Cérémonies de la Libération de Paris

Remonter

horizontal rule

Cérémonies de la Libération de Paris 2010

Mercredi 25 août à la Recette Principale Paris-Louvre

________________

Avoir 18 ans en 1944, moins pour certains, plus pour d'autres, les jeunes ont pris part à la lutte contre l'occupant allemand avec courage et humilité, sans toujours bien mesurer les risques qu'ils couraient ou qu'ils faisaient courir.

"Nous avons vécu nos vies en osant des choix; c'est aux tours des jeunes d'oser leurs choix".

Tel est le constat qu'a dressé Maurice Kriegel-Varilmont, militant antifasciste dès son adolescence, devenu Secrétaire Général du Syndicat CGT des agents d'assurance qui poursuivait:

"Ils ont dit NON!

Non à l'occupation de leur pays, non à la répression, non à la barbarie, non à la déportation, non au racisme, non au fascisme. Pas possible d'accepter la Gestapo, pas possible d'accepter la milice, pas possible d'accepter le traitement réservé aux enfants tziganes ou juifs, pas possible d'accepter les discriminations féroces, pas possible d'accepter les erreurs fascistes et l'abaissement de la France".

Il est devenu vital que la jeunesse se réapproprie son histoire avec un grand H, si elle ne veut pas être manipulée, détournée sur les sens de sa propre action pour les enjeux sociaux, humains, politiques de notre époque.

Ensemble, nous allons sous les plaques de nos Camarades Vaguet et Basile rendre hommage à cette jeunesse Résistante, rappeler l'Histoire avec un grand H de nos Camarades, ce que fut la Résistance dans les PTT et le programme du conseil national de la Résistance (Le CNR). Puis dans la salle du public des guichets, nous rendrons hommage aux femmes de la Résistance.

 

 

Souvenons-nous de Paul Vaguet, arrêté au métro Louis Blanc par la police française, alors qu'il distribuait des tracts, il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour spéciale qui siégea le 8 octobre 1941. Livré ensuite aux nazis, il fut fusillé à Caen le 15 décembre de la même année.

Souvenons-nous d'Henri Basile, assassiné le 19 août 1944, lors du début de l'insurrection parisienne.

Souvenons-nous aussi des 39 autres postiers de Paris Louvre, morts pour la France et dont le nom est gravé à jamais sur la plaque commémorative au guichet de la Recette Principale.

L'activité de ces Résistants, la multitude de leurs actions revêtant les formes les plus diverses ont préparé la voie à l'insurrection nationale et ont permis au peuple de prendre conscience de sa force.

"On pourra arracher toutes les feuilles des arbres

et toutes les fleurs des champs,

On n'empêchera jamais le retour du printemps".

 

Intervention aux guichets de Paris Louvre

Hommage aux femmes de la Résistance.

 

"Elle nous disait : la vie est belle

Notre idéal triomphera

On peut tuer les hirondelles

Après avril, mai fleurira

Printemps de Danielle

Printemps des lilas"

 

 

 

Ce poème, chanté par des générations de communistes au lendemain de 1945, évoque Danielle Casanova, symbole de la lutte héroïque des femmes contre l'occupant allemand et fondatrice de l'UFF, l'union des jeunes filles de France, chargée de faire participer plus librement les jeunes filles aux luttes qui s'amplifiaient alors.

Avec les hommes des maquis, ou sans eux, ces femmes humbles ménagères, travailleuses manuelles ou intellectuelles, jeunes filles et mères de famille n'ont pas voulu que leur pays de naissance ou d'adoption subisse le joug nazi de la trahison de Pétain.

Avec un grand courage, avec dignité et simplicité, elles ont redonné des couleurs à notre pays.

Non décidément la Résistance, ce n'était pas qu'une histoire d'hommes. Et pourtant dans l'imaginaire collectif, lorsqu'on évoque la Résistance, les images qui viennent se déclinent souvent au masculin.

Ces femmes furent nombreuses à prendre les maquis, à porter des messages, à cacher des clandestins ou des enfants juifs, à éditer des journaux et à les distribuer, à faire sauter des trains, à saboter des voies, à maintenir allumée la flamme de l'espoir.

Et elles furent nombreuses à être arrêtées, emprisonnées, torturées, déportées, assassinées. La haine des nazis contre les femmes était particulièrement féroce. Très peu étaient fusillées. Les femmes, pour ces bourreaux ne valaient pas le prix d'une balle. Elles étaient pendues, guillotinées ou décapitées à la hache comme Olga Biancic des FTP-MOI.

Souvenons-nous de Marie-Thérèse Fleury, employée à Paris 20, membre de la commission exécutive de la Fédération postale . Pendant les premières années de l'occupation, les rangs de la Résistance étaient plutôt clairsemés, les tâches à accomplir pour celles et ceux qui s'y sont engagés dès 1939/1940 sont multiples : l'essentiel étant de susciter un élan d'hostilité à l'occupant et au pouvoir de Vichy.

Marie-Thérèse, en plus de ses fonctions se charge de cette tâche et commence à récupérer des armes. Durant deux ans, la jeune employée des PTT, bravant tous les dangers, assoie et fait grandir son réseau. Elle ne pourra mener jusqu'à son terme son combat. Elle tombe dans un piège tendu par la police française le 18 juin 1942. Livrée à la Gestapo, elle partira dans le convoi de wagons plombés qui quitte la gare de Compiègne le 24 janvier 1943. Destination Auschwitz. Le convoi compte 229 déportés parmi lesquelles, on trouve outre Marie-Thérèse, Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant Couturier. 40 seulement reverront leur pays. Marie-Thérèse ne sera pas du voyage de retour. Elle meurt le 16 avril 1943.

Comment ne pas s'incliner devant tant de souffrances, de courage et d'audace?

Mesure-t-on vraiment aujourd'hui ce que représentait de sacrifices celles d'entre elles qui, mères de famille, confiaient leurs enfants à des proches, à des amis?

 

L'amour de leurs enfants était une raison supplémentaire de leur engagement résistant. Elles voulaient qu'ils vivent dans un pays libre, fraternel et socialement juste.

A la Libération, les femmes obtinrent le droit de vote. C'est un juste retour des choses. Outre le respect, la reconnaissance de leur action, elles gagnèrent une immense dignité qui jusqu'alors leur avait été refusée.

Non décidément, ce n'était pas une histoire d'hommes, de jeunes ou de moins jeunes, c'était une histoire d'hommes et de femmes, de garçons et de filles qui voulaient vivre libres et égaux.

Remonter

horizontal rule