Marie-Thérèse Fleury

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Marie-Thérèse Fleury

Marie-Thérèse FLEURY, épouse d'Emmanuel FLEURY, née NAUDIN (1907-1943), trésorière fédérale adjointe de la fédération des PTT, militante communiste.

Avec GOURDEAUX, PICCOT, GRANDEL, elle jette les bases du mouvement de résistance dans les PTT.

Marie-Thérèse est arrêtée en juin 1942. Le 24 janvier 1943, elle est une des 230 femmes résistantes déportées à Auschwitz. (Seuls trois convois de résistants et otages sont partis de France pour Auschwitz (6/7/1942 - 24/01/1943 - 27/04/1944)). Dans ce convoi se trouvent des personnes très connues : Danièle CASANOVA, Maï POLITZER, Hélène SALOMON, Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, qui rescapée, témoignera au procès de Nuremberg. Elle y déclare :

"Nous sommes parties le 23 et arrivées le 27 janvier. Nous étions 60 par wagon et on ne nous a pas distribué de nourriture  ni de boisson pendant le trajet.... nous sommes arrivées à Auschwitz au petit jour. On a déplombé nos wagons et on nous a fait sortir à coups de crosse pour nous conduire au camp de Birkenau, qui est une dépendance du camp d'Auschwitz.... en passant le porche nous avons chanté la Marseillaise pour nous donner du courage.... on nous a rasées et on nous a tatouées sur l'avant-bras gauche, le numéro de matricule. Nous avons été conduites dans le bloc où nous devions habiter. Il n'y avait pas de lits, mais des bat-flanc de 2 mètres sur deux mètres où nous étions couchées à 9. A trois heures et demie du matin, les hurlements des "surveillantes" nous réveillaient, à coups de gourdin, on était chassée de son grabat pour partir à l'appel... là, nous restions en rang par cinq jusqu'à ce que le jour se lève, puis les Kommandos s'ébranlaient pour partir au travail. Le travail consistait en déblaiement se maisons démolies, construction de routes et surtout assainissement de marais. Les SS hommes et( femmes qui nous surveillaient, nous battaient à coups de gourdins et lançaient sur nous leurs chiens. Nombreuses sont les camarades qui ont eu les jambes déchirées par les chiens. Il m'est arrivé de voir une femme déchiquetée et mourir sous mes yeux alors que le SS TAUBER excitait son chien contre elle et ricanait à ce spectacle.... pour 12000 détenues, il y avait un seul robinet d'eau non potable.... un matin à 3 heure 1/2 tout le camp a été réveillé et envoyé dans la plaine, alors que d'habitude l'appel se faisait à l'intérieur du camp.

Nous sommes restées dans cette plaine, devant le camp, jusqu'à 5 heures du soir, sous la neige, sans recevoir de nourriture. Puis, lorsque le signal a été donné, nous devions passer la porte une à une et l'on donnait un coup de gourdin dans le dos à chaque détenue, en passant, pour la faire courir. Celle qui ne pouvait pas courir parce que trop vielle ou trop malade, était happée par un crochet et conduite au bloc 25, le bloc d'attente pour les gaz... Ce jour là, dix françaises de notre transport ont été happées ainsi et conduites au bloc 25. Lorsque toutes les détenues furent rentrées dans le camp, une colonne, dont je faisais partie, a été formée pour aller ramasser dans la plaine les mortes qui jonchaient le sol. Nous avons transporté dans la cour du bloc 25, les mortes et le mourantes sans faire de distinction, et elles sont restées entassées ainsi..."

Marie-Thérèse FLEURY est morte, selon les registres allemand, le 16 avril 1943. (Une plaque commémorative est apposée au bureau de Poste Paris 20.

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