Jean Grandel

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Jean Grandel

 

Jean Grandel est un syndicaliste et homme politique français, né le 4 septembre 1891 à Montpellier. Il a été fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

            La vie et les combats de Jean Grandel, l’un des vingt-sept de Châteaubriant

Jean Grandel, un homme du peuple dans l’histoire, par Danièle Ledoux et Henri Claude Bonnet, Éditions Le Temps des cerises, 2006, 470 pages. 20 euros.

Militant syndical aux PTT, maire de Gennevilliers et conseiller général de la Seine, organisateur de la poste aux brigades internationales, fusillé à Châteaubriant par les nazis. Le 22 octobre 1941, cet homme méritait effectivement une biographie. Elle est écrite à deux voix mettant en valeur l’action du militant de la CGTU puis de la CGT et celle de l’élu communiste.

Né à Montpellier en 1891, Jean Grandel va connaître la lutte des vignerons et la révolte du 17e régiment d’infanterie qui refuse de tirer sur le peuple. Titulaire du brevet supérieur, il passe le concours de commis des PTT et il est nommé à Paris au 30, boulevard Diderot.

Passant sans interruption du service militaire à la guerre, il s’engage en 1917 dans l’aviation naissante et devient pilote de reconnaissance. Après la guerre, il retourne dans l’Hérault aider son père comme cimentier. Là il va militer au syndicat du bâtiment et adhérer au Parti communiste. En 1925, il regagne Paris et retrouve un emploi aux PTT.

Un an plus tard il est élu au secrétariat de la fédération unitaire des PTT avec Henri Gourdeaux et Emmanuel Fleury. Parallèlement, il est élu conseiller général à Gennevilliers puis maire de la ville à l’occasion d’une élection partielle. Son premier geste d’élu municipal est de faire adopter une résolution de solidarité aux « camarades sarrois » menacés d’annexion par Hitler et aux travailleurs espagnols. Dès février 1935, la municipalité communiste avec

Jean Grandel organise le soutien aux grévistes de Chenard et Walker comme elle le fera en juin 1936.

Les premières réalisations ne tardent guère : un service social est mis en place, suivi d’un service social scolaire avec médecins et infirmières. Un patronage municipal organise des séances gratuites de cinéma. Une colonie de vacances ouvre ses portes avec comme directeur Jean-Pierre Timbaud. Une école de musique suit de peu, un projet est élaboré d’un marché couvert et d’une salle des fêtes aux Grésillons.

Dès le déclenchement de la guerre d’Espagne, il sert comme volontaire dans les Brigades internationales. Il organise un service postal militaire centralisant à Albacete le courrier venu de Paris par avion jusqu’à Valence, puis par camion.

Retour à Gennevilliers où il se fait expulser de sa mairie par une délégation spéciale après la publication du pacte germano-soviétique. Le 26 juillet 1940, Jean Grandel est arrêté à son domicile par la police française.

Il réclame un jugement, on lui répond par un « internement administratif » et de camp en camp, il arrive à Châteaubriant où il retrouve ses amis de Gennevilliers comme Timbaud, des militants syndicaux, comme lui, otages désignés par le ministre de Vichy, Pucheu.

Le livre évoque sobrement la tragédie du 22 octobre et raconte les hommages interdits que rendent les Gennevillois à leur maire fusillé. Il publie des lettres du courrier échangé entre Jean et sa femme, cette dernière lettre où il écrit : « Il faut vivre courageusement comme je suis tombé. J’ai vécu pour le bien du peuple, je meurs pour lui sachant que ma mort ne sera pas inutile.

Plus que jamais j’ai confiance en l’avenir. »

Il l’affirmera encore en gravant sur la planche de la baraque où ils attendent la mort « Nous vaincrons quand même » (1).

(1) Ces planches récupérées par les internés furent sorties clandestinement du camp et sauvegardées. Elles sont visibles au musée d’histoire vivante de Montreuil.

Claude Lecomte

Biographie

L'itinéraire syndical aux PTT

              - Septembre 1910 : surnuméraire des PTT.
                - 1911 : adhésion à l'AG des agents des PTT, qui tient lieu de syndicat.
                - 1924 : Jean Grandel est nommé commis à Paris-Poste.
                - Mai 1926 : il est commis au Central télégraphique, rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de     Paris.
                - Novembre 1927 : Jean Grandel est secrétaire général adjoint de la Fédération postale CGTU. La même        année, il est candidat aux élections pour le Conseil supérieur des PTT.
                - Mars 1929 : suspension disciplinaire suite à son action syndicale, puis révocation des PTT le 25 juillet 1929.
                - 1936 : il est un des secrétaires de la fédération CGT des PTT réunifiée. Le 15 mai 1936, acte fort du nouveau ministère Léon Blum ; il est réintégré dans les PTT par le gouvernement du Front populaire.
                - 1937 : en congé des PTT, il participe à l'organisation du service postal des Brigades internationales.

Le militant communiste

                    Juillet 1934 : Jean Grandel est élu conseiller général du département de la Seine, pour le canton de Gennevilliers.
                     21 octobre 1934 : la liste communiste est élue lors d'une élection municipale partielle à Gennevilliers. Jean Grandel est élu maire, Julien Mocquard, Waldeck L'Huillier, Louis Castel et François Serres sont ses adjoints. Il est réélu aux élections municipales de mai 1935.
                    1939 : suspendu de ses fonctions, à la suite de l'interdiction du PCF.
                    1940 : interné au camp d'Aincourt (aujourd'hui dans le Val-d'Oise)
                    22 octobre 1941 : il est fusillé, par les nazis, comme otage à Châteaubriant, avec 26 autres de ses camarades       (dont Guy Moquet). Il venait d'avoir 50 ans.

Sources

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome 40, 1987: notice Jean Grandel
                Danièle Ledoux, Henri-Claude Bonnet : Jean Grandel, un homme du peuple dans l'histoire. Le Temps des Cerises, éditeurs, Pantin, 2006.                                                                                                                                                               Claude LECOMTE  La vie et les combats de Jean Grandel, l’un des vingt-sept de Châteaubriant
 

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