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Hommage à Joseph EPSTEIN

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Jeudi 25 octobre 2018, une plaque commémorative rendant hommage au Résistant Joseph Epstein a été dévoilée sur la façade du 2, rue Labrouste Paris 15e arrondissement, sa dernière planque connue avant son arrestation le 16 novembre 1943 à Evry-Petit-Bourg (Seine-et-Oise) lors d’un rendez-vous avec Missak Manouchian.

Pose-plaque-commémorative-Joseph-Epstein-octobre-2018-2-rue-Labrouste-Paris-15

Cérémonie : Association Nationale des familles de Fusillés et Massacrés de la Résistance Française et ses Amis.

Joseph Epstein, né en Pologne en 1911, était à la tête des Francs-Tireurs-Partisans (FTP) de la région parisienne sous le pseudonyme de colonel Gilles.

 

 

 

    

 

 

 

       Photo recadrée extraite du site MRJ-MOI

 

Le parcours exemplaire de Joseph Epstein a été retracé à l’occasion de cette cérémonie par deux discours, le premier prononcé par Jean-Marie Hue, adjoint au Maire du 15e arrondissement, chargé de la Mémoire et du monde combattant, le second par son fils Georges Duffau-Epstein, président des Amis du Musée National de la Résistance à Champigny-sur-Marne.

Après la place Joseph Epstein (20e) créée en 2005, un nouveau lieu rappelle le parcours de ce Résistant venu d’ailleurs qui a tant contribué à la Libération.

Mais l’histoire des FTP de la région parisienne, sous la responsabilité de Joseph Epstein, nous a appris qu’une jeune postière de Paris travaillant au bureau de poste du 6e arrondissement, Blanche Tourtebatte, née en 1921, était entrée dans l’organisation spéciale des FTP-MOI (groupe Manouchian) (1). Agent de liaison du commandant de secteur, sous le pseudonyme de Monique, elle assurait le transport du courrier, des armes et des engins de toutes sortes. En août 1943, elle se consacre à plein temps aux liaisons du commandant de secteur FTP Roland Cauchy (2). Cette tâche incluait le transport d’armes sur les lieux des actions projetées.

Le jeudi 16 novembre à quatorze heures, elle devait retrouver Roland Cauchy sur le pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt pour une réunion avec des gaullistes. Mais à l’heure dite, ce sont huit policiers de la Brigade spéciale n°2 des Renseignements généraux parisiens qui se présentèrent sur les lieux et s’emparèrent de Blanche et du jeune Paul Quillet, commissaire aux opérations contre l’armée nazie qui assurait sa protection. Roland Cauchy sera arrêté deux jours après à la sortie de la gare de Domont. Livré aux Allemands le 23 novembre, incarcéré à Fresnes, il fut condamné à mort.

Blanche Tourtebatte est arrêtée au pont de Sèvres en même temps que Joseph Epstein et Missak Manouchian sont arrêtés à Evry ce 16 novembre 1943. D’autres arrestations se sont poursuivies, le coup de filet de la Brigade Spéciale démantelait une partie du réseau des FTP de la Région parisienne.

      Blanche fut torturée, elle subit la violence, l’intimidation et elle me lâcha rien sur le réseau, elle est alors livrée aux Allemands. Elle comparait devant le tribunal de guerre de Fresnes en mars 1944 avec une trentaine d’autre FTP, parmi lesquels Joseph Epstein (3). Condamnée aux travaux forcés, au motif de terrorisme, Blanche Tourtebatte est emprisonnée à Fresnes jusqu’au 2 août 1944 puis successivement à Lauban et le 10 octobre 1944 à Ravensbrück. Elle sera transférée dans les camps de travail de Sodau (Sudètes) de Graslitz jusqu’au 17 avril 1945 date à laquelle elle s’évade avec quatre camarades. Elles seront recueillies par des prisonniers de guerre libres jusqu’à l’arrivée des Américains. Après son retour, elle sera réintégrée dans l’Administration des PTT. Elle décède en 1986 à Paris à l’âge de 65 ans.

 

(1)                     Source : Ministère de la Défense, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC) à Caen.

(2)                     Note de J.P. Ravery, archines de la préfecture de police de Paris, fournie à l’auteur de l’ouvrage « Les Femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale » Charles Sancet Editions Tirésias Paris 2014.

(3)                     Extrait de « Joseph Epstein, colonel Gilles, de Zamosc en Pologne au mont-Valérien 1911-1944 Moshé Zalcman » cité dans « Les Femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale » :Les policiers hitlériens et leurs collaborateurs français triomphèrent après l’arrestation d’Epstein et de Missak Manouchian et de dizaines d’autres combattants à Paris et dans la banlieue. Aucun d’eux, malgré les tortures longues et atroces appliquées avec un raffinement cruel, ne s’est laissé briser. Les tortionnaires ne connaitront jamais la véritable identité d’Epstein ni son origine. Ils ne réussirent pas à obtenir des précisions qui auraient permis de monter un procès public à grand spectacle servant la propagande nazie. Epstein ne figure pas sur la célèbre Affiche Rouge, qui dénonçait la Résistance comme une armée de crime composée d’étrangers et d’apatrides.

 

Joseph Epstein sera fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien avec 21 de ses camarades parmi lesquels Roland Cauchy.

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