Laurent MATHERON

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Né le 27 décembre 1908  à  Tournus (Saône et Loire) de Laurent Matheron  et de  Anne Dand Flot Epouse:  Jeanne Cornet Profession: technicien des télécommunications Décédé le 2 octobre 1944  à  Dora 

Réseaux:   S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber, E.M.- P.T.T.Agent P2

 

Laurent Matheron, d'abord ouvrier de main-d'œuvre aux P.T.T., était devenu soudeur en 1936. Affecté aux lignes à grande distance, c'était un des membres de l'équipe de l'ingénieur Robert Keller* qui, durant la "drôle de guerre", assurait de la réparation des lignes téléphoniques.

Dès le début de l'Occupation , les techniciens français, sous la direction de Robert Keller et sous contrôle allemand, sont  chargés de l'entretien de l'ensemble du réseau téléphonique, à l'exception des territoires intégrés au Reich.

La confiance absolue que Laurent Matheron a en son chef lui fait accepter immédiatement l'aventure périlleuse qui va permettre, en 1942, pendant plusieurs mois, l'écoute et la transmission aux Alliés des conversations téléphoniques des plus hautes institutions allemandes et des hauts dignitaires nazis, de Hitler lui-même. Ainsi fait-il partie de l'E.M.-P.T.T. à partie du 1er mai 1942.

L'action envisagée à l'instigation du S.R. Kléber Poste P2 ( capitaine Simoneau) consiste à établir sur les grands axes téléphoniques des dérivations permettant l'écoute, le tout sous le regard des Allemands.

La première est établie sur le câble Paris-Metz. Il faut trouver sur le trajet une maison libre pour placer les installations nécessaires à l'écoute, faire fabriquer et transporter clandestinement le matériel et intervenir sur les câbles sous le contrôle des  Allemands: trouver un prétexte pour intervenir sur une ligne, ouvrir les fouilles, travailler sur les fils, de nuit pour mieux déjouer la surveillance.

C'est ainsi qu'est trouvée la maison de Noisy-le-Grand sur le câble Paris-Metz.

Laurent Matheron, technicien de ligne, soudeur spécialiste des lignes souterraines à grande distance, est sur les premières fouilles avec son camarade Pierre Guillou* et Robert Keller la nuit du 15 avril 1942. Ils opèrent sous une tente d'intempérie, à la chandelle. Travail long et minutieux à effectuer dans l'urgence, accroupi ou à genoux et sous le poids d'un danger extrême. Le travail commencé à 21 h est terminé à 4 h 40 du matin: 70 grands circuits dérivés entre Paris et Berlin, parmi lesquels ceux de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, de la Wehrmacht et de la Gestapo.

La seconde opération a lieu dans les mêmes conditions le 16 décembre 1942, à Livry-Gargan, sur le câble Paris-Strasbourg-Berlin,  Matheron et Guillou travaillant  cette fois sur 484 fils.

Arrêté le 17 (ou 15) janvier 1943, en même temps que Pierre Guillou, Laurent Matheron, père d'un enfant, est condamné comme "saboteur de lignes spécialisées grande distance". Il est déporté à Dora où il meurt le 2 octobre 1944 .

Il recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance

 

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Lieu de mémoire: Le centre d'amplification de Lyon-Tassin s'appelle "Centre Laurent Matheron"

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; "Résistance P.T.T." de Raymond Ruffin, p.51, 62, 78 (Ed. Presses de la Cité, 1983); "Les Services de Renseignements 1871-1944," de Henri Navarre, p.155 (Ed. Plon 1978); "Chronique de la Résistance" de Alain Guérin (Ed. Omnibus, 2000); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4, n°18, p.107

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