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Quelques précisions… utiles !!...

Il nous arrive d’entendre des affirmations paraissant assez sympathiques au premier abord, véhiculées souvent par des personnes totalement acquises aux valeurs de la Résistance mais qu’il faut néanmoins éviter de prononcer dans le feu de l’action, pourrait-on dire.

Ainsi : « Nous sommes tous des Résistants ! », avec un grand R bien sûr ! Ou encore « Résistants d’hier et d’aujourd’hui ! ». Ces expressions peuvent galvaniser des foules mais il faut bien admettre qu’elles sont inappropriées. On pourrait même aller jusqu’à penser que la Résistance n’appartient pas plus au passé qu’à l’actualité d’aujourd’hui !.

 

Et bien, non !!…

La Résistance avec un « R » majuscule est un phénomène historique spécifique. Il a vu le jour dès 1940 et s’est développé jusqu’à la Libération du pays. Il est né d’un contexte très précis : l’occupation par l’armée allemande, le pillage des richesses par celle-ci, la politique de collaboration. J’ajouterai que le régime de type fasciste de Pétain s’ajoutant à celui des nazis, ont entraîné une féroce répression, les persécutions antisémites, les fusillades et les déportations.

Aujourd’hui, il est vrai que les salariés qui se battent contre les délocalisations, contre les fermetures d’usines, contre les injustices de tous ordres, qui se battent pour conserver leur emploi, sont dans une situation ou ils doivent résister aux politiques qui sont la cause de ces situations souvent dramatiques.

Pour autant, ils ne peuvent pas être comparés aux Résistants (avec un « R » majuscule) car les risques et les enjeux d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux de 1940-1945 !

Donc, n’associons pas Résistants d’hier et d’aujourd’hui. Respectons les leçons de l’Histoire et si nous voulons expliquer ce que fut la Résistance aux générations n’ayant pas connu la Seconde Guerre mondiale, nous devons être toujours très attentifs aux termes employés pour éviter de réduire les combats qu’ont mené nos aînés.

Concernant un autre sujet apparu subrepticement lors de la dernière Assemblée générale de notre Association, il s’agit d’une pétition émanant d’un certain « Comité pour une nouvelle Résistance - CNR », qui comme vous le constatez, utilise abusivement le sigle CNR. Là aussi, une précision s’impose.

Cette association est de caractère politique, ses engagements républicains peuvent être compris et légitimes mais elle ne peut être comparée à l’ANACR qui est une association pluraliste (conformément à ses statuts) rassemblant des hommes et des femmes pouvant se réclamer d’engagements démocratiques et républicains différents mais dont les objectifs communs à tous ses adhérents sont d’avoir la même volonté d’expliquer le rôle de la Résistance, ce que fut son combat, ses valeurs et aujourd’hui de poursuivre la lutte contre les résurgences des idéologies fascistes.

Il en est de même pour une autre association qui sans vergogne a pris le nom de « Conseil National de la Résistance – CNR » et poursuit les mêmes objectifs.

Ceci étant, ces associations ont des options politiques certes respectables, tout comme celles que l’on retrouve dans d’autres structures qu’elles soient syndicales ou politiques et qui se réclament du Programme du Conseil National de la Résistance (de mars 1944). Cependant, il ne faudrait pas oublier que ce Programme a été le fruit de discussions entre toutes les composantes du CNR qui s’est constitué le 27 mai 1943 !

Cela m’amène évidemment à une autre précision sur ce que nous entendons ici ou là, à propos de l’idée « d’actualiser » le Programme du CNR de 1944, certains allant même jusqu’à vouloir « revisiter » celui-ci. Je précise à nouveau qu’il s’agit d’une démarche politique spécifique légitime puisque démocratique.

Ecrire aujourd’hui un « nouveau Programme du CNR » me paraît assez utopique. Est-on capable de réunir tous les partis politiques (de gauche, de droite, du centre), tous les syndicats, les associations afin d’écrire un programme accepté par tous les participants ? Et ce qui me paraît aussi irréaliste, c’est l’idée de vouloir copier ce qui s’est réalisé dans le contexte de 1943 et 1944 radicalement différent de ce que nous connaissons aujourd’hui.

Par contre et ce sera ma conclusion, la référence au Programme du Conseil National de la Résistance qui, au lendemain de la Libération de notre pays en 1944 et de la victoire sur le fascisme le 8 mai 1945, avait inspiré sa reconstruction dans l’espérance d’une société nouvelle, régénérée, démocratique et solidaire est toujours une référence actuelle.

Mais il n’est pas réaliste bien sûr de demander l’application mécanique de ce Programme. Il est plus raisonnablement de se réclamer des valeurs qu’il véhiculait et des mesures qu’il préconisait et qui furent mises en place à la Libération. Pour nombre d’entre elles, malgré des remises en causes successives depuis des décennies, elles forment encore aujourd’hui le socle de notre protection sociale et de notre pacte républicain.

Charles Sancet

Secrétaire général adjoint

Membre du Bureau National de l’ANACR

 

 

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