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André DALMAS, guillotiné le 25 juin 1942

 

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André DALMAS est employé au Central télégraphique PTT de Paris, 103 rue de Grenelle depuis le 1er février 1938. Il est né le 29 septembre 1913 à Thomery en Seine-et-Marne.

Il fit des études brillantes, obtint le baccalauréat de philosophie et deux certificats de licence en droit. Etudiant, il participe déjà à une activité politique notamment en adhérant aux Etudiants communistes en 1934 pendant ses études à la faculté de droit de Paris. Il fut aussi membre de l’Union fédérale des Etudiants. Il participa à des manifestations pour défendre un professeur de droit attaqué par les Croix-de-Feu et les Jeunesses patriotiques en 1935 et 1936.

Il fit son service militaire de 1936 à 1937 à Mourmelon, section des infirmiers militaires. Il fut mobilisé d’août 1939 à août 1940.

Il se marie le 5 décembre 1939 avec Aimée Pannetier, une ex-étudiante en philosophie membre des Jeunesses socialistes qui milita ensuite à l’Union Fédérale des Etudiants. Après leur mariage, ils vont habiter à Maisons-Laffitte en Seine-et-Oise.

Très vite, André Dalmas va rejoindre le parti communiste clandestin puis les FTP.

 

 

Le 31 mai 1942, rue de Buci dans le 6e arrondissement de Paris, une révolte d’un nombre important de femmes se produit. Elles sont exaspérées par les difficultés à vivre, par ces interminables files d’attente, par le souci des tickets de rationnement. Des femmes s’emparent des marchandises des épiceries proches et les distribuent. La police arrive très rapidement et charge les manifestantes mais se heurte à un groupe de FTP. André Dalmas est chargé de protéger Madeleine Marzin, (*). Des arrestations vont être opérées. Parmi celles-ci, André Dalmas, Madeleine Marzin, un métallo Edgar Lefébure, et des étudiants.

Le jugement, par la Section spéciale du tribunal d’Etat est expéditif. Aucun recours, des avocats désignés d’office qui défendent les accusés en les présentant comme des égarés. Le lendemain, Edgar Lefébure et André Dalmas sont guillotinés le 25 juillet 1942 dans la cours de la prison de la Santé.

 

 

Le nom d’André Dalmas figure sur la stèle du Centre télégraphique PTT du 103, rue de Grenelle. En 2005, l’immeuble étant vendu, cette stèle a été déposée et réinstallée dans un des halls de France Télécom-Orange, 6 place d’Alleray dans le 15e. Aujourd’hui, la direction de cette entreprise ayant quitté ce lieu, nous devons veiller à la protection de cette plaque sur laquelle sont gravés 30 noms des victimes de la barbarie nazie.

                                                                                                Charles Sancet

 

(*) Madeleine Marzin, née le 21 juillet 1908 à Loudéac est décédée le 27 mai 1998 à Paris. Elle s’engage très tôt dans la Résistance participant à la constitution du Front National universitaire. Elle dirige avec d’autres femmes la manifestation de la rue de Buci. Au simulacre de procès, elle est condamnée à mort, peine commuée en travaux forcés. Lors de son transfert vers la prison de Rennes elle parvint à s’échapper. Conseillère municipale de Paris, élue députée sur la liste communiste en 1951, puis réélue en 1956.

 

Sources :

- Les Fusillés 1940-1944, dictionnaire biographique, sous la direction de Claude Pennetier…

-Le Maitron, « Fusillés, Guillotinés, Exécutés, Massacrés 1940-1944 ».

-Brochure « Hommage aux morts des centres téléphoniques et télégraphiques de Paris »  2004.   éditée par « Libération Nationale PTT -ANACR » (Jean Blanchon – Charles Sancet).

-Histoire de la Fédération CGT des PTT – 1967 (Georges Frischmann).

 

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