Bullets Retour

horizontal rule

Histoire

 

8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata : ne pas oublier !

 

Ce jour-là, la France fête la fin de la Seconde Guerre mondiale et la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie. Mais le 8 mai 1945 commençaient en Algérie des répressions sanglantes à l’encontre de manifestations nationalistes. Pour les Algériennes et les Algériens, c’est une occasion de faire entendre les revendications d’égalité des droits et d’indépendance. À Sétif, des milliers d’Algériens manifestent et brandissent des pancartes pour libérer notamment le leader nationaliste Messali Hadj (arrêté quelques temps avant) et aussi pour fustiger le colonialisme.

Un drapeau (qui deviendra le drapeau algérien) est brandi par un jeune qui va être abattu, ce qui provoquera la colère des manifestants. On comptera des dizaines de morts « européens » ce jour-là et la répression contre les algériens sera féroce. Elle s’étendra dans tout le Constantinois sur plusieurs jours. Selon les historiens le chiffre de morts varie de 20 000 à 40 000 !

Déjà, le 1er mai 1945, dans plusieurs villes d’Algérie des manifestations réclamaient la libération de Messali Hadj mais aussi « la reconnaissance de la nationalité algérienne ». Des accrochages sont violents. Il y eut quelques morts.

Ce massacre du 8 mai 1945, pour beaucoup d’historiens, préfigure les évènements du 1er novembre 1954, début de la guerre d’Algérie. Dans une des déclarations de Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante en 1962, il disait entre autre que « Les horreurs du Constantinois en mai 1945 ont achevé de me persuader de l’unique voie : l’Algérie aux Algériens ».

Madeleine Riffaud, dans un livre « De notre envoyée spéciale » paru en 1952, plusieurs pages traitent du 8 mai 1845 à Sétif. Le titre est « Constantinois, printemps 1945 ». Le paragraphe se termine par « Ils furent plus de 40 000 hommes, femmes et enfants, les assassinés de mai 1945 ». Plus tard, en 2001, Madeleine Riffaud publiait aux Editions Tirésias, un ouvrage « La Folie du Jasmin – Poèmes dans la nuit coloniale ». Parmi ceux-ci, un long poème titré : « 8 mai 1945 ».

Charles Sancet

  Source l'Humanité