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Le Conseil National de la Résistance

Dans le dernier bulletin de notre association du 3ème trimestre, un article concernant l’idée avancée par certains (associations ou partis politiques) « d’actualiser le programme du CNR de 1944 » ou de le « revisiter » a peut-être interpellé quelques camarades. Je précisais qu’il s’agissait d’une démarche politique spécifique légitime et j’expliquais aussi mon opposition à de telles options.

Entre temps, une organisation politique, qui s’est créée en 2008, a tenu un colloque à Aix-en-Provence sur le thème « Un nouveau CNR est-il possible et nécessaire ? ». Il n’est pas dans mes intentions de contester à qui que soit d’avoir une opinion sur tel ou tel sujet, mais pour ce qui concerne le CNR ou l’actualisation de son programme adopté en mars 1944, il me paraît nécessaire de justifier les raisons de mon désaccord en tant que membre de la direction de l’ANACR.

Afin d’apporter des éléments de réponse et de réflexion, le rapport d’activité adopté au congrès national de l’ANACR à Lons-le-Saunier est de ce point de vue très explicite. En voici de larges extraits : « Certains, sans nul doute avec de bons sentiments, évoquent l’idée d’une actualisation du Programme du CNR, voire même de l’écriture d’un nouveau Programme. Cela appelle deux remarques, la première est que, en élaborant dans la clandestinité un Programme aux dimensions non seulement patriotiques mais aussi politiques, économiques et sociales, le CNR a pallié les conséquences de l’absence de toute possibilité d’expression et de débat démocratiques se traduisant, sous le régime pétainiste et la férule de l’occupant, par l’interdiction des syndicats, des partis politiques démocratiques, d’une presse libre permettant de proposer dans tous les domaines aux citoyens des options parfois opposées entre lesquelles ils sont appelés à trancher par leurs votes lors d’élections libres…. Le contexte de la France d’aujourd’hui n’est évidemment plus le même qu’entre 1940 et 1944. Et il n’est nul besoin qu’une instance – formée comment et par qui ?

– se substitue, parce qu’ils feraient défaut, aux partis politiques, aux syndicats, aux Assemblées élues, aux processus de débat ou de confrontation démocratique existant tant sur le plan politique que social. De plus, qui peut aujourd’hui raisonnablement penser qu’il serait possible – comme ce fut le cas pour le CNR et son programme    

– de rassembler les différents syndicats, les partis politiques de gauche, du centre et de droite sur un même programme politique, économique et social ? Aucune instance – pas même composée d’anciens Résistants, lesquels ont pleinement comme tout citoyen le droit d’avoir des opinions politiques et une expression commune si des affinités politiques réunissent certains d’entre eux – n’est légitime et habilitée à actualiser le Programme du CNR, à le « revisiter » voire à en « valider » des pans, à le réécrire. L’ANACR – et encore moins tel ou tel de ses comités locaux ou départementaux – ne saurait avoir la prétention à le faire.

Tout citoyen, ou tout groupe de citoyens que rapprochent des options communes, tout parti politique ou tout syndicat, peut évidemment élaborer des propositions pour notre pays. Et l’on peut que se féliciter si elles se réfèrent aux valeurs qu’exprime le programme du Conseil National de la Résistance. Pour autant, il serait totalement abusif de prétendre qu’elles constitueraient un nouveau Programme du CNR, mais seulement un programme politique spécifique à ses auteurs et confronté à d’autres ».

Telle est la position de l’ANACR, et nous la partageons. Au congrès de Lons-le-Saunier, la délégation de Libération Nationale PTT, unanime, a voté l’ensemble du rapport d’activité.

Charles Sancet

Secrétaire général adjoint

Membre du Bureau National de l’ANACR

 

 

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