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Poème

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Auschwitz et après, tome 1 : Aucun de nous ne reviendra (Charlotte DELBO)

Son père, sa mère, ses frères et ses sœurs ont été gazés à l’arrivée.

Les parents étaient trop vieux, les enfants trop jeunes.

Elle dit : « Elle était belle ma petite sœur. Vous ne pouvez pas vous représenter comme elle était belle.

Ils n’ont pas pu la regarder.

S’ils l’avaient regardée, ils ne l’auraient pas tuée.

Ils n’auraient pas pu.

 

Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile (Charlotte DELBO)

Alors vous saurez                                                      toute connaissance devient inutile

qu’il ne faut pas parler avec la mort                    à qui possède l’autre

c’est une connaissance inutile.                              et pour vivre

dans un monde                                                         il vaut mieux ne rien savoir

où ne sont pas vivants                                             ne rien savoir du prix de la vie

               ceux qui croient l’être                                               à un jeune homme qui va mourir

 

 

 

Charlotte DELBO naît à Paris en 1913. Elle adhère à la Jeunesse communiste en 1932 et rencontre Georges DUDACH en 1934, qu’elle épouse. Assistante de Louis JOUVET de 1938 à 1941, jusqu’au départ du comédien, en mai 1941, pour une tournée en Amérique Latine.

Avec son mari, elle entre dans la Résistance en 1941 et fait partie du « groupe Politzer » responsable de la publication des Lettres Françaises dont Jacques DECOUR était rédacteur en chef. Ils sont arrêtés le 2 mars 1942 et Georges DUDACH sera fusillé au Mont-Valérien le 23 mai 1942 à l’âge de 28 ans.

Charlotte Delbo matricule 31661      

Dabord incarcérée à la Santé, à Paris, elle est transférée au fort de Romainville le 24 août 1942, avant d’être déportée à Auschwitz, par le convoi du 24 janvier 1943, un convoi de 230 femmes dont elle racontera le destin, après la guerre.

Elle est l’une des 49 femmes rescapées de ce convoi et portera, le reste de sa vie, le numéro 31661 tatoué sur le bras. Par la suite, elle est envoyée à Ravensbrück le 7 janvier 1944. Libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945, elle est rapatriée en France en passant par la Suède.

Après la guerre, Charlotte DELBO travaille pour l’O.N.U. puis, à partir de 1960, au C.N.R.S. devenant la collaboratrice du philosophe Henri LEFEBVRE. Elle mourut à Paris en 1985.

                                                                                     Colette Pallarés

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