Commémorations, vigilance !

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Dans notre dernier bulletin, Charles Sancet dans l’article éditorial, évoquait les craintes que nous avions au sujet du devenir des commémorations. La commission André Kaspi (historien) chargée par le gouvernement d’étudier « la modernisation des commémorations publiques » vient de rendre publiques ses « recommandations ».

Craignant les réactions énergiques des anciens combattants et victimes de guerre, le Secrétaire d’Etat à la Défense, Jean-Marie Bockel, s’est voulu rassurant, affirmant qu’il ne s’agissait que de recommandations et que « le débat est ouvert ». À première vue, on pourrait alors penser que peu de modifications vont intervenir et que, grosso-modo, on va garder le statut quo. Un examen plus attentif des propositions Kaspi tempère cet optimisme. La commission propose de ramener de douze à trois les commémorations nationales : le 14 juillet, fête nationale - le 11 novembre « pour commémorer les morts du passé et du présent » - et le 8 mai « pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie ».

Pour ce qui est des autres cérémonies, celles à dimension nationale : journée de la déportation, appel du 18 juin, journée (proche du 16 juillet) des victimes des crimes racistes et antisémites pourraient être intégrées par exemple au 8 mai (qui deviendrait alors un fourre-tout) ou alors, comme cela est prévu pour les commémorations régionales et locales, laissées à l’initiative des seules associations. Ainsi rien ne serait supprimé officiellement, mais l’Etat et ses institutions, abandonnant toute participation ainsi que le soutien matériel, les associations éprouveraient rapidement bien des difficultés à porter seules le poids de l’organisation de ces commémorations locales.

Ces dernières risqueraient donc de disparaître, ce qui tournerait le dos au devoir et au travail de mémoire.

En ce qui nous concerne, nous sommes très attachés au maintien des commémorations. Elles sont un moment privilégié pour honorer les victimes et faire connaître le sens de leur engagement. Nous voulons même en ajouter une, très importante, célébrant la date d’union de la Résistance avec la création du Conseil National de la Résistance le 27 mai 1943. Peut-être ne s’en souvient-il plus, le président de la République alors qu’il était candidat, avait déclaré à ce sujet à l’ANACR « Je souhaite que votre proposition soit accueillie favorablement ».

 

                                                                                                          Michel DELUGIN      

 

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