                                                                                                                                                                                       Charles Sancet