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MESSAGE POUR LA JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE 2017

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Il y a 74 ans, le 27 mai 1943, au cœur de Paris occupé depuis près de trois ans, quadrillé par l’armée nazie avec le concours des forces de répression du régime collaborateur avec l’occupant que présidait Pétain, se réunissaient  48 rue du Four les représentants de huit grands mouvements de Résistance, de six partis politiques résistants ainsi que des deux centrales syndicales clandestines, autour de Jean Moulin, ce préfet d’Eure-et-Loir qui avait tenté de se suicider le 17 juin 1940, pour ne pas risquer de céder à l’occupant lui enjoignant d’accuser faussement de meurtre de civils des soldats sénégalais de l’armée française. Et qui, révoqué par l’administration pétainiste, était entré en résistance dès novembre 1940 et depuis lors s’était consacré au rassemblement de toutes les forces de la Résistance

Cette réunion était un moment historique : à son issue naitra, sous la présidence de Jean Moulin, le Conseil National de  la  Résistance,  le CNR. 

L’événement sera en effet de portée considérable : toutes les forces de la Résistance, jusque-là dispersées, vont être désormais coordonnées, il ouvre la voie à l’unification au sein des FFI des différentes structures militaires de la Résistance, il va conduire à l’élaboration, puis à la publication dix mois plus tard, en mars 1944, du Programme du Conseil National de la Résistance.

Evénement de portée considérable puisque, lors de sa réunion constitutive, le CNR, en se plaçant sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, va aussi permettre au chef de la France Libre, «j’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il, de s’affirmer face à Giraud - porteur d’un pétainisme sans Pétain non sans audience auprès des Anglo-américains - comme étantle seul représentant de l’ensemble de la France Combattante, tant en lutte de Résistance sur le sol national occupé que combattant sur tous les théâtres d’opération d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Pacifique, où s’illustraient aux côtés des Alliés les Français libres.

Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à une société solidaire, à un monde juste et en paix, furent les valeurs qui motivèrent l’engagement des Résistantes et des Résistants dans le combat contre l’occupant nazi, et le régime pétainiste complice de ses crimes ; combat convergeant avec celui des Français Libres et prenant sa place dans la lutte des peuples et des forces alliées contre la barbarie génocidaire et liberticide. 

Ce furent les valeurs inspiratrices du Programme du Conseil National de la Résistance, qui dessina les contours d’une France rénovée après sa libération, d’une France démocratique sur les plans politique, économique et social, d’une France solidaire ; programme qui, par la mise en place à la Libération par le Gouvernement présidé par le Général de Gaulle de nombre des mesures qu’il préconisait, permit de redresser économiquement la France, d’affirmer son indépendance nationale, d’approfondir sa vie démocratique en même temps que des avancées formant encore aujourd’hui - malgré des remises en cause accentuées ces dernières années - le socle de notre protection sociale.  

Soixante-quatorze ans après la victoire le 8 mai 1945 des peuples et des armées alliées sur la barbarie du nazisme et des fascismes, le monde contemporain connaît hélas toujours la guerre, l’oppression, le racisme, les discriminations et épurations ethniques, les persécutions religieuses, le sous-développement social et culturel de populations entières, les actes de terrorisme barbare, tels ceux qui, après et avec d’autres pays, ont frappé la France en 2015, 2016 et en ce début 2017, tous fléaux contre lesquels il faut se dresser sans faillir.

Les héritiers des idéologies criminelles vaincues en 1945 relèvent la tête, paradent dans les rues, font l’apologie publique de ceux qui se firent les acteurs ou complices des crimes fascistes et nazis, et – pire - retrouvent une audience qui va croissante à la faveur des crises que connaissent nos sociétés et le monde : en Europe orientale et centrale, en Europe tant du Nord que de l’Ouest. En Grèce, un parti ouvertement néonazi est entré au parlement... Dans notre pays, la xénophobie et les discours faisant des immigrés, des réfugiés fuyant les persécutions, les guerres, la pauvreté, la famine, les responsables de maux que connaît notre société - tels le chômage ou l’insécurité - ne sont plus que la seule marque de l’extrême-droite mais ont contaminé hélas nombre de discours.

Dans ce contexte, les valeurs humanistes, démocratiques et patriotiques pour lesquelles luttèrent les Résistants et que symbolisent les figures emblématiques de Jean Moulin et du Général de Gaulle, cette aspiration à une France et à un monde meilleurs, plus justes et solidaires dont ils furent porteurs - et qu’à exprimé le Programme du Conseil National de la Résistance  - restent plus que jamais d’actualité.

C’est pour assurer leur nécessaire transmission aux jeunes générations, pour répondre à leur besoin de connaissance, de repères et de mémoire qu’avec l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, qui fut il y a une vingtaine d’années à l’origine de sa proposition et n’a cessé depuis de lutter pour sa réalisation, nombre d’autres Associations d’anciens Résistants, d’anciens Déportés et du Monde Combattant, l’Union Française des Associations de Combattants - l’UFAC - qui rassemble les principales d’entre elles, ont demandé l’instauration d’une Journée Nationale de la Résistance le 27 mai, moment privilégié du passage de cette mémoire aux générations contemporaines, en même temps que d’hommage à la place de la Résistance dans l’histoire de notre pays, d’hommage aux Résistantes et Résistants qui ont lutté et trop souvent sont tombés pour sa liberté dans la France occupée et dans les camps de la mort.  

Depuis le 19 juillet 2013,  par une loi promulguée par M. le Président de la République, cette Journée Nationale de la Résistance, célébrée le 27 mai, est inscrite désormais dans le calendrier mémoriel officiel de la Nation. 

Rappeler, chaque 27 mai, plus particulièrement dans les établissements scolaires, les valeurs humanistes, démocratiques et patriotiques qui inspirèrent le combat de la Résistance s’inscrit non seulement dans le devoir de mémoire à l’égard de ceux qui ont combattu, et souvent sont tombés pour la Liberté, mais est aussi répondre au besoin de mémoire des jeunes générations.

S’adressant le 8 mai 2015 aux lauréats nationaux du Concours National de la Résistance et de la Déportation, Louis Cortot, Compagnon de la Libération, Président de l’ANACR leur délivrait ce message : « Réfléchissez, n’acceptez pas les injustices, agissez. Pas parce que vous êtes sûr de réussir, mais parce que c’est juste : c’est cela avoir un idéal-.

 

«Restez toujours vigilants. Intéressez-vous à ce qui se passe en France, en Europe, dans le monde. Tout vous concerne.

«Défendez vos droits, mais ayez aussi conscience de vos devoirs 

«Vous pouvez le faire. J’ai confiance en la jeunesse

C’est cela l’esprit de la Résistance.

La Présidence de l’ANACR

Cécile ROL-TANGUY                             Henriette DUBOIS                                     Pierre MARTIN

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