Retour

horizontal rule

La prison Saint-Michel à Toulouse

==============

Elle devait être inscrite au Patrimoine au moins municipal, voire départemental. Cette prison a été conçue par l’architecte Escudié en 1855 et la réalisation (de 1862 à 1869) prise en charge par le département pour 800.000 francs.

Ce bâtiment est axé autour d’une rotonde sur laquelle s’étirent, sur 15000 m2, cinq branches en étoile sur 3 niveaux, l’aile N° 3 était destinée aux cellules disciplinaires. À l’origine « Maison d’arrêts, de Justice et de Correction pour hommes », les premiers détenus arrivent en 1869, mais dès 1872 un quartier est spécialement dédié aux femmes.

De ce bâtiment, seul le Castelet, acquis aujourd’hui pour l’euro symbolique par la municipalité, nous servirait à célébrer nos commémorations (Journées des déporté(e)s et Libération de Toulouse) avec possibilité de créer un espace pour le Mémorial de la Déportation et de la Résistance, dans ces lieux .

Cette prison ne laisse guère indifférent, surtout que de 1940 à 1944 des hommes et des femmes y ont séjourné et certains y sont morts pour acte de Résistance, condamnés par le gouvernement de Vichy et par la Gestapo. Les plus connus : Gaston Defferre, André Malraux libérés par des complicités internes et externes, Georges Séguy, les frères Lion déportés en Allemagne, Marcel Langer, chef de la 35e brigade MOI, guillotiné dans le « Castelet », Maurice Fontvielle, Sylvain Dauriac, François Verdier, Jean Durand pour les hommes, Conchita Ramos (mère d’un camarade des Télécommunications) déportée à Ravensbrück dans le train Fantôme, Marie Soula (Chèques postaux de Toulouse), Angèle Bettini (à l’initiative de l’affaire des « tapettes » déclenchées à distance pour lancer les tracts sur Pétain le 5 novembre 1940), Alice Koquine, Marcelle Fontés pour les femmes et beaucoup d’autres.

Le 19 août 1944, les femmes de détenus forcent les portes de cette prison et libèrent tous les prisonnier(e)s qui entonnent à l’unisson La Marseillaise. À chaque commémoration, c’est toujours les mêmes frissons qui hérissent le poil quand dans ce « Castelet » on entend la Sonnerie aux Morts, La Marseillaise, le Chant des Partisans.

 

Nous participons avec les associations du monde combattant et résistant ainsi que celle de défense de cette prison qui doit rester et demeurer un lieu de Mémoire, car dans le sous-sol il y a des mystérieux ossements dans les souterrains aménagés par les occupants nazis. Mais notre résistance locale se heurte encore aux savants calculs de rentabilité des autorités ministérielles, préfectorales, municipales compte tenu du profit juteux de cette superficie de terrain.

Jean Manané

horizontal rule

Retour