Hommage à Simone Michel-Lévy, Compagnon de la Libération

 Chatillon le 22 juin 2016

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     La plaque commémorative dédiée à l’une des principales héroïnes de la Résistance PTT, Simone Michel-Lévy a été installée sur le site des nouveaux locaux d’Orange-Gardens à Châtillon (Hauts-de-Seine).

     Cette cérémonie a rassemblé un nombre important de personnels travaillant sur le site. L’organisation assurée par Madame Catherine-Anne VINCENT, a permis de donner à cette manifestation un caractère officiel.

 

 

     D’abord par la présence de Madame Mari-Noëlle JEGO-LAVEISSIERE, membre du Comité Exécutif du Groupe Orange, Directrice Exécutive Innovation et Technologies, représentant le Président Stéphane RICHARD et par celle de Monsieur Jean MICHEL-LEVY, dont le discours allait rappeler le parcours de Simone sa parente, comme résistante, déportée et martyre de la Seconde Guerre mondiale.

Puis par celle des deux associations de personnel de La Poste et de France Télécom Orange « Libération Nationale PTT –ANACR » et « l’ACVG – PTT »  représentées par une importante délégation avec leur drapeau respectif.

     On notait la présence de Monsieur Jacques CRISTIANI, Commandeur de la Légion d’honneur. Nous le rencontrions lorsqu’il officiait aux cérémonies du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe, chaque année le 23 août avec l’ANACR.

La municipalité de Châtillon était représentée par le 1er Adjoint, des élus et plusieurs drapeaux d’associations de la commune.

Le dépôt des gerbes terminait cette cérémonie en hommage à Simone Michel-Lévy.

 

 

 

  

     Après l’allocution de Madame Mari-Noëlle JEGO-LAVEISSIERE, ce fut au tour de Monsieur Jean MICHEL-LEVY.

 

     « Je vous remercie, Mme la Directrice, pour cette évocation fidèle du parcours de ma parente. Il convient de rappeler que le SRCT (Service de Recherches et de Contrôle Technique) est un peu l’ancêtre de votre Direction IMT, mais surtout que cette plaque y fut dévoilée une première fois en 1952 rue du Général Bertrand à Paris 7ème par Pierre Marzin, premier directeur du CNET, avant de rejoindre en 1970 Issy-les-Moulineaux.

 

     Rappeler également que ce sont des postiers du SRCT qui ont imaginé la “Source K” : Plan à grande échelle, d’écoutes des communications de l’occupant entre Paris et l’Allemagne mis en œuvre par l’ingénieur Robert Keller, mort en déportation. Les postiers du SRCT ont également mis au point le “Plan violet” de sabotage des LSGD (Lignes Souterraines à Grande Distance) programmé pour la veille du débarquement des alliés et mis en œuvre par des postiers.

Votre propos, Mme la Directrice, était teinté de la modestie du chef de famille qui parle de l’un des siens, je voudrais donc y apporter quelques compléments et précisions :

 

     Oui ! Simone est à l’origine du réseau Action PTT. Elle devient “Adjoint Radio” lorsqu’il se transforme en “État-major PTT”. Poste, ô combien, dangereux, en relation directe, non seulement avec la Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy, mais également avec le puissant mouvement OCM – Organisation Civile et Militaire – du colonel Touny.

 

     Oui ! Simone a été arrêtée à quelques dizaines de mètres d’une place de Paris qui porte maintenant son nom depuis 2007. Elle a ensuite été terriblement torturée et malgré de multiples séances de “baignoire”, elle n’a livré aucun nom, sauvant ainsi nombre de ses camarades des PTT.

 

     Oui ! Simone n’a pas supporté d’être astreinte à fabriquer pendant sa déportation des munitions de guerre destinées à abattre des aviateurs alliés. Elle a saboté au péril de sa vie, sous les yeux de ses geôliers, connaissant parfaitement les risques de son forfait. Elle a d’abord subi pour cela la punition de 25 coups de gourdin reçus sur le dos, maintenue allongée sur une table, 25 coups qu’elle devait compter un à un. Elle dut reprendre le travail le jour même. Ce n’est que plusieurs mois après, que la sentence de mort est arrivée.

 

      Oui ! Une faible femme, car Simone était de santé fragile, a subi tous ces outrages après des années de privations dues à la guerre, après des missions épuisantes, menées souvent la nuit, en plus de son travail, après le voyage en wagon à bestiaux de Compiègne à Ravensbrück, qui dura trois jours et trois nuits dans les conditions les plus abominables. Son calvaire entre l’arrestation et la pendaison dura 17 mois et demi, après plus de 3 années de dangers quotidiens au service de la Résistance.

 

 Enfin, je souhaite insister sur le caractère tout à fait exceptionnel de sa nomination à « l’Ordre de la Libération”, plus haute distinction décernée au titre de la guerre par le général de Gaulle et pourtant trop mal connue.

 

Vous avez indiqué 6 femmes sur 1036 Compagnons, c’est en fait sur 1038 (ce qui ne change rien au faible pourcentage de 0.6% !). Le Général a en effet rouvert deux fois l’Ordre forclos depuis 1946 : en 1958 pour Sir Winston Churchill et en 1960 pour sa majesté Georges VI roi d’Angleterre. C’est là, l’occasion de rappeler que la Croix de la Libération, a été attribuée à 2 Altesses Royales, 1 président des États-Unis, 5 futurs présidents du conseil ou premiers ministres de la France, 36 ministres, 80 généraux ou amiraux, 3 maréchaux, 1 cardinal ou encore 3 prix Nobel. Tous reçurent la même croix sans notion de hiérarchie, la même que Simone, la même que de simples soldats ou modestes résistants qui ont fait acte de bravoure exceptionnel pour la Libération de la France. 5 Compagnons illustres reposent au Panthéon.

 

Deux autres postiers, membres du Réseau de Simone, sont compagnons : Edmond Debeaumarché et Ernest Pruvost, 2 compagnons ont été Ministre des PTT, Hubert Germain, bientôt 95 ans et Robert Galley, qui inaugura cette plaque au CNET en 1970. Enfin, seize compagnons sont natifs des Hauts-de-Seine, département que vous avez choisi pour bâtir votre nouveau site.

 

Il reste à ce jour, 15 membres de l’Ordre de la Libération, le plus jeune est Louis Cortot, 91 ans, j’étais en réunion avec lui avant-hier, le dernier chancelier de l‘Ordre est le colonel Fred Moore, 96 ans, qui a accueilli samedi dernier le Président Hollande au Mont-Valérien pour la traditionnelle cérémonie commémorative de l’appel du 18 juin.

Ils sont empêchés aujourd’hui, l’un et l’autre, et n’ont pu répondre favorablement à votre invitation. Ils m’ont chargé de vous remercier chaleureusement de votre fidélité au souvenir de l’une des leurs. Le Président de la République vous a rendu visite il y a 14 jours, il vous a dit dans son discours inaugural de ce site : “ Cette entreprise, elle n’oublie rien ! ”. Merci madame la Directrice d’avoir accepté formellement votre héritage de l’Histoire, rendez-vous donc ici, dans 5 ans.

 

Merci mesdames et messieurs les élus, les responsables et membres d’associations patriotiques, les élus et salariés d’Orange Gardens. Merci messieurs les porte-drapeaux de votre engagement fidèle et permanent.

 

 

 

Je salue particulièrement le drapeau de la Médaille de la Résistance Française, porté par Jacques Cristiani, Commandeur de la Légion d’honneur et Médaillé de la Résistance, certainement le doyen de cette assistance, puisque vous fêterez, cher Jacques, 94 printemps le mois prochain. Merci de votre attention ».

 

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