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PANNEAU 1 - Causes de la montée du fascisme en Europe et de la deuxième guerre mondiale/

C'est un passage obligé pour comprendre la période de l'Occupation et de la Résistance.

Il rappelle les effets nocifs des conditions de paix de la première guerre (1914-1918), fixées par le traité de Versailles, qui étaient particulièrement humiliantes pour le peuple allemand et favorisaient, en conséquence, la démagogie nationaliste.

Il aurait pu évoquer aussi certains effets de la révolution russe de 1917. Cette révolution avait fortement stimulé les partis ouvriers de la plupart des pays d'Europe.

Les classes possédantes de ces pays, craignant pour leurs intérêts, firent tout pour écraser ces mouvements ouvriers et elles instaurèrent des régimes d'autorité.

Ce fut le cas en Hongrie, Pologne, Roumanie, Yougoslavie et, également, en Italie avec Mussolini et au Portugal avec Salazar.

L'établissement de ces régimes, de type fasciste, se fit avec le concours et l'appui des états vainqueurs de la guerre, la France, la Grande-Bretagne notamment, qui craignant eux aussi la poussée populaire, oublièrent facilement les principes démocratiques dont ils se réclamaient.

Alors, quand la crise économique éclate en 1929, provoquant le chômage et la misère, les principaux pays d'Europe, hormis la France et la Grande-Bretagne, connaissent des systèmes dictatoriaux, et l'Allemagne est sur le point de devenir hitlérienne.

Tous les historiens s'accordent à dire que les effets de la crise ont constitué un terreau très favorable au développement du fascisme.

En France, les tentatives d'étrangler la République n'ont pas manqué. Mais les forces ouvrières et démocratiques les ont mises en échec.

Ce fut, au contraire, la victoire du Front Populaire et les grèves de 1936 qui imposèrent des avancées sociales historiques : création des congés payés, fortes augmentations de salaires, reconnaissance des délégués syndicaux.... et, dans la Fonction publique, donc dans les PTT de l'époque, l'annulation de diverses mesures (décrets Laval-Doumergue) qui avaient sensiblement dégradé la situation des fonctionnaires.

Les classes dirigeantes vont aussitôt déclencher une contre-offensive sur tous les terrains : économique, politique, idéologique.

Le pronunciamiento du général rebelle Franco, en juillet 1936, contre la République d'Espagne, les stimule. Elles se déchaînent pour empêcher le gouvernement Léon Blum de respecter les accords passés précédemment (1935) pour des livraisons d'armes. Hélas, il cède et c'est la politique dite de "non intervention" (plutôt que non assistance, la victoire des franquistes (aidés, eux, des italiens et des allemands) et l'instauration, de l'autre côté des Pyrénées, d'un régime dictatorial.

Si pour l'Espagne le "fronte popular" est appelé par les forces réactionnaires de notre pays le "fronte crapular", celles-ci font de "plutôt Hitler que le Front populaire" leur slogan-clef.

Elles sont prêtes à tout, y compris à ouvrir les bras au nazisme, pourvu que cela leur permette de mettre au pas les travailleurs et leurs syndicats.

"Le Messin", journal du patronat de la sidérurgie, écrit tout de suite après le Front Populaire "Nous préférons devenir allemands".

On comprendra mieux pourquoi beaucoup de grands industriels et financiers (heureusement il y eut des exceptions), ont étroitement collaboré avec l'ennemi, et pourquoi Vichy fut, selon la formule de Gérard Miller "un âge d'or pour le patronat".

De Gaulle, à Londres, le 1er avril 1942, dénonce "le France trahie par ses élites et ses privilégiés" et, après la Libération, recevant une délégation des patrons, il leur dit (l'anecdote est bien connue) "Messieurs, j'ai rencontré bien peu de vos collègues à Londres!".

Cet état d'esprit, régnant dès 1936 chez "les élites et les privilégiés", n'est pas sans rapport avec l'effondrement brutal de l'armée française - dont beaucoup de ses moyens furent inutilisés- face à l'offensive allemande de mai 1940.

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