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HISTOIRE

Le Camp de RIEUCROS à Mende (Lozère)

Un décret du 21 janvier 1939 signé du Président de la République Albert Lebrun précise : « Un centre spécial de rassemblement est créé dans la commune de Mende, au lieu-dit Rieucros ». Dans ce camp pourrons être astreint à résidence les étrangers « qui résident en France irrégulièrement et sont passibles d’une amende et d’une peine d’emprisonnement et assignés à résidence ».

Début de cette année 1939, il y a déjà à Rieucros une quarantaine d’hommes internés, réfugiés politiques, autrichiens et juifs allemands antinazis. Le camp reçoit aussi de nombreux républicains espagnols refoulés en France par les troupes franquistes victorieuses en mars 1939.

La Seconde Guerre mondiale débute le 3 septembre 1939. Une circulaire du Ministre de l’Intérieur du 17 septembre 1939 stipule que « Les étrangers suspects du point de vue national et dangereux pour l’ordre public » seront regroupés au camp du Vernet (P.O.) et à Rieucros pour les femmes.

Dès octobre 1939, Rieucros est officiellement « un camp de rassemblement pour étrangères » et reçoit le 18 octobre 1939 un premier convoi de 100 prisonnières de la Petite Roquette à Paris.

 

 

Après toute une série de lois anti-juives, Vichy promulgue, le 4 octobre 1940, une loi permettant sur simple décision administrative d’internet « les étrangers de race juive ».

La circulaire du 10 janvier 1941 donne au Centre de Rieucros la dénomination de « Camp de concentration » mais en aucun cas il ne peut être assimilé aux Camps de Concentration allemands.

Il cesse de fonctionner le 13 février 1942 et les détenues sont transférées au camp de Brens près de Gaillac dans le Tarn.

Ladministration de ce camp était placée sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur et sous la responsabilité de Préfet de Lozère. Les détenues ne pouvaient sous aucun prétexe quitter le camp. A l’intérieur du camp elles disposent librement de leur temps et peuvent se livrer à des travaux tels que vannerie, couture dessins et même elles organisent des cours de langue, d’histoire etc…

Ce camp a rassemblé jusqu’à 600 femmes. Parmi elles :

         -Des étrangères, en majorité suspectes au point de vue national, condamnées de droit commun, extrémistes, personnes de mauvaise conduite.

        -Des françaises, communistes, syndicalistes (Odette Capion-Branger, Fernande Valignat, Mathilde Péri) suspectées de nuire à l’ordre public et à la sécurité nationale.

  De 1940 à 1942, on dénombre 34 évasions.

 

Quelques précisions sont nécessaires concernant ce camp

Le camp de Rieucros restera un exemple de défaillance républicaine et de honte pour son mépris des droits de l’homme. A ce titre, il mérite d’être connu et médité par les nouvelles générations. Il serait faux et moralement inadmissible à l’égard des victimes de la déportation dans les camps nazis, de créer dans l’esprit public une certaine identification liée au terme de « camp de concentration ».

Les « Camps de la honte » dénoncés par les historiens et divers ouvrages, sont ceux où Vichy, appliquant sa loi du 4 octobre 1940 internait « sur simple décision administrative les étrangers de race juive » pour être livrés aux convois de déportation. Si les conditions physiques de la vie n’atteignaient pas la cruauté des camps nazis, le mépris de l’être, l’inhumanité justifient notre sentiment de « honte ».

Rieucros n’est pas, non plus, concerné par cette image de camp et n’a pas été marqué par des arrestations de juifs étrangers ou français. En Lozère, bien après la fermeture du Camp de Rieucros le 13 février 1942, la police française regroupa le 26 août 1942, 36 juifs étrangers à Chirac et les dirigea le lendemain sur Rivesaltes. L’arrestation par la Gestapo de 11 juifs français date du 20 janvier 1944.

Source : Association « Pour le Souvenir de Rieucros » Archives Départementales 48000 Mende.

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