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Les écoutes radio dans la Résistance française

1940-1945

de François Romon, préface de Laurent Douzou (1)

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Durant la Seconde Guerre mondiale les écoutes radio dans le renseignement militaire ont eu une grande importance stratégique. Dans ces réseaux, tels « La Source K », les principaux acteurs de cette lutte sont pourtant restés dans l’ombre des nombreuses recherches historiques. En retraçant leur parcours cet ouvrage révèle des hommes conscients de leur position tactique, qui ont choisi dès l’éclatement du conflit la voie de la résistance.

Gabriel Romon (2), Paul Labat, Marien Leschi, Edmond Combaux (3) et Andre Mesnier, les cinq officiers transmetteurs qui incarnent ce combat, ont partagé le même engagement individuel au sein d’organisations distinctes. Camouflés sous l’Occupation dans l’administration des PTT, ils ont rapidement intégré les réseaux de la résistance intérieure, notamment le réseau Alliance, avec pour objectif constant la collecte d’informations au profit des états-majors alliés.

Leur activité pionnière a connu une postérité durable. Au sein de la nouvelle arme des transmissions émancipée du génie, ils ont été les précurseurs des « grandes oreilles » de la DGSE et ont participé à la création de Centre National d’Etudes des Télécommunications (C.N.E.T.) véritable creuset des technologies de France Télécom.

 

 

(1)                   François Romon, professeur émérite de l’université de technologie de Compiègne, est docteur en histoire moderne et contemporaine. Laurent Douzou est historien et professeur de Sciences Po de Lyon et de l’Institut universitaire de France. À l’occasion des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en 2014, il était aux côtés de Charles Sancet qui présentait son livre « Les Femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale ».

(2)                   Gabriel Romon, père de l’auteur de cet ouvrage, est capitaine en 1940, chargé de la direction des services techniques sous l’autorité du commandant Labat, il y mènera une activité résistante importante. Début 1943, il prend les  fonctions de commandant des transmissions de l’Armée Secrète (AS). Il assure les contacts nécessaires avec l’ORA naissante, le SR français et une organisation de résistance de l’armée de l’air qui fut décapitée par la Gestapo en juin 1943. Ses fonctions officielles ayant amené vers la même date son affectation aux PTT – direction de la TSF à Paris en qualité d’ingénieur en chef des transmissions de l’Etat – il prend en outre contact avec « Résistance PTT » et participe à la direction du sabotage des réseaux téléphoniques et télégraphiques. Arrêté en décembre 1943, il sera déporté et fusillé avec 23 de ses camarades le 20 août 1944 à Heilbronn.

(3)        Edmond Combaux est un polytechnicien qui avait appartenu au Génie-Transmission et avait été recasé dans les PTT à la Direction des Recherches techniques. Le Service des Renseignements (SR) agissant au nez et à la barbe des nazis lui demande d’étudier les possibilités techniques d’écouter les communications téléphoniques des autorités allemandes d’occupation. En septembre 1941 un ingénieur des PTT au 24 rue Bertrand à Paris, René Sueur, lui présente l’ingénieur Robert Keller, spécialiste des câbles. Ce dernier dispose d’une équipe sur laquelle il peut compter : Georges Lobreau, Laurent Matheron et Pierre Guillou. Ainsi commence l’épopée de « La Source K ».

 

Nouveau Monde Editions Paris 12e  janvier 2017 – 26 € (diffusion FNAC et autres distributeurs)

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