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Charles FRANCILLON, employé PTT, fusillé le 15 juin 1944

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Né le 7 décembre 1909 au Touvet en Isère, Charles FRANCILLON fait des études à Vienne qui lui permettent de devenir fonctionnaire des Postes, Télégraphe et Téléphone. Il fait son service militaire au 93e R.A.M. stationné à Grenoble. Il est ensuite nommé Contrôleur des installations électromécaniques des P.T.T. (CIEM) aux P.T.T. à Annemasse.

Marié et père d’une fille née en 1941, il habite Ville-la-Grand (Haute-Savoie). Lorsque la guerre éclate, il a 30 ans et est mobilisé sur place à son poste. Il entre tout naturellement dans la Résistance en tant que membre du Parti Socialiste et syndicaliste.

C’est un homme précieux pour la Résistance. Lorsque le Noyautage des Administrations Publiques (N.A.P.) est mis en place sous l’égide du mouvement « Combat », il en devient le responsable pour la poste d’Annemasse.

Charles FRANCILLON fait bénéficier toute la Résistance de ses services, sans se soucier de l’appartenance politique des uns et des autres…    

  Il met notamment au point un système pour réceptionner poste restante le courrier destiné à la Résistance (Comité National de la Résistance à Genève) et monte de nombreuses installations téléphoniques clandestines sans oublier, bien sûr, la multitude des écoutes téléphoniques clandestines.

  Il fait partie aussi du réseau « Gilbert ». Un prêtre, le révèrent Père Louis FAVRE, né le 2 novembre 1910, après sa dernière année de théologie, va d’abord enseigner en Suisse. Le 1er septembre 1939, il sera rappelé à l’armée et démobilisé le 3 août 1940. Et il arrive pour enseigner à Ville-la-Grand. Là où habite Charles FRANCILLON.

À la rentrée 1941, Louis FAVRE revient enseigner à l’Institut Florimont en Suisse, établissement très pétainiste. Les positions ouvertement gaullistes de Louis FAVRE, lui valent son éviction début 1942 et évidemment son retour à Ville-la-Grand. Dès janvier 1942, il appartient au réseau « Gilbert » du colonel Georges GOUSSARD. Il rentre comme agent P2 dans le réseau de renseignement Combat, le réseau Kasanga, là où Charles FRANCILLON est aussi engagé dans le N.A.P.

Louis FAVRE assure des passages de résistants et de Juifs vers la Suisse. En 1986, à titre posthume, le prêtre Louis FAVRE recevra le titre de Juste parmi les nations.

Arrêté le 3 février 1944, il est emprisonné dans quatre prisons dans le département. Il arrive à continuer à faire du renseignement et à soutenir les autres membres du réseau « Kasanga » arrêtés peu après lui : Charles FRANCILLON, Albert CURIOZ et Emile MILLET.

Charles FRANCILLON est effectivement arrêté deux jours après Louis FAVRE le 5 février 1944 par le chef Meyer de la Gestapo de la ville. Il est interné au Pax. Le 2 mars 1944, il est transféré à la prison Saint-François à Annecy. 

Le 15 juin 1944, Charles FRANCILLON, Louis FAVRE, Albert CURIOZ et Emile MILLET sont fusillés au Pré Dalle à Vieugy près d’Annecy.

Au lendemain de la Libération, des obsèques solennelles ont été organisées à Annemasse, en l’honneur des quatres résistants fusillés à Vieugy : Albert Curioz, Emille Millet, Charles Francillon, le père Louis Favre, appartenant tous aux Mouvements Unis de la Résistance et spécialistes du renseignement.

Un monolithe de granit est érigé en 1948 et un panneau dressé en 2004, sur les lieux de martyrs de 40 patriotes rappellent leur souvenir et leur action.

Pour ce qui concerne Charles FRANCILLON, ses services accomplis comme agent P2 du 1er novembre 1942 au 5 février 1944, date de son arrestation en qualité de chargé de mission de 3ème classe, seront homologués à titre posthume en 1947 par la Commission Nationale d’homologation avec le grade de sous-lieutenant.

Charles FRANCILLON figure sur une plaque apposée sur l’une des façades de la poste centrale d’Annecy et sur le monument érigé dans le cimetière d’Annemasse.

 

 

Sources :

      Comité départemental de l’ANACR d’Annemasse.

      Ministère des Armées, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC) Caen.

      Annemasse, la frontière et Genève 1939-1945, Une histoire singulière de Robert Amoudruz et Guy Gavard.

      Résistance Déportation – Dictionnaire Conseil Général de Haute-Savoie.

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