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NANTES : deux employés des PTT assassinés par les nazis !

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Marcel HATET, né à Nantes le 19 mai 1898, est agent technique dans l’administration des PTT. Syndicaliste à la CGT et conseiller municipal de la SFIO (élu en janvier 1936), il fut un grand animateur dans les meetings du Front Populaire. Dès le début 1940, la résistance dans le département est constituée d’une grande variété d’initiatives en liaison avec les opinions politiques des différents participants. Ce qui explique que pour des raisons d’efficacité et de sécurité, les réseaux étaient la plupart du temps imperméables, sans s’ignorer totalement. Ainsi on notait la présence du Front National avec Marcel Le Berthe et Roger Ganne agent de liaison FTPF. Au niveau des télécommunications, la résistance était représentée par Marot de Libération Nord, Miniez et Coz du réseau Jade.

 

De son côté, Marcel Hatet, grâce à ses relations fonde un réseau d’amis sûrs qu’il nomme « Hussards de la Liberté », lui-même prend le nom d’Attila. Il fut en liaison avec le réseau Libération. Il est recruté par l’Intelligence Service en 1943 dans le cadre du réseau Buckmaster et va se trouver impliqué dans des actions d’importance. Il assura notamment des liaisons radio avec Londres. Il organisa vingt-six parachutages. Marcel Hatet et ses camarades avaient un projet d’envergure : paralyser le moment venu toutes les communications téléphoniques et télégraphiques des Allemands à Nantes. Pour cela ils avaient relevé toute l’organisation de réseau téléphonique aérien et souterrain dans la ville.

Son groupe est chargé de fournir des renseignements à Londres. Mais le réseau Buckmaster était depuis un certain temps surveillé par la Gestapo. Des arrestations se sont produites et malgré les précautions prises, le 5 août 1943, quatre agents de la Gestapo vont l’arrêter. Il meurt le lendemain sous la torture dans l’Hôtel Charrette à Nantes. Marcel Hatet est enterré sous le nom de Franz Téhat témoignant de son refus de donner sa vraie identité. Son corps fut retrouvé le 17 janvier 1945, terrain de la Gaudinière à Nantes et identifié par sa veuve.

 

 

          Sources : « Les PTT dans la Résistance en Loire-Inférieure » édité par le Centre d’Histoire Sociale CGT de Loire-Atlantique. Le Maitron-Fusillés 40-44.

 

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Robert CRUAU, né le 12 mars 1921 à Fégréac (Loire-Inférieure à cette époque), travaille d’abord aux Chèques postaux de Nantes puis à la Recette principale de la poste à Nantes. Il adhère à la Fédération postale CGT et participe aux Auberges de Jeunesse. C’est à cette période qu’il fait la connaissance de militants du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) et des partisans de la IVème Internationale.

 

Au début de la guerre, il est membre du Comité régional de Bretagne du Parti ouvrier international (POI) et assurait les liaisons avec Brest et Paris. Pour des raisons de sécurité et pour échapper au STO, il quitte Nantes pour Quimper, puis Brest avec deux militants de Rézé, les frères Georges et Henri Berthomé. Ils se firent embaucher dans les chantiers de construction du Mur de l’Atlantique situés au-dessus de la base sous-marine de Brest. Cette situation permit au groupe de transmettre à Londres des renseignements topographiques et la Royal Air Force pu bombarder en juin 1943 la base sous-marine. 

            Arrêté sur dénonciation le 6 octobre 1943, Robert CRUAU serait mort sous la torture ou fut exécuté. Le groupe trotskiste de Brest fut démantelé ainsi que celui de la région parisienne. Robert Cruau a été inhumé dans le carré des fusillés au cimetière de la Chauvinière à Nantes.

 

     

 

                Sources : Publications trotskistes – Maitron-fusillés 40-45 – « Les PTT dans la Résistance en Loire-Inférieure » édité par le Centre d’Histoire Sociale CGT de Loire-Atlantique

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