Maurice GASTAUD

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Résistant de la première heure, Commandant FTPF, homologué Capitaine, co-fondateur de notre association « Libération Nationale PTT », Maurice GASTAUD nous a quittés le 25 mai dernier.

Jeune contrôleur de ce qui s’appelait à l’époque les installations électromécaniques, il avait constitué dès l’automne 1940, sous l’égide de Fernand PICCOT (1), de la CGT U et du Parti communiste (auquel il donna son adhésions), des comités de solidarité destinés à venir en aide aux familles de collègues morts dans les combats de mai-juin 1940 et de prisonniers de guerre. Ces comités étaient en fait, des syndicats clandestins.

C’est ainsi que durant toute l’Occupation, Maurice ne cessa d’agir contre l’Occupant et l’Etat dit Français. Les pertes momentanées de contact dues aux arrestations firent qu’il appartint aux deux organisations de résistance des PTT, IB4 et Etat-Major PTT (qui s’appelleront dès 1944 respectivement Libération Nationale PTT et Résistance PTT) parfois en même temps. Il faut dire que ces deux mouvements avaient des contacts assez fréquents.

D’un tempérament fougueux il se dirigea naturellement vers la lutte armée. Lorsqu’à la charnière des années 1943-1944, le C.N.R. (Conseil National de la Résistance) proposa de créer des « milices populaires » (2), il fut chargé de leur action militaire dans les PTT de la région parisienne en vue de leur participation au succès de la grève insurrectionnelle et à la libération de la Capitale.

De la Libération à la fin de la guerre, Maurice GASTAUD fut affecté au cabinet du ministre de l’air, Charles TILLON. Il eut ensuite, la tâche, ô combien délicate, de mise en application de la décision de dissolution des milices patriotiques et … de la récupération des armes.

Hommes de conviction et d’action, le résistant GASTAUD devint alors un syndicaliste aux responsabilités importantes.

D’abord dans sa profession des PTT (membre du bureau fédéral) puis à la Confédération CGT.

Celle-ci lui confie, de 1965 à 1969, l’organisation de la formation de cadres syndicaux à l’Université africaine établie à Conakry, mais ouverte à tous les pays francophones. Enfin il fut, de 1969 à 1974, le représentant permanent de la Fédération Syndicale Mondiale à l’UNESCO.

Ces activités ne l’écartèrent jamais des problèmes de la Résistance, de son histoire, de ses enseignements. Il trouva donc le chemin du Musée de la Résistance Nationale à Champigny où il occupa les fonctions de membres du Bureau et surtout de directeur de la revue trimestrielle de ce musée. Ces responsabilités ne lui permettaient pas de s’engager à la direction de notre association.

Mais, moi qui le rencontrais fréquemment au musée, je peux dire qu’il suivait de près tout ce qu’entreprenait Libération PTT à laquelle il était très attaché. Il nourrissait des sentiments de grande estime pour les camarades avec lesquels il avait mené les combats libérateurs et ensuite mis sur pied « Libération Nationale PTT » afin de défendre les droits des résistants et de leurs familles ainsi que les valeurs humanistes consignées dans le programme du C.N.R.

En 2004, il avait demandé à être déchargé de son travail au musée. Il voulait en effet se consacrer pleinement à la rédaction d’un ouvrage sur les « Milices Patriotiques » de la Région parisienne.

Mais, on l’avait senti un peu fatigué et inquiet sur son état de santé. Peut-être avait-il déjà reçu des signes alarmants de la maladie qui allait progressivement altérer ses fonctions mentales et lui enlever la vie.

Maurice avait de nombreuses décorations dont notamment la Croix de guerre 1939-1945 avec citations, la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance. En septembre 2004, il avait été nommé Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. La cérémonie officielle avait eu lieu au siège de la CGT à Montreuil.

Au nom du C.A. de notre association, je prie Dominique, son épouse, de croire à nos sincères condoléances et je l’assure, ainsi que toute la famille, de nos sentiments de fraternelle sympathie.

Michel DELUGIN

(1) Fernand PICCOT, arrêté en mars 1941, est interné dans plusieurs camps dont celui de Châteaubriant où il s’y trouve en même temps que Guy Môquet. Début 1944, il s’évade du camp de La Rochelle et revient clandestinement à Paris pour préparer la Libération. En 1945, au congrès de Limoges, il est élu Secrétaire Général de la Fédération Postale.

(2) Milices Patriotiques : à l’approche du débarquement, sur proposition de la CGT, le CNR accepte dans son programme la création de ces milices patriotiques composées de sympathisants à la Résistance dans les entreprises, les quartiers des villes en vue de protéger l’outil de travail et des bâtiments publics contre les destructions éventuelles des Occupants, de protéger la population. Mais aussi, en liaison avec les Comités de la Libération, les milices patriotiques ont mission d’appuyer les FFI et d’aider dans les grandes villes au déclenchement et à la réussite des grèves insurrectionnelles et donc à la participation la plus nombreuse possible de la population. Après la Libération, l’ordre public étant assuré par le Gouvernement provisoire de la République, leur dissolution est prononcée.

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