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Roger AURIBAULT, postier résistant, mort en déportation

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Roger est né le 6 octobre 1913 à Paris. Il est le fils de Louis et Florentine AURIBAULT qui vont habiter après la guerre en Seine-et-Marne à Emerainville dans une grande maison avec un petit jardin. Son père Louis est facteur dans le 11e arrondissement. Louis et Florentine sont très tôt des militants communistes après la constitution de ce parti en 1920. Dans leur maison, vont se tenir des réunions politiques. Ce sera aussi une ruche d’accueil et de contacts notamment avec des antifascistes allemands dès 1933, date de l’avènement au pouvoir d’Hitler.

      Roger AURIBAULT se marie le 7 janvier 1939 avec Suzanne GATELLIER, née le 5 mai 1916 à Pontault (Seine-et-Marne) Pontault-Combault aujourd’hui. Il travaille comme télégraphiste au Centre PTT Paris-Bourse.

      La guerre éclate le 3 septembre 1939, le 10 mai 1940 la France est envahie et en juin c’est l’exode. Roger et Suzanne partent vers le sud avec leur fille Danielle née en août 1939

      Le 14 juillet 1940, c’est le retour de l’exode et Roger reprend son travail. Les réunions clandestines se tiennent dans la maison des AURIBAULT.

      À ce moment-là, l’objectif de Roger et de ses camarades, c’est de convaincre et de recruter des jeunes de Pontault et des alentours afin qu’ils rejoignent ce premier réseau de résistance dont le but est de s’armer et de récupérer des armes. C’était en vue de former l’O.S. (Organisation Spéciale) branche armée du Parti communiste, qui par la suite devint les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans français).

Ces allées et venues n’étaient pas suspectes pour le voisinage car depuis fort longtemps, cette grande maison, recevait beaucoup de gens. Parallèlement à la nécessité de se procurer des armes, il fallait aussi trouver du matériel et du papier. En 1941, la résistance commence à s’organiser et à s’élargir malgré les arrestations. Roger et sa femme Suzanne restent à leur domicile qui est connu par la résistance FTPF. Le 1er janvier 1942, Roger et son frère Robert partent à vélo et récupèrent des explosifs sur un chantier à Collégien, petit village de Seine-et-Marne. Ces explosifs furent déposés dans un endroit sûr pour être utilisés par la résistance.

Le 2 juin 1942, 19 internés de la prison de Compiègne s’évadent. Parmi eux, Charles DESIRAT (1) et un autre camarade arrivent dans la maison des AURIBAULT. Ils y restent en sécurité un mois. En septembre 1943, Eugène GRANET (2) technicien radio arrive à Emerainville avec dans sa valise un poste émetteur-récepteur. Il s’installera au deuxième étage de la maison. Le 8 décembre 1943, la Gestapo envahit la maison des AURIBAULT : Florentine et Louis sont arrêtés ainsi qu’Eugène. Tous les trois furent déportés et mourront en Allemagne.

Évidemment Roger et Suzanne AURIBAULT ne reparurent pas à Emerainville, ils sont clandestins. Mais le 10 mai 1944, ils sont arrêtés par la Gestapo au métro Concorde. Ils sont conduits avenue Foch, au siège de la Gestapo pour un interrogatoire musclé. Transférés à la prison de Fresnes, ils sont trois mois au secret.

Suzanne va connaître le départ pour l’Allemagne, le 11 août 1944. Ce transport composé de 81 détenues de Romainville et de 21 autres venant de Fresnes arrivera d’abord à Sarrebrück, (camp de Neue Bremm) puis le 26 août, à Ravensbrück. Suzanne sera libérée en mai 1945 et retrouvera sa fille Danielle.

Roger AURIBAULT, quant à lui, quittera Fresnes pour Pantin où l’un des derniers convois l’emmène à Buchenwald. Dans ce transport on compte 1654 hommes et 546 femmes dont sa mère Florentine. Roger a le matricule 77615. Il meurt à Ellrich le 16 nove mbre 1944.

 

    Les parents de Roger, Louis et Florentine AURIBAULT ne reviendront pas de déportation.

      Dans cette commune d’Emerainville, une rue porte le nom de la famille AURIBAULT

 (1) Charles Desirat (1907-2005) Résistant et déporté

(2) Eugène Granet (1901-1944)  Résistant, déporté, mort à Dora-Mittelban. Son frère Désiré Granet est l’un des 27 fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941.

Charles Sancet

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