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L’engagement des Receveuses des PTT

dans la Résistance

De nombreuses Receveuses des postes s’engagèrent dans la Résistance. De par leur fonction, elles recevaient les courriers à distribuer et à envoyer. Elles pouvaient ainsi agir lorsqu’elles détectaient les lettres de dénonciation adressées à la Gestapo ou à la Kommandantur.

De plus, dans les bureaux de poste, le téléphone était sous leur responsabilité et elles pouvaient effectuer des écoutes, transmettre des informations aux maquis. Elles furent aussi très présentes dans les réseaux de Résistance extérieurs aux PTT. Nous allons leur rendre hommage et donner ici quelques exemples de l’engagement de ces femmes qui combattirent l’occupant nazi et le régime de collaboration de Pétain.

Mathilde FILLOZ, receveuse à Clerval (Doubs), secondait son mari dans ses activités résistantes. Par ses fonctions elle pouvait intercepter les lettres de dénonciation à la Gestapo, grâce à son brassard PTT de « porteur de télégrammes » cette couverture lui permettait de franchir les barrages allemands et rejoindre les maquisards, les informer, transmettre des messages et les alerter. En 1984 à l’occasion d’un colloque au Ministère des PTT elle commençait son intervention par cette phrase : « Les femmes ont fait des choses aussi belles, aussi grandes, aussi difficiles que les hommes, mais elles ne l’ont pas dit ».

Marguerite HAMELIN, épouse DUBRAY, est receveuse à Villedomer (Indre-et-Loire). Elle appartient au réseau « Libération Nord ». Elle s’occupe notamment des recherches de terrain pour les parachutages. Elle est arrêtée avec l’ensemble du groupe de Résistants dans la nuit de 8 au 9 juin 1944. Déportée, elle reviendra fin mai 1945.

Marthe ALLIBERT est marié à Charles ROTH, receveur-distributeur à la poste de Cérelles (Indre-et-Loire). Lorsque ce dernier effectuait sa tournée le matin, Marthe assurait « la suppléance électrique », c’est-à-dire le téléphone et les opérations courantes jusqu’au retour de son mari. Marthe appartenait au réseau de Résistance « Darius » avec le grade de sous-lieutenant. Elle est arrêtée avec son mari, ils seront déportés. Marthe revient de Ravensbrück en mai 1945.

Cécilia GAZAGNAIRE, receveuse à Launois (Ardennes), engagée dans un réseau, elle établira des fausses cartes d’état civil, des « ausweis », détruira les lettres de dénonciation, distribuera des tracts, écoutera les communications des occupants. Elle hébergera dans le bureau de poste des personnes recherchées. Elle aidera aussi matériellement les clandestins. Elle est arrêtée dans son bureau, emprisonnée puis déportée à Ravensbrück où elle meurt gazée le 1er mars1945.

 

Marie-Louise MOINS, épouse LEGROS est receveuse à Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme). Elle détournait le courrier en provenance ou à destination des occupants. Elle assurait les liaisons téléphoniques avec le maquis. Ces communications ayant été interceptées, Marie-Louise est arrêtée, emprisonnée à Clermont-Ferrand, puis Compiègne et sera déportée à Ravensbrück où elle est gazée le 5 mars 1945.

Albertine VERNAIS exerce les fonctions de receveuse au bureau de Comines (Nord). Elle assurait la liaison entre le groupe de résistance de ce secteur et divers groupes de résistants belges et des membres de l’Armée secrète belge. Elle confectionnait également de fausses cartes d’identité. Elle est arrêtée le 12 juin 1943 et déportée. Elle sera de retour en mai 1945.

Jeanne BAUCHEL épouse ROSENFELDER est assistante receveuse au bureau de Rombas en Moselle, l’un des trois départements annexés. Cette annexion supposait l’adhésion à l’Allemagne nazie. De nombreux postiers manifesteront le désir de rester français. Jeanne Rosenfelder sera déportée en Pologne. Elle s’évade et rentre en France. Elle sera réintégrée dans ses fonctions aux PTT à la fin de la Guerre.

Jeanne DRUI est elle-aussi assistante receveuse à Krutange-Nilvange en Moselle. Elle est arrêtée pour le motif « refus de prendre la nationalité allemande » et est déportée en Silésie. Elle sera rapatriée le 19 mai 1945.

Marie POINSIGNON épouse REITER, assistante receveuse à Moulins-lès-Metz en Moselle est arrêtée par la Gestapo le 28 janvier 1943 et déportée en Haute-Silésie. Elle sera rapatriée le 22 mai 1945.

Marie-Louise SENECHAL épouse FERET est receveuse à la poste d’Echauffour (Orne). Sa fonction lui permet de substituer les lettres de dénonciation. Elle entre dans un réseau de résistance PTT. Arrêtée, internée au château des Ducs où elle sera torturée. Elle ne parlera pas. Ses longs mois de détention, les mauvais traitements quotidiens vont avoir raison de sa santé. Elle poursuit sa résistance dans sa geôle en entonnant régulièrement « La Marseillaise ». Son mari réussit enfin à la faire hospitaliser à Alençon. Très affaiblie, elle va mourir le 10 mai 1945, deux jours après la capitulation allemande.

Denise ELICOT épouse JOSSE est nommée receveuse à Roc-Saint-André (Morbihan) en janvier 1941. Elle entre dans un réseau des Forces Françaises Combattantes (FFC) et sera immatriculée à Londres en mars 1943. Elle s’occupe en même temps des fausses cartes d’identité. Elle réceptionne des armes issues des parachutages et elle les cache dans le bureau de poste où elle hébergeait aussi des aviateurs alliés. Denise Josse, titulaire de nombreuses décorations, est décédée en 2014.

Odette BOUILLÈRE est receveuse à Oradour-sur-Glane. Elle a péri avec ses compagnes dans l’église, brulée par les nazis de la 2ème division SS Das Reich. Laure SOUBRIE, receveuse à la poste de Lavelanet (Ariège) est agent de liaison d’un réseau local de résistance. Elle écoutait les communications téléphoniques, surveillait les lettres suspectes et assurait le ravitaillement des maquis.

Marcelle BOURGINE, d’abord receveuse à Giverville (Eure) puis à Sainville (Eure-et-Loir) sera un maillon important du réseau PTT qui prendra le nom de « Libération Nationale des PTT » en 1944. Elle s’occupe notamment des réfugiés Espagnols. Elle sabotait les communications téléphoniques allemandes. Les meubles automatiques ruraux situés dans le bureau de poste étaient sensibles à l’humidité. Marcelle faisait bouillir de l’eau et en plaçant la casserole dans l’armoire technique, l’humidité suffisait à établir des contacts entre les fils et cela empêchait le téléphone de fonctionner. Marcelle mutée ensuite receveuse à Us en Seine-et-Oise s’est intégrée au réseau local de résistance.

Henriette CHAMBOREDON épouse SCHWARZ est receveuse des postes à Boucoiran (Gard). Elle fut un agent de liaison important du réseau local de résistance et a obtenu plusieurs décorations, la Carte Volontaire de la Résistance (CVR), la Croix du Combattant Volontaire 39-45.

Christiane BERTHOIS, receveuse des postes dans l’Allier transmettait le courrier aux résistants de la région et était agent de liaison avec les maquis. Au cours d’une mission, accompagnant son responsable du réseau qu’elle a voulu protéger, elle a tiré sur un Allemand dans le métro parisien. Fidèle adhérente de « Libération Nationale PTT » » elle est décédée en 2011.

Berthe BERGÉ épouse LACOSTE remplace son mari, receveur-distributeur à Tarnos (Landes) lorsque celui-ci effectue le matin sa tournée de distribution du courrier. Ce couple de postiers va inscrire l’une des pages les plus importantes de la Résistance dans cette ville. Berthe, pseudo Linette, va accomplir de nombreuses missions et assurera l’hébergement de résistants. Elle siègera au Comité de Libération de Mimizan.

Juliette THEULE receveuse au bureau de Frontignac (Hérault) fera partie de réseau de résistance « Cotre ». Elle tirera des tracts dans les combles du bureau de poste et assurera le passage de clandestins et de courrier entre les deux zones.

Charles Sancet

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