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Un devoir, transmettre la mémoire des Résistant-e-s

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En 1939, la France déclarait la guerre à l’Allemagne. Durant cette période dite « drôle de guerre », l’armée française, qui avait la réputation d’être la meilleure du monde depuis 1918, subit en 1940 une défaite militaire. La rapidité de l’offensive allemande -  après avoir envahi les Pays-Bas, la Belgique jusqu’à son entrée dans Paris le 14 juin et l’exode, entraînant des millions de gens sur les routes  - provoque un effondrement dans le pays, entraînant de ce fait un traumatisme parmi la population et l’armée française, car rien n’avait permis d’envisager un tel désastre. Les Français refusent cette défaite. Le Maréchal Pétain, alors encore considéré comme le héros de Verdun, annonce le 17 juin avoir demandé un armistice, qui sera signé le 22 juin, et à cesser le combat.

Cest alors que le général de Gaulle lance depuis Londres son mémorable appel, peu entendu, le 18 juin. Si le contexte de cette guerre est nouveau, des hommes et des femmes, que l’on ne nomme pas encore résistants, refusent de se soumettre et d’obéir. Déjà certains s’en allaient rejoindre Londres. D’autres prendront des initiatives en commettant des actes isolés (diffusion de tracts entre autres), tous convaincus de faire le bon choix. Puis les premiers noyaux de résistance, par connaissances personnelles ou professionnelles, commenceront à s’organiser et à se développer, bientôt rejoints par des résistants d’autres pays, eux-mêmes persécutés, venus se réfugier dans notre pays.

Quelles que soient les motivations de chacun-e, entrer en Résistance demande plus que du courage. Ne pas se soumettre c’est désobéir. Commettre des sabotages, collecter et transmettre des renseignements, diffuser des journaux clandestins, aider des juifs, protéger des enfants, libérer des prisonniers politiques, résister au quotidien par des actes, c’est faire abnégation de soi. C’est aussi basculer dans la clandestinité. Chacun-e sait qu’il risque la prison, la torture, la répression, la dénonciation, la persécution, la mort, l’enfer des camps. En mai 1943 le CNR réalisera l’unité entre les mouvements de résistance, les syndicats, les partis politiques, qui sera à l’origine des grandes réformes politiques, économiques et sociales de notre pays, à prendre à la Libération. Beaucoup, la guerre terminée n’ont demandé ni médaille, ni reconnaissance. Ils ont fait acte d’humilité.

Le Président de la République a décidé de multiplier en 2020 les commémorations. Il honorera particulièrement la mémoire du général de Gaulle. Notre association ne manquera nullement de rappeler l’engagement de ces hommes et de ces femmes, parfois jusqu’au sacrifice de leur vie.

Exprimons envers ceux et celles qui ont osé dire non, toute notre gratitude et notre reconnaissance. Résistant-e-s, merci. Nous nous devons d’être dignes de vous et de continuer à transmettre votre mémoire.

 

Colette Pallarés

Secrétaire générale

 

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