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Histoire

Les camps de Pithiviers, Beaune-la-Rolande et Jargeau

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Trois camps d’internement furent ouverts dans le Loiret en 1941. À Pithiviers et Beaune-la-Rolande, plus de 16 000 Juifs furent détenus jusqu’en 1943. C’est la concrétisation de la politique antisémite de Pétain. À Jargeau, le « Centre de séjour surveillé » était réservé aux Tsiganes.

                 

Le camp de Pithiviers  source photo : Inconnue  crédit photo : DR

Au départ, ces camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande sont utilisés pour l’internement de prisonniers de guerre français après l’invasion allemande. Mais à partir de mai 1941, ces deux camps vont recevoir 3740 hommes juifs étrangers qui ont été arrêtés en région parisienne, 1700 arrivent à Pithiviers et 2140 à Beaune-la-Rolande.

Rappelons quelques dates : le 3 octobre 1940, le gouvernement de Vichy donne un cadre légal à sa politique antijuive. C’est la loi « portant statut des Juifs ». Cette loi ignoble du gouvernement dit « de Vichy » fait des Juifs des citoyens de seconde catégorie. Le 4 octobre Pétain proclame la loi sur l’internement des « étrangers de race juive » dans des camps spéciaux. D’où l’ouverture des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Le 29 mars 1941 ce sera la création du « Commissariat général aux questions juive ». Le 2 juin 1941 Pétain promulgue un second statut des juifs qui aggrave encore leur situation. Et les 16 et 17 juillet 1942, c’est la rafle du Vel’ d’Hiv’ à Paris.

La vie des internés à Pithiviers et Beaune-la-Rolande est conditionnée par la précarité de l’hébergement mais elle est atténuée grâce à l’intervention d’œuvres de secours. Les internés sont occupés par des corvées ou bien par des travaux en usine ou dans des fermes. Cette situation ne va pas durer, car les Français vont bientôt livrer les internés Juifs à l’occupant nazi.

C’est le départ vers la déportation à Auschwitz. Deux convois partiront de Pithiviers les 25 juin et 17 juillet 1942. 

Le remplacement de ces internés va rapidement s’effectuer et bien vite la capacité de ces camps va être largement dépassée et les conditions de vie vont s’aggraver. Du 19 au 22 juillet, quelques jours après la rafle du Vel’ d’Hiv’ 8000 personnes dont 4000 enfants arrivent à Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Les conditions d’hébergement sont désastreuses. Les autorités françaises se sont comportées honteusement. D’abord, elles exprimaient le souhait de remettre aux nazis les enfants juifs étrangers de moins de 16 ans alors que les nazis ne réclamaient que les enfants âgés de plus de 15 ans. Mais dans l’attente d’une décision de Berlin, notamment sur la question de la déportation des enfants Juifs, il est envisagé de séparer ceux-ci de leurs parents qui vont être déportés. Des scènes insupportables vont être le théâtre de ces terribles opérations. Les gendarmes vont frapper les mères pour leur arracher leur enfant. Le film « La Rafle » réalisé par Roselyne Bosch en 2010 restitue très bien cet épisode douloureux.

Berlin donnant son accord pour la déportation des enfants, ceux-ci seront transférés entre le 15 et le 25 août dans des wagons plombés avec des prisonniers adultes en partance pour Drancy et dès leur arrivée à Auschwitz, tous ces enfants seront gazés.

 

 

 

 

       Le camp de Beaune-la-Rolande sera fermé en juillet 1943. Pithiviers hébergera d’autres détenus reconnus par le gouvernement de Pétain comme des « individus dangereux pour la sécurité de l’Etat ». Le camp de Pithiviers sera libéré en août 1944.

                                                                                                                                                       Les baraques source photo : Inconnue  crédit photo : DR

 

Quant au camp d’internement de Jargeau, il sera ouvert sur ordre du préfet du Loiret le 5 mars 1941. Des familles de Tziganes et des forains vont y être enfermés dans des conditions extrêmement difficiles. La faim, le froid l’hiver, le manque cruel de nourriture vont entrainer de nombreux morts parmi les enfants. En août 1941 le camp compte 606 internés. On l’appellera le « camp des nomades ».

 

Baraques du camp Jargeau   source photo : Arch.  crédit photo : D.R.

 

 

Dès octobre 1941, Jargeau accueillera des prostituées et des prisonniers politiques. Mais après le départ des Allemands, l’internement des Tziganes va se poursuivre. Ce n’est qu’en décembre 1945 que le camp sera fermé. Il aura fallu attendre plus de 45 ans pour qu’une plaque commémorative soit posée à Jargeau le 7 décembre 1991. Elle porte l’inscription suivante : « Ici 1700 personnes ont été privées de liberté entre 1939 et 1945 dont Tziganes, résistants, réfractaires et personnes marginalisées .

Charles Sancet

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