Unis dans la même fidélité

Edito 2ème trimestre 2008

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Cette année encore (2008), les cérémonies du 27 avril (déportation) et du 8 mai (capitulation de l’Allemagne nazie) ont été suivies avec ferveur, confirmant ainsi l’attachement de la population aux grands moments de la Deuxième Guerre mondiale.

Cette mémoire collective bien vivante a tout lieu, dans cette période, de rester très vigilante. En effet, on a entendu de nouveau, y compris venant de voix officielles, le reproche d’un nombre trop élevé de commémorations et l’invitation (pressante) à réduire ce nombre, voire à tout recentrer sur une seule date pour des « célébrations patriotiques » en souvenir de la victoire ou de la défaite !

Cette proposition, déjà présentée dans le passé, rencontre toujours, heureusement, la ferme opposition du monde combattant. Néanmoins, il convient de rester en éveil.

Autre sujet d’inquiétude : ces cérémonies, et plus particulièrement celle relative à la déportation, tendent de plus en plus à opérer une distinction entre les résistants au nazisme et les victimes de ce régime barbare. Et les discours privilégient à l’évidence les secondes.

Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas, pour nous, de contester en quoi que ce soit la singularité de « la solution finale » appliquée aux juifs par le IIIème Reich.

Ce génocide constitue le crime le plus absolu contre l’espèce humaine. Mais en cultiver l’indispensable souvenir ne saurait conduire à minimiser les déportés résistants voués à la mort par un travail forcé épuisant et des conditions de vie inhumaines. Tous les déportés ont été victimes, même si c’est à des degrés divers, d’un système concentrationnaire conçu officiellement pour déshumaniser et pour tuer.

Aujourd’hui, alors qu’une pression sourde, mais forte, s’exerce (avec les manuels d’histoire franco-allemands par exemple) en vue de brouiller les responsabilités au profit de la formule « tout le monde a souffert de la guerre », tout sujet de division dans nos rangs est à bannir.

Comment pourrait-on avoir une analyse claire du phénomène nazi, et la transmettre aux jeunes générations, si on dissociait ces crimes ?

Lors d’une réunion des survivants d’Auschwitz, à l’Hôtel de Ville de Paris, le 16 janvier 2005, madame Simone Veil concluait son discours par un vibrant hommage aux Résistants, auxquels, disait-elle, « nous devons de la reconnaissance».

Plus que jamais soyons unis dans la même fidélité du souvenir des héros de la Résistance et de celui des martyrs de la déportation et de l’extermination nazie.

       Michel DELUGIN

       

                    Secrétaire général

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