Camille TRÉBOSC

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Camille TRÉBOSC nous a quittés

Camille Trébosc, président d’honneur de « Libération Nationale PTT - ANACR », nous a quittés le 20 septembre 2012. Il était né le 9 septembre 1911.

Camille fait ses débuts à la Poste en 1933, il travaille ensuite aux Chèques Postaux de Paris. Il s’engage dans des activités de solidarité. Par exemple lors de la guerre d’Espagne et de l’afflux de milliers de réfugiés, il se dépense sans compter pour venir en aide à ces victimes du franquisme.

Ainsi, sur sa proposition, son bureau accepte de parrainer une jeune orpheline, fille d’un mineur des Asturies. Tous les agents sans exception apportent chaque mois leur contribution financière pour payer les frais d’internat et chaque dimanche une famille accueille l’adolescente. C’est dans ces actions de solidarité qu’il rencontre Paule qui va devenir son épouse. Ils resteront fidèles à l’idéal de justice qu’ils avaient trouvé dans le communisme. Paule Trébosc-Matinier nous quittera en novembre 2009. Auparavant, en 2007, elle obtiendra la Légion d’honneur au titre des « Justes » de France pour l’aide apportée par ses parents et par elle-même aux Juifs à Clermont Ferrand durant les années noires de l’occupation.

À la fin de la guerre, en juin 1940, Camille est démobilisé et réaffecté à son bureau de Poste. Il entre en contact avec des anciens responsables de la CGT Unitaire dont certains sont déjà clandestins (Henri Gourdeaux, Jean Grandel, Emmanuel Fleury) parce que pourchassés par la police française et allemande. Ils mettent sur pied des comités de solidarité en vue d’aider les familles les plus en difficulté, de redonner l’espoir. Quand il est arrêté, en février 1944, il assume d’importantes responsabilités dans le mouvement de la Résistance aux PTT. Après être passé entre les mains de la Gestapo qui n’obtient rien de ses interrogatoires, il est alors déporté en Allemagne, le 12 mai 1944, au camp nazi de Buchenwald. Jean Lloubes (un des tous premiers résistants des PTT) et Pierre Sudreau sont de ce même convoi parti de Compiègne.

Il va connaître là les affres de la déportation nazie, véritable entreprise de déshumanisation et d’extermination. Malgré la faim endémique, les violences souvent mortelles des SS, la saleté dans laquelle on confine les déportés, nombre d’entre eux conservent leur dignité. Camille est de ceux-là, une sorte de foi dans l’Homme l’amène à ne jamais désespérer. Il fait partie de la « Brigade française d’action libératrice » qui réussit, chose unique dans un camp nazi, à se procurer quelques armes et à préparer à l’approche de la libération par les alliés, un assaut surprise contre les gardiens nazis qui avaient consigne de liquider les déportés au lance-flamme. Ce plan de bataille, appliqué peu de temps avant l’arrivée des Américains, réussit et les GI trouvèrent un camp où les prisonniers étaient les bourreaux de la veille.

De retour en France en mai 1945, après une récupération physique (il pesait 35 kg) il reprend son travail. Sur le plan du militantisme il se consacre principalement à la défense de la Résistance et de ses valeurs démocratiques. Il fonde en 1947, avec quelques camarades, l’association « Libération Nationale PTT ». Il en sera successivement le trésorier le secrétaire général et le président. L’association s’affilie en 1954 à « l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance » (l’ANACR). Camille y prend des responsabilités au sein du Conseil National.

À la retraite professionnelle, il témoigne dans de très nombreux établissements scolaires du département de l’Hérault. Il attache beaucoup de prix à ce que la jeunesse ait une bonne connaissance de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et qu’elle soit éclairée sur les dangers du fascisme. Son activité a été freinée puis arrêtée par la maladie de type Alzheimer. Il n’était plus en mesure d’assumer la présidence et pourtant les camarades de « Libé PTT » ne voulaient pas se séparer de lui, une solution a été trouvée dans une petite modification statutaire créant le poste de président d’honneur. Ainsi il ne disparaît pas tout à fait, d’autant qu’il vivra longtemps dans nos coeurs.

Camille Trébosc était chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire.

Michel Delugin

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