Roger PARROT

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Il nous arrive souvent, lors d’interventions dans des colloques ou dans des assemblées, de rappeler le travail de mémoire accompli par notre association pour faire connaître le rôle joué par le personnel des PTT durant l’Occupation, dans une profession où la nature du travail se prêtait à des actions efficaces contre l’Occupant. Cette résistance a été très variée, individuelle, collective, organisée dans des mouvements ou dans des réseaux.
Pour rendre un hommage à notre camarade Roger PARROT, nous publions ci-dessous son témoignage qui est paru dans le livre « La Résistance dans les PTT » en 1986. Cette page d’histoire est pour les plus jeunes, un exemple de l’action incessante de nos camarades résistants PTT dans la clandestinité, dans les divers groupes de combats, de sabotages et de destructions. 
« Démobilisé le 17 janvier 1941, de retour à Paris, je prends contact avec des amis anti-nazis qui me font embaucher par la mairie de Vincennes au parc d’artillerie, centre de récupération d’armes. Dans ce centre, nous sabotons des fusils et du matériel d’artillerie. Je sors des armes de poings et pour des camarades des fusils démontés, camouflés dans des fagots de bois. Nous étions autorisés à emporter le bois des caisses cassées qui avaient contenu des munitions. J’ai fourni en revolvers des Résistants de l’Assistance Publique, de la Caisse Vieillesse de la Place Saint-Victor. Suspecté après un interrogatoire par le commandant du camp, je juge prudent de quitter l’emploi.
Réembauché à l’Atelier Central d’Anjou, en avril 1941, le Contrôleur IEM de l’atelier, Mr Hamon, me confie les clés d’une salle dans laquelle sont camouflées, sous des amas de panneaux, des machines-outils neuves, je suis chargé de leur entretien.
Muté au Central Littré, service du répartiteur, là, de temps en temps, j’interromps les lignes téléphoniques du Sénat à l’aide de paillettes d’alarme, interruptions de courtes durées. À la suite d’un transfert de câbles, je m’abstiens de souder les lignes de l’Etat-major de l’armée de l’air allemande du Sénat, la Luftwaffe est privée de liaisons téléphoniques pendant plusieurs heures. Le lendemain matin, allemands et ingénieurs des télécommunications m’accueillent à la prise de service, bref interrogatoire, devant mon innocente bonne foi, l’affaire en reste là.

Après avoir fabriqué des clés qui me permettaient l’accès aux sorties de câbles, en nous glissant avec Pilou entre deux nappes de câbles, nous descendons dans les galeries de câbles, nous relevons les issues, ceci afin de faciliter éventuellement une évasion de la prison du Cherche Midi ».

En 1943, Roger Parrot est contacté par André Leray, c’est la constitution des GSD (Groupes de Sabotages Destruction), il est en liaison avec Thérèse Coulomb, Astarita, Jean Reboul, et Jean Abbadie. André Naudin et Denise Gadrey lui remettent des tracts et des journaux clandestins qu’il a pour mission de répartir dans l’ensemble des services techniques des télécommunications de Paris et banlieue.

« Tous les mois, je collecte des fonds pour le soutien des camarades dans l’illégalité. Le Central Littré se trouve face à la prison du Cherche Midi, nous inscrivions à la craie, le nom des victoires des alliés sur un des panneaux noirs de camouflage de la défense passive que l’on présentait devant une fenêtre à la vue des prisonniers. Ces derniers nous faisaient signe : « bravo ». Nous pensions ainsi soutenir leur moral. En janvier 1944, entrevue avec Camille Trébosc : désigné responsable militaire des milices patriotiques des services techniques en liaison avec Reboul et Lechevin. En juin 1944, les camarades du GSD de Vaugirard font sauter le câbles des lignes à grandes distances du Centre St. Amand. Ces camarades me remettent une somme importante qu l’Intelligence Service leur avaient versée et que j’ai remise à Leray. Réunion avec Gastaud, Brunot et Lechevin chez Berger. Réunion rue Armand Moisant avec Belliard, Collet, Anizant, Brisorgueuil.

1er juillet : contact avec Fleury et Abbadie pour la manifestation boulevard Magenta.

14 juillet : manifestation à Belleville avec Piccot et Abbadie.

17 août : Fleury me charge de l’arrestation du directeur des Télécommunications, 18 boulevard de Vaugirard, et sous le nez des allemands, avec Davy, nous le conduisons à la Préfecture de Police. Pendant l’insurrection de Paris, je siège au Comité de Grève, rive gauche, avec André Leray et Marie Couette, rue d’Alleray. J’assure la liaison avec la Recette Princpale véhiculé par un motard. Une première fois, nous sommes arrêtés au milieu d’une formation allemande en position, boulevard Hausmann, les sacoches contiennent des stencils (communiqués, proclamations) et mon revolver tout au fond. Nous sommes fouillés par un officier qui n’a pas mis la main sur mon arme, par chance, après une heure de retenue, nous sommes libres à la suite d’un ordre de repli.

Une deuxième fois, rue Cambronne, nous servons de cible aux soldats allemands retranchés autour de l’Ecole Militaire, grâce à l’habilité du motard, nous passons à travers ce tir. J’ai participé, lors d’un accrochage avec l’ennemi, aux coups de feu de la place St. Michel, juste avant la construction de la barricade.

Après la Libération de Paris, je suis élu par les responsables d’arrondissements à l’Etat-Major des Gardes Patriotiques et responsable de l’épuration et du contrôle des cadres ».

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