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HISTOIRE

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Joseph DOMEREGO

Un postier devenu Maire du 2ème arrondissement de Paris

 

Joseph DOMEREGO est né le 8 février 1911 à Menton (Alpes-Maritimes). Employé des PTT (il est facteur à la Recette Principale de Paris-Louvre), il entre très tôt dans la Résistance. D’abord en 1940 dans les Comités Populaires de la CGT, en fait des syndicats clandestins après la dissolution de la CGT et de la CFTC par Pétain, puis au Front National PTT (1) en 1941.

Combattant de l’ombre, il va devenir rapidement un dirigeant dans la lutte contre l’occupant. Il participe au fonctionnement du centre de renseignements et de sabotage de la Recette Principale, rue du Louvre, sous la direction du lieutenant REBOUL (2). Joseph assure aussi de nombreuses missions et liaisons avec les autres groupes des PTT.

Il prend part ensuite aux combats de la Libération. Il est à ce moment-là dans les Milices Patriotiques (3) avec le grade de lieutenant. Il participe à la défense de la Recette Principale, à la prise du Central téléphonique Gutenberg et aux barricades des Halles.

 

 Carte du CPL signée d’André CARREL et d’André TOLLET président du CPL 

 

Sur la photographie de gauche, il est perché sur une table et invite les habitants à dresser des barricades. Sur la photographie de droite, il tient le drapeau des Milices Patriotiques, entouré de deux FFI et de personnalités militaires. Il s’adresse à cinq civils coiffés d’un béret sans doute des miliciens de Pétain qui se rendent aux responsables du Comité Parisien de Libération

Joseph DOMEREGO devient à la Libération de Paris en août 1944, maire du 2ème arrondissement.

Au centre Joseph DOMEREGO, maire, entouré de ses adjoints

En 1946, le Préfet de la Seine transmet à Joseph DOMEREGO la copie du décret du 20 février 1946 lui conférant le titre de Maire honoraire du 2ème arrondissement de Paris

Dans sa lettre du 22 février, le préfet lui rend un hommage mérité :

« Au moment où prennent fin les fonctions que vous exerciez depuis la semaine glorieuse de la Libération, je tiens à vous exprimer la vive reconnaissance de l’Administration de la Ville de Paris pour le concours hautement apprécié que vous n’avez cessé de lui apporter au cours d’une période particulièrement difficile. Il m’est agréable de rendre hommage aux sentiments de civisme et de dévouement au bien public qui ont toujours animé votre action et je suis heureux de m’associer au témoignage de gratitude dont vous êtes l’objet de la part du Gouvernement de la République ».

Joseph DOMEREGO a terminé sa carrière aux PTT à Asnières. Il est décédé le 2 août 2000.

Merci à Mireille sa fille (adhérente de Libération Nationale PTT) qui nous avait transmis depuis longtemps de nombreuses photos et courriers nous permettant aujourd’hui de rendre un hommage à ce postier qui fut un artisan de la lutte contre l’occupant nazi et contre le régime de collaboration de Pétain.

 

(1)Front National de lutte pour la Libération et l’Indépendance de la France, créé par le Parti communiste le 15 mai 1941.

(2)Reboul Jean, un des premiers membres des groupes de résistance PTT en 1940 à la Recette Principale Paris-Louvre.

(3)En 1944, à l’approche de débarquement, sur proposition de la CGT, le CNR accepte dans son programme la création de milices patriotiques composées de sympathisants à la Résistance dans les entreprises, les quartiers des villes en vue de protéger l’outil de travail et des bâtiments publics contre les destructions éventuelles des Occupants, de protéger la population. Mais aussi, en liaison avec les Comités de la Libération, les milices patriotiques ont mission d’appuyer les FFI et d’aider dans les grandes villes au déclenchement et à la réussite des grèves insurrectionnelles et donc à la participation la plus nombreuse possible de la population. Après la Libération, l’ordre public étant assuré par le Gouvernement provisoire de la République, la dissolution des milices patriotiques fut prononcée. Dans les PTT, Maurice Gastaud avait la responsabilité de l’action militaire de ces milices en région parisienne en vue de leur participation au succès de la grève insurrectionnelle et à la libération de la Capitale. Nommé au cabinet du ministre de l’air, Charles Tillon, Gastaud eut ensuite la tâche, ô combien délicate, de mise en application de la décision de dissolution des milices patriotiques et de la récupération des armes !     

Charles SANCET            

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