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NE PAS CONFONDRE  !!...

 

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Dans notre entourage, notamment dans la jeunesse mais aussi parmi des couches de la population non avertie, une confusion est souvent faite et mérite que nous revenions sur les faits historiques. Pour être simple, des interlocuteurs nous posent cette question : Comment se fait-il que vous vous opposez au Front National et que vous êtes très dithyrambique envers le Front National de la Seconde Guerre mondiale ?

La méconnaissance de l’Histoire est souvent la cause de ces lacunes et notre mission est d’effectuer un travail de mémoire indispensable pour bien comprendre les enjeux de notre société d’aujourd’hui.

 

Le Front National Résistant

Les premiers réseaux de résistance, les premières actions contre l’Occupant et contre le régime de collaboration de Pétain voient le jour dès le début de 1940 et vont se développer. On n’oublie pas la manifestation des étudiants et des lycéens du 11 novembre 1940.

Le 15 mai 1941, le Parti communiste clandestin appelle à la constitution du « Front National de Lutte pour la liberté et l’Indépendance de la France ». L’Humanité clandestine qui l’annonce, précise ses objectifs : « Dans ce Front National de l’Indépendance, il y a place pour tous les Français, sauf pour les capitulards et les traîtres au service de l’envahisseur ».

Lattaque des forces militaires nazies contre l’URSS en juin 1941, le pacte germano-soviétique devenant caduc, les nombreuses réticences antérieures sont levées et des conditions favorables à ce rassemblement des forces engagées dans la Résistance vont pouvoir se concrétiser. Des personnalités non-communistes y participèrent. En juillet 1941 notamment, un Manifeste du Front National sera publié appuyé par ces personnalités de sensibilités diverses.

 

Fin 1941 et début 1942 se mettent en place des Comités de Front National dans divers milieux socio-professionnels. Ainsi on aura le Front National des médecins, des juristes, des enseignants, des universitaires, des arts, des écrivains, du cinéma et de la police etc…

Dans les PTT, le Front National PTT se structure et sera présent dans toutes les régions. Il sera l’un des maillons (avec les FTPF – PTT et les Milices patriotiques PTT) du rassemblement en 1944 du mouvement « Libération Nationale des PTT » qui deviendra en 1947 l’association que nous connaissons.

Le processus de rassemblement des forces de la Résistance va se concrétiser par la création le 27 mai 1943 du Conseil National de la Résistance (CNR). Pierre Villon y représente le Front National dont il est le secrétaire général, c’est le seul mouvement réellement présent dans les deux zones.

 

Le Front National actuel

En 1972, le 5 octobre précisément, lors d’un congrès de l’extrême-droite française autour de l’organisation « Ordre Nouveau », le « Front National pour l’unité française », communément appelé « Front National » voit le jour. Jean-Marie LE PEN, en devient le président. Il va de ce fait usurper le nom glorieux du Front National de la Résistance et se l’approprier. Malgré les actions des Résistants, d’anciens collaborateurs et des pétainistes vont autour de LE PEN être les fondateurs de ce nouveau parti politique. Il est néanmoins nécessaire de rappeler que l’extrême-droite française sort de la Seconde Guerre mondiale marginalisée. Mais elle n’a eu de cesse de se rassembler dans divers mouvements. Ce sera le cas de la création de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète 1960) puis « Occident » organisation dissoute en 1968 qui réapparait en 1969 sous le nom de « Ordre Nouveau » (ON) qui préfigure déjà la création du « Front National » de Le Pen. Ce terme est une vieille idée de l’extrême-droite. En 1957, Jean-Marie LE PEN crée le « Front National des Combattants » (FNC). En 1960, cet individu crée ensuite le « Front National pour l’Algérie ». Ces deux groupuscules sont dissous avant 1962. Ce n’est pas anodin, car cette histoire va permettre à LE PEN de s’approprier le nom de « Front National » en 1973 après la dissolution de « Ordre Nouveau »

 

 

 

Conférence de presse commune le 8 juin 2011 de Marine Le Pen et de Heinz-Christian Strache, un des leaders du FPÖ autrichien, parti d’extrême-droite.

 

Pour faire simple, à partir des années 1984-1985, le Front National va devenir une formation qui va compter dans la vie politique du pays. Ses positions racistes, xénophobes et son programme sur l’immigration et l’insécurité vont le situer sur l’échiquier politique à l’extrême-droite. La montée de l’audience du FN auprès d’un électorat exposé à la mondialisation et à la politique européenne, sera perçue comme une conséquence des questions économiques et sociales, notamment sur le marché du travail, au regard des thèmes récurrents du Front National qu’il propage depuis une trentaine d’années.

Aujourd’hui, si le langage de Marine LE PEN diffère sensiblement de celui de son père et peut faire illusion, le Front National appartient toujours au champ de l’extrême-droite. Les termes de « patriotes », de « préférence nationale » appelée  maintenant « priorité nationale » sont une base classique de son discours. Ne nous laissons pas confisquer le nom de « patriote » par ceux que les Résistants combattirent durant l’occupation.

Le Front National met en face du questionnement économique, un positionnement identitaire ou moral. Les thèmes sur les immigrés, l’identité nationale, la concurrence en matière d’emploi et de salaires et la sécurité des citoyens sont les marqueurs de ce parti. De plus, il entretient des relations avec les principaux partis d’extrême-droite d’Europe, le FPÖ en Autriche, l’AfD en Allemagne, le Vlaams Belang en Belgique, le PVV au Pays-Bas ou encore la Ligue du Nord en Italie. Soyons vigilants.

                                                                                                                                                                                                          Charles Sancet

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