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PANNEAU 2 - La défaite - "Vichy".

C'est l'instauration de "Vichy" dont le célèbre historien américain R.O. Paxton, spécialiste de cette époque, a dit :      "C'est le moment où la vieille droite antidémocratique, antirépublicaine, prit sa revanche sur les positions qu'elle avait perdues depuis 1789 et, surtout, 1936".

 Devant l'avancée des troupes allemandes, les populations des régions du Nord, de l'Est, de l'Ile-de-france, ont fui, dans un exode souvent tragique. Beaucoup de familles sont dispersées, près de deux millions de soldats sont prisonniers, l'économie tourne au ralenti. Le désarroi est général.

C'est dans ce contexte insolite que la République est liquidée à Vichy le 10 juillet 1940. Pétain prend la tête de "l'Etat français" ( en l'absence des députés communistes illégalement déchus depuis plusieurs mois et dont beaucoup sont emprisonnés, seulement 80 parlementaires, sur les 666 présents, votent contre les pleins pouvoirs à Pétain).

Abasourdis par les évènements, la plupart des gens n'aspirent qu'à la paix et au retour à une situation plus normale. En ce sens, la prise de pouvoir par le maréchal Pétain, "le vainqueur de Verdun", est ressentie pour beaucoup comme un soulagement.

Il n'en est rien par contre pour les hommes et les femmes, militants antifascistes, habitués aux luttes syndicales ou politiques, et qui ne se font aucune illusion sur le nouveau pouvoir et les hommes qui le composent. Pour eux, la Résistance va être la continuité de leurs actions passées.

Il n'en est rien non plus, pour certains militaires qui refusent une reddition honteuse.

Les appels à la résistance (De Gaulle, P.C.F., Benoît Frachon ex CGTU) s'ils ne trouvent pas, en raison de la situation, un large écho immédiat dans la population, sont cependant reçus comme des éléments de confiance, de ressaisissement face à une adversité écrasante.

Dans ce laps de temps, on peut noter particulièrement deux évènements.

Montoire, la poignée de main Hitler- Pétain qui scelle la collaboration avec l'occupant. Nombre de français sont alors ébranlés dans la confiance qu'ils avaient accordée au "vieux soldat"; ils portent un regard nouveau sur l'Etat français.

Le deuxième évènement réside dans l'envahissement de l'URSS par l'Allemagne.

Le sens de la guerre s'éclaire, les alliances véritables s'établissent et se précisent. Avec ce nouvel adversaire, l'apparente "invincibilité" de l'Allemagne est mise en question.

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