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PANNEAU 6 et 7 - Développement de la résistance en corrélation avec les évènements intérieurs et extérieurs.

Progressivement, l'occupation se fait plus présente, la répression plus dure.

Le 8 novembre 1942, 100.000 anglo-américains débarquent au Maroc et en Algérie. Pétain ordonne aux troupes françaises de les repousser.

Mais, dans ces pays (à cette époque l'Algérie est française et le Maroc sous protectorat français) il y a aussi des résistants.

La situation est différente de celle de la France puisqu'il n'y a pas de troupes d'occupation mais seulement des "commissions d'armistice italo-allemandes".

Cependant, comme dans la métropole, les lois de Vichy sont appliquées (par exemple, les postiers d'origine juive sont révoqués).

De nombreux camps sont établis où sont internés, dans des conditions qui ne sont pas celles des camps allemands, mais qui sont toutefois très dures (malnutrition, manque d'hygiène, températures  accablantes, typhus...) des opposants à Vichy et des parlementaires communistes amenés de France.

Résister en Afrique du Nord, c'est déchirer les affiches de Vichy, dessiner des croix de Lorraine sur les murs, distribuer quelques tracts dans les boîtes aux lettres, organiser la solidarité pour les familles d'emprisonnés et les juifs révoqués.

C'était aussi récupérer et camoufler des armes, mettre sous écoutes téléphoniques les commissions allemandes (sur ce point, l'ingénieur La Maîda avait mis en place, à Alger un système très efficace), saboter leurs moyens de communications... bref, faire tout ce qui peut faciliter le débarquement allié (espéré et tenu pour quasi certain).

Des personnels des PTT ont été à l'avant garde de ce combat. Paul Aurange, Secrétaire de la Fédération CGT des PTT au Maroc, mis à l'honneur par De Gaulle lui même, fut représentant du Maroc à l'Assemblée consultative présidée par le Général Charles Dupuy, ex-trésorier de la Fédération CGT des PTT, fut, pour ses activités d'opposant, interné au camp de Bou-Denib (territoire sud-marocain).

Après le débarquement en Afrique du Nord, de nombreux algériens, marocains et tunisiens composèrent en grande partie la première armée des forces Françaises Libres et combattirent aux côtés des alliés jusqu'à la fin de la guerre.

En France, le 11 novembre 1942, en réaction aux évènements d'Afrique du Nord, les allemands franchissent la ligne de démarcation fixée par l'Armistice et occupent alors toute la France (tandis que l'Italie occupe Nice et la Corse).

Des gens qui jusqu'ici avaient été enclins à suivre la politique de l'Etat français, changent d'opinion. Certains ralliant même la Résistance.

A la demande de main-d'œuvre de l'Allemagne, Vichy crée le 16 février 1942; le Service obligatoire du travail (STO). Les hommes nés en 1921, 1922, 1923 sont requis pour le travail obligatoire en Allemagne. Beaucoup refusent et se cachent dans les campagnes. On les appelle les "réfractaires". Parmi eux, nombreux sont ceux qui viennent renforcer le maquis.

On peut dire que la charnière des années 1942-1943 marque un réel tournant dans cette guerre. La victoire des soviétiques à Stalingrad porte un coup très dur à la Wehrmarcht et renforce l'idée que désormais l'Allemagne peut être vaincue.

Le panneau 6 titré "La Résistance multiforme", souligne le fait que la Résistance n'a pas été que les maquis, que le combat armé même ci celui-ci, en dernière instance, a permis de chasser l'ennemi.

La Résistance fut aussi bien d'autres choses : écoutes téléphoniques, détournements de courriers (de nombreuses lettres de dénonciation ont pu être détruites ou leur distribution à la Gestapo et à la Milice retardée de telle manière que les victimes de ces dénonciations soient averties).

Ce fut aussi et encore un mouvement populaire profond qui s'est développé au fil des jours et a abouti au soutien direct de la Résistance et à l'insurrection nationale.

Le panneau 7 cite trois exemples d'actes de résistance. Beaucoup d'autres auraient pu y figurer pareillement. Notre livre "Récits et Témoignages" (hélas épuisé mais consultable dans les bibliothèques publiques), donne un aperçu intéressant de la lutte multiforme menée par le personnel des PTT.

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