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MESSAGE

POUR  LA

JOURNEE  NATIONALE  DE  LA  RESISTANCE

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Le 8 mai 1945, il y a 71 ans, s’achevait en Europe - par la capitulation du Reich nazi - un conflit mondial qui avait fait, sur le continent mais aussi en Asie, Océanie et Afrique plus de 60 millions de victimes. Un conflit dont les prémices avaient été l’Anschluss le 12 mars 1938 de l’Autriche par le Reich, l’annexion par l’Allemagne nazie des Sudètes tchécoslovaques en septembre suivant, au lendemain de la capitulation de Munich, l’occupation par Hitler de la Bohême-Moravie tchèque le 14 mars 1939, l’attaque de l’Albanie par l’Italie en avril 1939…  et qui s’était  généralisé à partir du 1er septembre 1939 avec l’invasion par la Wehrmacht de la Pologne.

Cette année 2016 est aussi celle du 80ème anniversaire du soulèvement franquiste, le 17 juillet 1936, contre la République espagnole, qui avait donné aux élections de février précédent une majorité au Frente Popular espagnol ; au positionnement antifasciste analogue au Front Populaire français, qui allait lui aussi triompher en France lors des législatives des 26 avril et 3 mai suivants.

Dans son combat contre la République, Franco allait recevoir une aide militaire décisive de la part de Mussolini et Hitler : divisions d’infanterie italiennes, Légion Condor allemande qui comprit plus de 600 avions et qui s’illustra tragiquement par le bombardement de la ville basque de Guernica, prélude aux bombardements terroristes allemands en 1939 sur Varsovie, en 1940 sur Rotterdam et Coventry.

 

Malgré la lutte à ses côtés d’antifascistes de 53 pays, dont 9 000 Français, regroupés au sein des Brigades internationales, la République espagnole, victime notamment de la politique anglo-française de non intervention la laissant seule face aux dictateurs fascistes, succomba en février 1939. Plus de 500 000 Républicains se réfugièrent en France.

 

BulletsLEVÉS AVANT LE JOUR - Les films - Guerre d'Espagne

Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux, aux côtés de nombreux anciens brigadistes, allaient bientôt participer à la lutte contre l’invasion de notre pays par la Wehrmacht nazie, et au combat de la Résistance contre l’occupant nazi et le régime pétainiste, mis en place à la suite de la défaite de juin 1940.

Ce régime félon, installé le 10 juillet 1940 par Pétain, se mettra aux ordres de l’occupant jusque dans la mise en œuvre d’une répression contre les démocrates, les patriotes qui, par dizaines de milliers, furent fusillés et massacrés, par dizaines de milliers déportés dans les camps de concentration, ainsi que des persécutions raciales qui aboutirent à la déportation de plus de 70 000 hommes, femmes et enfants vers les camps de la mort ; d’où bien peu revinrent.

 

Mais, dès l’été 1940, à l’extérieur du pays, l’Appel du général de Gaulle lancé depuis Londres le 18 juin allait rassembler autour de lui les premiers Français libres, qui maintinrent la France aux côtés des Alliés, tandis que, sur le sol national occupé, des femmes et des hommes allaient refuser la capitulation, l’occupation, l’assassinat de la République et la suppression des libertés, affirmer leur volonté de poursuivre le combat.

 biographieBulletsDe Gaulle

BulletsAppel du 18 juin

C’est ainsi que naquirent et se développèrent dans les conditions différentes de la France divisée en deux zones – occupée et non-occupée - les premiers groupes, réseaux et mouvements de Résistance, tels «Combat», «Libération-Sud», «Franc-Tireur», «Organisation Civile et Militaire», «Libération Nord», «Ceux de la Résistance», «Ceux de la Libération, «Front national de Lutte pour la Libération de la France», qui seront à sa création membres du Conseil National de la Résistance (CNR), «que parurent ou reparurent dans la clandestinité des journaux - parfois homonymes de mouvements - tels «Libération», «Combat» ou «Franc-Tireur», mais aussi «Défense de la France», «l’Humanité», «Témoignage Chrétien», «le Populaire»…

Le 21 août 1941, en abattant au métro  Barbès à Paris, un officier de la Kriegsmarine, Pierre Georges, le futur «colonel Fabien», Commissaire militaire de l’Organisation Spéciale du Parti Communiste clandestin, initia la lutte armée contre l’occupant, laquelle vint s’ajouter aux activités de renseignement et à la propagande clandestine, avant que ne se forment les premiers maquis.

Cette multiplicité de structures et formes d’action de la Résistance intérieure, la nécessité de sa liaison avec le combat de la France Libre pour assurer la permanence de la présence de notre pays aux côtés des Alliés, vont conduire Jean Moulin, le Préfet républicain de Chartres, révoqué le 2 novembre 1940 par l’administration pétainiste, à s’atteler à cette tâche de rassemblement des forces de la Résistance, en les plaçant aussi sous l’autorité du Comité National Français présidé par le général de Gaulle.

Après des mois d’efforts pour surmonter des difficultés de tous ordres, la réunion constitutive du Conseil National de la Résistance, le CNR, se tint à Paris le 27 mai 1943, 48 rue du Four. Elle rassembla, sous la Présidence de Jean Moulin, les 8 principaux mouvements de Résistance, 6 partis clandestins (communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens, Fédération républicaine et Alliance démocratique) et les deux centrales syndicales CGT et CFTC.

 

Cette création du CNR, reconnaissant l’autorité du Général de Gaulle, allait renforcer la légitimité du Chef de la France libre auprès des Alliés, «j’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il.  Elle allait permettre d’unifier toutes les forces de la Résistance, la mise en place dès la fin 1943 des Comités locaux et départementaux de la Libération, la création début 1944 des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), la publication le 15 mars 1944 du Programme du CNR, dont nombre des avancées découlant de sa mise en œuvre à la Libération sont encore présentes dans notre vie démocratique et sociale.

BulletsProgramme du CNR

C’est pourquoi cette date du 27 mai a été retenue pour être la «Journée Nationale de la Résistance», inscrite désormais depuis  2013 dans le calendrier mémoriel officiel de la Nation.  

Rappeler, ce 27 mai, plus particulièrement dans les établissements scolaires, les valeurs humanistes, démocratiques et patriotiques qui inspirèrent le combat de la Résistance s’inscrit non seulement dans le devoir de mémoire à l’égard de ceux qui ont combattu, et souvent sont tombés pour la Liberté, mais est aussi répondre au besoin de mémoire, dans un monde qui connaît toujours les guerres, le racisme, la xénophobie, les atteintes aux libertés et à la dignité humaine, la torture, la résurgence du fascisme, les actes de barbarie, tels ceux qui après d’autres pays ont frappé la France en 2015 et la Belgique en mars 2016, tous fléaux contre lesquels il faut se dresser sans faillir.

 

 

 

  Louis CORTOT

  Compagnon de la Libération

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