Gabriel PELOUSE

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Gabriel PELOUSE est né le 10 janvier 1910 à Carcassonne. Il a deux soeurs plus âgées. Il poursuit se études au lycée Charlemagne. En 1928, il obtient son brevet et va travailler chez un chapelier à Espéraza. Il joue au rugby dans l’équipe locale. En 1929, il va habiter à Narbonne rue Lapeyrade (rue qui aujourd’hui porte son nom) et il entre aux PTT comme opérateur manipulant. Bon joueur, Gabriel rejoint l’équipe première du Racing Stade Narbonnais.

En 1932 il épouse Jeanne Baisse. Ils auront bientôt un fils, Alain, puis plus tard, en 1938, une fille Yolande. Très vite il veut se rendre utile et c’est le syndicalisme et la politique qui vont l’occuper, il abandonne le rugby. Gabriel est un bon orateur, il circule dans tout le département et très vite ses camarades reconnaissant ses capacités l’éliront secrétaire général de la CGT des PTT de l’Aude.

C’est un homme d’action qui veut prouver qu’il mérite ces responsabilités et ses qualités le mèneront à des engagements politiques : secrétaire de la section du Parti communiste de Narbonne, il se présente aux élections cantonales de 1935.

Durant la Guerre d’Espagne, Pelouze assure le recrutement et avec l’aide de ses camarades cheminots, le transfert de combattants des Brigades internationales vers la République espagnole. Il organise la solidarité et héberge des familles espagnoles. C’est ainsi qu’une de ces expatriées accouche dans sa maison.

En 1938, il écope d’une mise à pied car il a fait grève dans le service postal où il travaille.

En septembre 1939, c’est l’interdiction et la dissolution du Parti communiste, Gabriel Pelouze continu à y militer clandestinement et va créer le premier mouvement de résistance de l’Aude qui rassemble des communistes et des sans-parti. Ce mouvement va par la suite (en 1941) s’affilier au Front National de lutte pour l’indépendance de la France.

Dès 1940, Pelouze fait distribuer les premiers tracts contre Vichy et l’occupant. Il est bien sûr très surveillé. Il sera arrêté et interné dans le camp de Rivel situé dans le département. Il s’évade. Il sera encore arrêté, envoyé dans un camp à Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn. Il s’évade à nouveau. Il est repris à Saint-Etienne, est condamné à trois mois de prison et interné au camp de Fort Barraux dans l’Isère.

En octobre 1941 un groupe de jeunes de Narbonne est arrêté pour distribution de tracts. L’enquête qui est menée fait apparaître que le réseau de propagande clandestine est dirigé par Pelouze et qu’en 1940, dans cette même ville, un parti communiste illégalement reconstitué était sous la responsabilité de ce même Pelouze. Ce dernier est alors transféré à la prison militaire de Montpellier. La section spéciale du Tribunal le condamne le 11 novembre 1941, à vingt ans de travaux forcés et à vingt ans d’interdiction de territoire. On le conduit avec d’autres détenus à la maison d‘arrêt cellulaire de Carcassonne. Il y reste près de deux ans dans des conditions de détention effroyables.

Avec une dizaine d’autres détenus, il sera transféré à Eysses en octobre 1943. Il fait partie de ceux qui n’acceptent pas le départ des 156 résistants pour l’Allemagne en s’opposant aux GMR, le 10 décembre1943.

Il prépare avec d’autres résistants l’évasion générale, rendu plus périlleuse après celle des 54 détenus du quartier cellulaire. La direction collective décide que l’insurrection aura lieu le 19 février 1944. Dès novembre 1943, Gabriel avait annoncé à sa femme qu’il allait s’échapper et se réfugier dans le maquis de la Montagne Noire.

Le jour de l’insurrection, Pelouze conduit le groupe de combat qui se lance à l’assaut du portail près du chemin de ronde. Son camarade est mortellement blessé. Le combat devient inégal, le renfort de l’artillerie allemande, déjoue le plan d’évasion. Après la reddition, Gabriel Pelouze est pris comme otage au quartier cellulaire. Comme pour Auzias, lorsqu’il est appelé pour passer devant la cour martiale, il sait ce qui l’attend. Il peut transmettre à sa famille, par l’intermédiaire d’un pasteur, un dernier message : « Je vous embrasse pour la dernière fois, je vais mourir. Pensez à ma femme et à mes gosses. Qu’ils vivent en mon souvenir ».

Quelques moments avant son exécution, le pasteur lui souhaite bon courage. Gabriel lui répond simplement : « Du courage, j’en ai ». Lorsque on l’attache au poteau, « Gabriel reconnaît le lieutenant qui commande le peloton d’exécution. Il a fait ses études avec lui à Carcassonne. Le lieutenant vient se placer de son côté et abaisse son sabre donnant au peloton l’ordre de tirer. Après la fusillade, aucune trace de balle n’est relevée sur le crépi du mur Gabriel Pelouze est toujours vivant. Le lieutenant sort son revolver e l’achève, ainsi que d’autres détenus simplement blessés, après la première salve ».

Le 25 janvier 1945, ses cendres sont transférées du cimetière de Villeneuve-sur-Lot à Narbonne, qui lui rend hommage. La ville accompagne le cercueil, voilé du drapeau tricolore, du capitaine FFI Gabriel Pelouze, au carré militaire du cimetière.

Le 17 décembre 1959, Gabriel Pelouze est nommé par le Général de Gaulle Chevalier de la Légion d’Honneur avec attribution de la Croix d guerre avec palme. La citation mentionne : « Premier résistant de l’Aude ».

La photo ci-dessus de la plaque « rue Gabriel Pelouze » nous a été envoyée il y a près de dix ans par une de nos doyennes, notre camarade Lucienne Nouguier (née Maitrepierre) à qui nous adressons nos fraternelles amitiés.

Charles Sancet

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