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Josette FRIGIOTTI – BOULOC

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Josette FRIGIOTTI née BOULOC à Millau (Aveyron) en 1924, fille du Résistant André BOULOC et Résistante elle-même, est décédée en cette fin d’année 2016. Elle avait 92 ans. Je l’avais rencontrée la première fois en 2010 lors de mes recherches pour l’écriture du livre «  Les femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale ». Elle habitait à Montrouge (92). Depuis, nous échangions une correspondance régulière.

Josette BOULOC, par sa famille, fut dès le début de la guerre, plongée dans la résistance à l’occupant nazi et à la collaboration. Début 1943, elle entre aux PTT à 18 ans comme auxiliaire au télégraphe. Elle devient rapidement agent de liaison, transmet et reçoit clandestinement les messages avec les réseaux de résistance de Rodez et Montpellier.

En 1948, elle quitte Millau pour Paris, nommée agent d’exploitation. Au début des années 60, elle démissionne des PTT pour se consacrer à sa passion, l’écriture. Elle publie d’abord deux récits autobiographiques sur la Résistance, puis de nombreuses autres œuvres, des essais, des poèmes ainsi que deux pièces de théâtre. Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, ses œuvres littéraires ont été saluées par d’éminents écrivains, Armand Lanoux, Emmanuel Roblès, Andrée Chédid, Claude Roy …En 2012, Josette FRIGIOTTI me fit connaître le livre d’Armand-David Mendelson « Millau, Terre d’accueil des Juifs à l’ombre de l’Occupation ». Cet auteur né à Paris (professeur à l’Université de Tel-Aviv) a passé sa prime jeunesse avec sa mère à Millau entre 1940 et 1944. Il a dédié son ouvrage à tous les Millavois qui ont accueilli et protégé les Juifs réfugiés dans leur ville. La famille BOULOC était de ceux-là.

Josette Frigiotti, adhérente à notre association depuis notre rencontre, m’avait écrit en 2011 après avoir lu notre Bulletin, ces mots d’une actuelle réalité : « Par la pensée, je suis avec vous tous et toutes qui maintenez le flambeau de la Résistance. Il faut demeurer vigilant. Qui sait si un autre dictateur, même en France, ne menacera pas nos enfants et petits-enfants ? ».

En hommage à cette dame qui nous a quittés, voici un de ses poèmes écrit en 1961.

                                                                                                                   Charles Sancet

 

 

             MINUTE DE SILENCE

 Sous le ruissellement d’une aube qui s’achève

Dans la lumière et l’or d’un somptueux matin

Sur le Causse embaumé de lavande et de thym

Nous sommes trois amis fidèles à la grève.

D’un pieux souvenir que la ferveur élève

Quand le sol noir de leur sang rouge se fut teint

Des jeunes sont tombés, un jour déjà lointain,

Avec l’angoisse au fond de leurs yeux pleins de rêve.

L’amour et le respect nous ont courbé le front

Silencieusement. Tandis qu’un moucheron

Sur la lyre du vent fait grincer une corde.

Le glas lent et vibrant roulant sur le tambour

J’entends pleurer la voix, et l’herbe au ciel s’accorde,

Des hommes qui sont morts pour que chante le jour.

(« Les grands abîmes » Ed. Maury à Millau 1961)

 

 

« Il est des guerres qu’il faut poursuivre

Si on ne veut pas vivre à genoux ». 

                                        Armand Lanoux

 

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