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Roger BOLLEAU, fusillé au Mont Valérien

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Facteur-Chef des postes à Pontaillac quartier résidentiel de Royan, né le 19 avril 1898 à Prignac (Charente-Maritime, Roger Bolleau et sa femme née Emma Laumondais habitent à Royan. Ils ont une fille, Hélène, née le 6 avril 1924. Roger, militant du Parti communiste, s’engage dès 1940 dans la résistance et très rapidement va créer avec Emma le groupe Germain qui est son pseudonyme dans la clandestinité. C’est le premier groupe de Francs-tireurs et Partisans (FTP) en Charente-Maritime. En 1942, la jeune Hélène aide ses parents dans la Résistance.

Le 7 mars 1942, Roger Bolleau et sa fille sont arrêtés par les gendarmes. Roger est transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris puis au Fort de Romainville. Hélène est relâchée une semaine plus tard mais ne revient pas chez elle et entre dans la clandestinité au sein du Front National des jeunes. Elle a la responsabilité d’assurer la liaison entre le groupe Germain et les autres groupes de résistance. Pour sa sécurité elle va poursuivre la résistance (distribution de tracts, collecte pour les militants et travaux d’imprimerie) dans les départements des Deux-Sèvres et Vendée. Son action se poursuit à Angers et les responsables de la Résistance décident de la muter à Paris. Avant de s’y rendre, Hélène revient à Royan pour prendre des vêtements et quelques affaires. Les policiers allemands qui sont accompagnés par des policiers français l’arrêtent le 7 août 1942. Elle est emprisonnée à La Rochelle. Sa mère Emma sera arrêtée le 15 septembre en allant voir sa fille.

Quelques jours après, le 21 septembre 1942, Roger Bolleau est extrait du Fort de Romainville et fusillé au Mont Valérien.

  

 

 

Photo anthropométrique

(après arrestation), le 17 mars 1942).

Archives de la préfecture de police, Pari

 

Hélène et sa mère Emma sont ensuite emprisonnées à la prison d’Angoulême. Quelques semaines après elles sont conduites au Fort de Romainville. Le 23 janvier 1943 c’est le transfert au camp de Royallieu à Compiègne. Elles font partie des 230 femmes qui seront conduites à la gare de marchandises de Compiègne et monteront dans les quatre derniers wagons à bestiaux d’un convoi qui comprend aussi plus de 1450 détenus hommes entassés depuis la veille dans ces wagons. En arrivant en Allemagne, le train se divise en deux, le convoi des hommes va se diriger vers le camp de Sachsenhausen et celui des femmes vers le camp d’Auschwitz où elles arrivent le soir du 26 janvier. Le train y stationne toute la nuit et ce n’est que le lendemain matin que les 230 détenues sont descendues en gare de marchandises et conduites à pied au camp de femmes de Birkenau où elles entrent en chantant La Marseillaise. Elles seront immatriculées dans la série des « 31000 ». Parmi elles Marie-Claude Vaillant-Couturier, Charlotte Delbo-Dudach, Danielle Casanova et Marie-Thérèse Fleury. Sur ces 230 femmes, seulement 49 reviendront.

Emma Bolleau-Laumondais, née le 11 décembre 1900 à Royan, matricule 31806, succombe à la dysenterie le 20 mars 1943 à Auschwitz II-Birkenau.

Hélène Bolleau, matricule 31807, entre au Revier (sorte d’infirmerie) en avril 1943. Ayant échappé au typhus, elle est affectée dans un Kommando de travail de tresses de cellophane. Elle retourne ensuite aux marais, aux briques, aux cendres du crématoire. Il faut savoir que les cendres, auxquelles sont mêlés des ossements calcinés, sont apportées au bord du marais par des camions et les détenues doivent les étaler au bond du marais déjà débarrassé de sa vase avec des râteaux. Hélène et ses camarades sont ensuite transférés le 4 août 1944 à Ravensbrück. Hélène est malade et entre au Revier alors que la plupart des survivantes partent pour le camp de Mauthausen le 2 mars 1945.

Le 23 avril 1945, Hélène fait partie des détenues françaises et belges libérées par la Croix-Rouge et emmenées en Suède. Elle sera rapatriée le 24 juin 1945, elle a 21 ans. Elle retrouve son fiancé Paul Allaire.

Paul Allaire, né le 4 février 1920 aux Mathes en Charente-Maritime, est un Résistant qui dans la clandestinité est Jacques Lhermitte. Arrêté et emprisonné Paul Allaire fait partie du transport qui emmène le 18 juin 1944, 2139 hommes (le plus important par le nombre de déportés) de Compiègne vers Dachau où le convoi arrive le 20 juin 1944. Paul Allaire, matricule 73004, est libéré d’Allach le 30 avril 1945.

Hélène et Paul Allaire se marient en fin d’année 1945.

                                                                                                                   Charles Sancet

N.B. : Merci à Dany Allaire qui m’a apporté des précisions et des informations pour rédiger cet article. Il est le fils d’Hélène et de Paul et le petit-

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