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Assemblée Générale du Comité départemental ANACR – 41

le 6 avril 2019

 

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Charles Sancet, membre du Bureau National de l’ANACR, représentait celle-ci à ces assises départementales. Voici son texte prononcé à l’issue de ces travaux.

« Monsieur le sénateur Jean-Marie Janssen, Madame la Conseillère départementale, Monsieur Eric Carnat, maire de St-Aignan, cher Président René Thibault, cher Jean-Claude Guédé, chers amis, chers camarades,

Au nom de la Direction Nationale de l’ANACR, je tiens à vous exprimer ma satisfaction pour la richesse de vos débats et vos décisions pour renforcer votre comité. Avec 10 résistants et 73 amis au 31 décembre 2018, vous avez encore les moyens de progresser. Mais comme dans d’autres départements, vous connaissez des difficultés pour faire adhérer la jeunesse. Vous aurez à prendre des initiatives pour faire abonner au « Journal de la Résistance », un outil important pour la connaissance de la Résistance.

Au préalable, permettez-moi d’avoir une pensée pour notre co-présidente nationale, notre camarade Cécile Rol-Tanguy, toujours à Monteaux (Loir-et-Cher), qui va avoir 100 ans le 10 avril prochain.

Cette année 2019, a ouvert un cycle mémoriel avec les 75e anniversaire de la publication du programme du CNR, des débarquements de Normandie et de Provence et la Libération qui dans de nombreux départements s’est effectuée de juin à la fin de l’année. Blois s’est libérée entre le 21 août et le 1er septembre 1944. Vous allez poursuivre le travail de mémoire avec les cérémonies commémoratives nombreuses en Loir-et-Cher. Dimanche 28 avril, c’est la Journée de la déportation et vous n’oubliez pas la Journée Nationale de la Résistance le 27 mai.

Je sais que vous maitrisez très bien la recherche historique, votre exposition, sur la ligne de démarcation, est à cet égard une œuvre collective remarquable.

Depuis novembre dernier, les évènements qui se déroulent tous les samedis, tiennent une place importante dans la vie sociale, économique et politique de notre pays. L’ANACR, fidèle au pluralisme défini par ses statuts, réaffirme dans ses écrits comme dans ses diverses manifestations les valeurs de solidarité, de démocratie, de tolérance et de respect de la personne humaine. Ce sont ces valeurs que les Résistantes et les Résistants nous ont transmises. Notre rôle c’est de ne pas dévier de nos fondamentaux.

Les préoccupations de nos concitoyens aujourd’hui ne doivent pas nous éloigner de ce qui est l’une de nos priorités dans notre action : le combat contre la montée des idées de l’extrême droite en France mais aussi en Europe. Permettez-moi de citer Primo Levi, opposant à Mussolini, déporté à Auschwitz « Dans la haine nazie, il n’y a rien de rationnel. Si la comprendre est impossible, la connaitre est nécessaire, parce que, ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau êtres déviées et obscurcies, les notre aussi ».

Son alerte était hélas prémonitoire. Fin août dernier, des centaines de militants d’extrême-droite défilaient à Chemnitz, dans la Saxe en Allemagne en pourchassant les étrangers. Saluts hitlériens, slogans nazis ont résonnés dans cette ville. Les résurgences des fascismes en Europe, nous obligent à condamner et nous battre contre les discours de haine, de racisme, de xénophobie, d’homophobie et d’antisémitisme qui se développent. Dans ce contexte, ne l’oublions surtout pas, la défense de la démocratie face au terrorisme et aux fanatismes religieux que l’on croyait d’un autre monde est toujours d’actualité.

Je tiens à aborder devant vous un sujet important qui est la désinformation scandaleuse à partir de réseaux comme Facebook ou Tweeter, soyez donc très attentifs.

 De même, l’ANACR avait publié l’an dernier un communiqué rappelant les dangers des sites Internet, notamment ceux utilisés par les partis d’extrême-droite sur la base de discours démagogiques, populistes, xénophobes, anti-immigrés et racistes diffusés sur le Web. Nous sommes directement concernés, nous les militants de la mémoire.

Je viens de parler du programme du CNR. L’actualité n’est-elle pas en train de le remettre à l’ordre du jour ? L’ANACR, n’a pas vocation à prendre position sur l’action des « gilets jaunes », pas plus que sur les réponses apportées par le gouvernement, tout au plus nous pouvons dire notre souhait qu’une issue pacifique prenne le pas sur la violence.

C’est pourquoi nous ne pouvons accepter qu’une minorité de ces manifestants s’en soient pris aux valeurs de la République, à ses représentants élus. La profanation du monument le plus symbolique de la République, l’Arc-de-Triomphe est inacceptable.

L’UFAC et l’ANACR ainsi que la FNACA ont immédiatement, exprimé leur indignation.

Les croix gammées sur l’effigie de Simone Veil et sur des murs de Blois, les actes de vandalisme dans des cimetières sont tout aussi méprisables. Pour terminer, je voudrais comme le fait l’ANACR, condamner toutes les violences qu’elles soient verbales ou physiques que l’on déplore, d’où qu’elles viennent.  Nous devons dénoncer avec force les actes antisémites qui rappellent hélas des temps qui ont marqué notre pays. Il est intolérable que des personnalités soient insultées dans la rue comme le samedi 16 février à Paris. Il est tout aussi intolérable que des élus soient la cible de nombreuses exactions y compris sur leurs lieux d’habitation. Enfin, permettrez-moi de citer ces quelques mots de Stéphane HESSEL : La violence tue l’espérance. »

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