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                PANNEAU 3 - La résistance s'organise

Dans les PTT, la résistance se crée. Des anciens syndicalistes constituent clandestinement des "comités populaires". Des premiers tracts sont diffusés en cachette. Ils portent essentiellement sur les revendications. Aujourd'hui, à leur lecture, certains s'en étonnent. Ces textes n'appellent pas au combat contre l'occupant.

Pourquoi ? Proposer cet objectif en 1940, voire au début de 1941, aurait été tout-à-fait irréaliste. On l'a dit, la population est abasourdie.

On venait d'être écrasés militairement, les dirigeants de l'Etat-Vichy emprisonnaient les militants syndicaux ou politiques (de gauche), toute opposition armée (d'ailleurs où aurait-on trouvé les armes ?)  était alors impensable.

Par contre, le moral pouvait se reforger à partir des problèmes quotidiens car les gens de condition modeste, les travailleurs, manquaient de tout : nourriture, vêtements, chauffage. Les acquis de 1936 étaient remis en cause, les centrales syndicales dissoutes ... etc.

C'est pourquoi les tracts, partant d'abord des préoccupations les plus immédiates, vont aller "crescendo" dans leur contenu. Ils montrent que la pénurie est due au pillage des richesses ays par l'occupant allemand, avec la complicité des gouvernants vichystes.

Ainsi, petit à petit, la clarté se fait dans les esprits, les sentiments de résistance prennent corps et s'affermissent. "Libération Nationale PTT" a pratiqué cette action d'explication la plus large devant conduire, et cela s'est produit, à l'action armée et à la grève insurrectionnelle.

Le second mouvement constitué en 1941 dans la profession, "Résistance PTT", dont l'historien, Hervé Coulaud, chargé de la préparation du colloque de 1984 au Ministère, disait "Qu'il apparaît comme un mouvement de cadres de l'Administration" a fonctionné quand à lui sur le renseignement à fournir aux alliés (Londres) et sur la préparation du débarquement (jour J).

Lui aussi a payé un lourd tribut. Ses figures emblématiques sont, outre son fondateur Ernest Pruvost, Simone Michel-Levy (cadre supérieur au Ministère) morte, pendue en déportation, Edmond Debeaumarché, des Ambulants, déporté à Buchenwald.

Il convient de préciser, que l'un et l'autre de ces mouvements dans les PTT ne se sont pas confinés dans un seul type d'activité résistante. La lutte a revêtu de multiples formes et, malgré l'absence de contacts organiques, les membres et responsables de chacun des deux ont, dans bien des cas, agi ensemble.

L'occupation n'avait certes pas effacé les divergences politiques ou philosophiques. Mais, pour qui devenait résistant, l'essentiel était de lutter contre l'occupant allemand et ceux qui le soutenaient.

L'exposition n'aborde pas, faute de place, la question de la collaboration dans la profession. On doit à la vérité de dire que certains postiers, certains syndicalistes (en petit nombre certes) se sont fourvoyés dans la voie de la trahison. Ainsi René Belin qui avait été avant guerre secrétaire de la Fédération CGT (confédérée) des PTT, puis secrétaire de la Confédération, devint ministre du Travail de Pétain avec, pour directeur de cabinet, un autre postier, lui aussi ex-responsable syndical, Perrot.

A la fin de 1944, la commission centrale d'épuration eut à examiner 3527 dossiers et elle sanctionna 2590 agents, soit 1,23% de l'ensemble du personnel. Ces chiffres montrent que les résistants n'ont pas exercé, contrairement à ce qui a pu être dit parfois à l'appui de tel ou tel excès, des pratiques de vengeance à l'encontre des collaborateurs. Ils ont demandé simplement que justice soit faite.

En 1953, une amnistie générale était prononcée.

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