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Marie-Louise GODET-LAGUERRE, postière, décédée à Ravensbrück

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Marie-Louise GODET est née le 29 août 1904 à La Châtre (Indre) (1). Elle se marie avec Oscar LAGUERRE et ont une fille Nicole. En 1940, Marie-Louise est employée des Postes à Châteauroux (Indre). D’un tempérament énergique, elle ne supporte pas la capitulation de Pétain et l’occupation allemande.

Elle va se trouver par ses connaissances et par son travail professionnel placée à un poste de direction des plus dangereux et des plus utiles. Il s’agit de la transmission des messages télégraphiques émanant des groupes régionaux de la Résistance : A.S. (Armée Secrète), F.F.I. (Forces Françaises Libres), M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance) et le commandement départemental.

     Cette mission est d’autant plus dangereuse qu’elle s’effectue près du bureau de contrôle allemand et sous la surveillance active de la Milice. Marie-Louise commence donc à travailler activement pour la Résistance à partir du mois de mai 1943, malgré la naissance de sa fille. Elle est en relation avec l’A.S. de la région et va intégrer le réseau Jade-Fitzroy (2) qui est rattaché aux Forces Françaises Libres (3).

    Marie-Louise LAGUERRE assurera jusqu’à son arrestation le poste de chef de service clandestin des correspondants télégraphiques. Elle avait sous ses ordres une cinquantaine d’agents des PTT disséminés dans les bureaux du département de l’Indre. Elle reçoit et transmet avec un courage tranquille les messages clandestins qui lui parviennent. Grâce à son dévouement, des renseignements urgents ont pu être transmis des maquis à Londres et de Londres aux maquis.

On se rend compte de l’importance de sa mission quand on sait comment des arrestations furent évitées et comment des agents ennemis, qui tentaient de s’introduire dans les groupes armés de la Résistance, furent découverts et mis hors d’état de nuire.

Son mari, Oscar LAGUERRE est arrêté en février 1944. Elle se trouve donc très exposée et elle en est consciente. Un Officier de la France Libre, parachuté près de Châteauroux, pour la protéger, veut l’emmener avec sa fille à Londres. Elle refuse de quitter son poste, ici le courage devient de l’héroïsme.

Suite à une dénonciation, elle est arrêtée le 12 mai 1944 par la Gestapo de Châteauroux. Internée à Limoges, ensuite à Romainville puis à Fresnes, elle part de Pantin le 15 août 1944 et arrive à Ravensbrück le 21 août. Dans ce convoi, 546 femmes partent en déportation.

Son martyre va commencer, sa mort lente est programmée. Marie-Louise attrape la scarlatine, elle a des rhumatismes articulaires qui la paralysent. Mais comme au début de 1945 sa santé s’améliore, elle servira de cobaye aux « médecins hitlériens ». Malheureusement elle ne pourra pas supporter cette dernière épreuve et mourra le 10 avril 1945 huit jours avant la libération du camp de Ravensbrück par l’Armée Rouge.

Marie-Louise LAGUERRE, sous-lieutenant, a reçu la médaille de la Résistance française à titre posthume. Son mari, Oscar, né le 9 mars 1896 à Toulouse, était également agent du réseau Jade Fitzroy. Déporté au KL Neuengamme le 4 juin 1944 il sera de retour en France en mai 1945.

 

(1)      « Les Femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale » C. Sancet Editions Tirésias 2014.

(2)     « Résistance Indre et Vallée de Cher » Georgette GUEGEN et Bernard LEHOUX, Editions Sociales 1972

(3)     Créé en décembre 1940, il a pour activité principale le renseignement. Rattaché au départ au service de renseignements anglais MI 6 (Military Intelligence section 6 of England), et à partir de 1944 au BCRA. Ce réseau a compté jusqu’à 700 agents.

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