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                             Histoire

Receveuses  des  Postes  dans  la  Résistance

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Résistance des femmes ne fut certes pas occultée,  mais leur rôle fut souvent minimisé. Pourtant, elles sont nombreuses ces employées dans l’Administration des PTT qui se sont levées pour lutter contre l’occupant nazi et également contre le régime de collaboration pétainiste. Parmi ces femmes, les receveuses des postes, de par leur fonction, ont agi souvent à l’encontre des règles déontologiques, pour libérer notre pays. Elles assuraient le service postal dans les villages et petites villes de France. Elles avaient aussi en charge le téléphone manuel dans leur bureau. Ces lignes exhumées de l’oubli, rendent hommage à ces receveuses des PTT.

Cécilia GAZAGNAIRE, née Ravaux le 18 avril 1884 à Hennapes (Ardennes), est en 1942 receveuse des postes à Launois-sur-Vence (Ardennes). Son activité est d’abord l’évasion de prisonnier, la fabrication de fausses pièces d’état civil, la destruction des lettres de dénonciation, la distribution de tracts. Cécilia cachait du matériel pour les maquis et effectuait les écoutes des communications des occupants. Sa maison servait de lieu de rendez-vous entre les responsables de la Résistance régionale parfois des émissaires de mouvements lyonnais et parisien. Le 13 décembre 1943, les Allemands lancent une attaque contre le maquis de LAUNOIS. Quatorze d'entre’eux sont fait prisonniers et seront fusillés. Cécilia Gazagnaire est arrêtée par la Gestapo dans son bureau de poste, elle est emprisonnée, transférée à Compiègne et déportée le 31 janvier 1944 à Ravensbrück comme « NN ». Elle sera gazée le 1er mars 1945. Elle reçoit à titre posthume, la Légion d’honneur en 1948.

Margueritte HAMELIN, épouse Dubray, née le 14 mars 1897 à Continvoir (Indre-et-Loire) est receveuse des postes à Villedomer (Indre-et-Loire). Elle appartient au réseau de résistance « Libération Nord ». Elle s’occupait notamment de la recherche de terrains pour les parachutages. Elle est arrêtée la nuit du 8 au 9 juin 1944 avec le groupe de Résistants de Villedomer. Elle est déportée à Ravensbrück, libérée fin avril 1945 de Belzig et rapatriée le 27 mai 1945.

Marthe ALLIBERT née le 24 mai 1909 à Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) est mariée avec Charles ROTH, receveur-distributeur de la poste à Cérelles (Indre-et-Loire). Marthe assure en partie les fonctions de son mari lorsque celui-ci effectue sa tournée dans la commune. Elle appartient au réseau « Darius ». Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1943, la Gestapo arrête Charles et Marthe Roth à leur domicile de fonction, la poste. Marthe d’abord emprisonnée à Tours ensuite transférée à Compiègne et déportée à Ravensbrück puis au camp de Hanovre jusqu’à sa libération en mai 1945. Très affaiblie, elle subira plusieurs greffes osseuses. En 1948, la commission nationale d’homologation lui attribue le grade de sous-lieutenant. Marthe Allibert-Roth décède le 21 novembre 1991.

Marie-Louise MOING, épouse Legros née le 23 janvier 1894 à Eglise Neuve d’Entraigues (Puy-de-Dôme) est receveuse des postes à Besse-en-Chandesse dans ce département. Elle détournait le courrier en provenance ou à destination des occupants. Elle assurait la liaison avec les maquis mais les communications téléphoniques ayant été interceptées, Marie-Louise est arrêtée par la Gestapo le 6 avril, emprisonnée à Clermont-Ferrand puis à Compiègne. Déportée à Ravensbrück, elle sera gazée le 5 mars 1945.

Yolande KOEGLER, épouse MASSON née le 5 octobre 1912 à Pontoise (Seine-et-Oise) est employée des postes à Bracieux (Loir-et-Cher). Avec son mari elle est engagée dans l’organisation « Front National » de la Résistance. Ils sont arrêtés le 12 mai 1944. Yolande est emprisonnée à Blois puis Orléans et ensuite Compiègne où elle est déportée à Ravensbrück. Elle s’évade le 15 avril 1945 des colonnes des « marches de la mort » sur les routes d’Allemagne. Elle sera rapatriée le 2juin 1945, son mari René Masson ne reviendra pas des camps. Après son retour de déportation, elle reprend son travail aux PTT et y exerça le métier de receveuse des postes à Monteaux (Loir-et-Cher). Elle décède le 20 juillet 1997.

Jeanne BAUCHEL, épouse Rosenfelder, née le 2 août 1908 à Moyeuvre-Grande est nommée assistante receveuse des postes au bureau de Rombas (Moselle) depuis 1934. Mais ce département fait partie de la zone annexée par les Allemands dès août 1940. Jeanne choisit de quitter cette ville pour retourner en France et nous savons que tout fonctionnaire qui opte pour cette solution est déporté. Jeanne Rosenfelder est déportée, elle s’évade d’un camp en Pologne avec son jeune enfant. En 1944, elle s’adresse au nouveau directeur des PTT d’Epinal (Vosges) et demande son retour à Mirecourt. Après de nombreuses péripéties, elle sera à la fin de la guerre réintégrée dans ses fonctions  de receveuse des postes. Elle obtient la « carte de patriote résistant à l’occupation des départements du Rhin et de la Moselle, incarcéré en camps spéciaux ». Jeanne Rosenfelder-Bauchel est décédée en avril 2000.

Jeanne DRUI, épouse Albert Terver, née le 24 juin 1909 à Puttelange-les-Farschwiller (Bas-Rhin), depuis 1927 est assistante receveuse des postes à Krutange-Nilvange. Dès le début de la guerre elle est arrêtée pour le motif « refus de prendre la nationalité allemande » donc considérée comme ennemie de l’Allemagne et déportée le 23 janvier 1943 au camp de Striegau en Silésie puis à Ravensbrück. Transférée ensuite à Buchenwald, elle sera libérée du camp de Schieben par l’armée russe et rapatriée le 19 mai 1945. Jeanne poursuit sa carrière professionnelle de receveuse des postes. Titulaire de la croix de guerre et Chevalier de la Légion d’honneur, elle décède le 6 août 2006 à l’âge de 97 ans.

Marie POINSIGNON, épouse Reiter, née le 21 décembre 1905, est assistante receveuse à la poste de Moulin-les-Metz (Moselle). Arrêtée par la Gestapo le 28 janvier 1943, elle est déportée à Bergstadt (annexe de Kattowitz en Haute-Silésie pour le motif de son refus de signer l’adhésion à la Volksgemeinschaft. Rapatriée le 22 mai 1945, Marie est réintégrée dans ses fonctions à la poste.

Marie-Louise SENECHAL, épouse Feret, née le 28 février à Thury-Harcourt (Calvados) est employée des PTT et est nommée en 1930 receveuse des postes à Echeffour (Orne). Dans cette commune elle entre dans une organisation de résistance des PTT. Elle va subtiliser les lettres de dénonciation et mener une résistance au quotidien dans ce département. Arrêtée par la Gestapo elle est internée au château des Ducs où elle sera torturée. Elle sera inculpée de correspondance avec l’Angleterre. Sa santé va se dégrader, ses souffrances sont telles qu’elle est hospitalisée à Alençon, elle évite la déportation mais son calvaire sera de courte durée. Elle meurt le 10 mai 1945.

Denise ELICOT, épouse Ambroise Josse en 1945, est née le 26 janvier 1921. Elle est nommée le 15 janvier 1941 receveuse des postes intérimaire en remplacement de receveur prisonnier en Allemagne au bureau de Roc-Saint-André (Morbihan). Occupant le logement de la poste nuit et jour, elle entre rapidement dans la résistance et ses activités seront multiples et dangereuses. Elle est un agent de liaison efficace, assure des communications téléphoniques clandestines pour la Résistance, s’occupe de la fabrication et de la distribution de fausses cartes d’identité, cache des armes dans le bureau de poste. Elle héberge aussi des aviateurs alliés. Denise Josse est titulaire de nombreuses décorations : croix de guerre 1939-1945, médaille du Combattant Volontaire de la Résistance, Elle est chevalier de la Légion d’honneur.

Laure SOUBRIE née en 1889, est receveuse des postes à Lavelanet (Ariège). Avec ses collègues, des lettres adressées à Pétain et aux organismes de Vichy étaient ouvertes. Celles qui dénonçaient ou donnaient des renseignements à la Gestapo étaient détruites. Le bureau de poste étant situé en face de la caserne occupée par les Allemands, Laure renseignait les maquis lorsque sortaient les camions sur leur direction. Elle assurait le ravitaillement des maquis, grâce à un ami pharmacien, elle collectait des médicaments.

Marcelle BOURGINE est receveuse des postes à Giverville (Eure) lorsque les hitlériens envahissent la France. La période de l’exode est très traumatisante, elle va s’occuper des réfugiés. Marcelle va ensuite exercer son emploi de receveuse à la poste de Sainville (Eure et Loir). Elle entre dans le mouvement de Résistance qui va s’appeler par la suite en 1944 « Libération Nationale des PTT ». Dans son bureau de poste avec l’aide d’un technicien, elle va pouvoir le soir détériorer les meubles automatiques du téléphone rural (avec de la vapeur d’eau) afin de gêner l’occupant. Elle a également caché des évadés du camp de Voves. Marcelle Bourgine a été décorée de la Légion d’honneur. 

Henriette CHAMBOREDON, épouse Schwarz, née le 25 novembre 1900 à Anduze(Gard) est receveuse des postes à Boucoiran dans ce même département durant la guerre. Elle appartient avec son mari (sous-lieutenant) au réseau de résistance AS. Elle assure le renseignement, est agent de liaison et permet de mettre en communication téléphonique les différents réseaux et les responsables de la Résistance gardoise. Elle obtient diverses décorations notamment la carte de Combattant volontaire de la Résistance et la croix du Combattant volontaire 39-45.

Christiane BERTHOIS est née le 12 avril 1921 à Athis-Mons (Seine à l’époque). En 1939 elle est receveuse des postes dans l’ALLIER. Elle fournissait du courrier aux résistants de la région et était agent de liaison avec les maquis. Au cours d’une mission, accompagnée d’un responsable de la résistance, elle tire sur un allemand dans le métro parisien pour protéger son camarade résistant. Fidèle adhérente de « Libération Nationale PTT –ANACR », elle décède à Ablon-sur-Seine en 2011.

Juliette THEULE, receveuse des postes à Frontignan (Hérault) achemine le courrier résistant, avec son mari et sa fille elle fait partie du réseau Cotre. Juliette tire des tracts dans les combles du bureau. La ligne de démarcation sera un terrain propice aux passages clandestins mais aussi pour le courrier entre les deux zones.

Andrée ENAUD, épouse Chevrier, née le 20 mars 1905 à Chateauneuf-sur-Charente (Charente) est receveuse des postes à Millançay (Loir-et-Cher). Elle est arrêtée le 20 juin 1944 en congé de maternité à Parmain (Seine-et-Oise) emprisonnée pour activité « communo-terroriste ». Libérée le 3 août 1944, elle reprend son service le 18 septembre.

 

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