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« Parcours de Mémoire » à Noisy-le-Grand (93)

Dimanche 23 septembre 2018

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Le comité ANACR et la municipalité inaugurent un « Parcours de mémoire » matérialisé par 9 bornes rappelant des évènements ou des lieux qui ont marqué la Seconde Guerre mondiale dans cette ville. « Libération Nationale PTT – ANACR » était représentée par Colette Pallarés, secrétaire générale adjointe et le porte-drapeau, Michel Chassagne

 

Parmi ces bornes figure celle de « La Source K » qui est implantée là où se situait le pavillon qui abritait les écoutes des câbles téléphoniques Paris-Berlin utilisés par les autorités d’occupation.

Texte de la balise N° 4 :

Mémoire de la Résistance

Ici en 1942, existaient trois parcelles de jardins dont une bâtie, et c’est en limite de ce modeste pavillon que passait la ligne Souterraine Grande Distance, utilisée par  la Wehrmacht, pour sa liaison entre Paris et Berlin.

Les services secrets anglais et français, ayant besoin de connaissances sur la machine de guerre nazie, pour préparer la reconquête de l’Europe, constituèrent avec le mouvement de résistance PTT, une opération appelée la « Source K ». C’est l’ingénieur Robert Keller qui accepta de la diriger.

Dès mars 1942, ce pavillon situé à 6 mètres de la Ligne, fut loué par Edouard Jung qui prétexta des fuites dans les conduits d’écoulement, pour creuser une tranchée jusqu’en bordure de route. (En réalité, pour y dériver certains câbles de LSGD).

Le 15 avril 42, Robert Keller crée un défaut artificiel, plus loin sur le tronçon de ligne Paris-Metz. Les allemands exigent aussitôt, recherches et réparation, mais sous leur surveillance. Robert Keller, comme il l’espérait et muni de toutes les autorisations d’usage, découvre le point de rupture, devant le pavillon de E. Jung.

Le 16, les fouilles commencent et le soir du 18, l’intervention sur le câble est décidée de nuit pour raisons de sécurité. Une tente d’intempéries est disposée au-dessus de la fouille centrale, afin de filtrer l’éclairage des lanternes pouvant déclencher une patrouille de la DCA du Fort, située à 1000 mètres à vol d’oiseau.

 

 

Dans la tranchée, Keller, Guillou et Matheron coupent, décapent, soudent, dans l’inextricable amas des 80 conducteurs de cette ligne. R. Keller sélectionne les fils, ne quittant pas son téléphone en liaison avec ses vérificateurs, (Loreau à St Amand, Fugier à La Ferté) pour les circuits à suspendre, durant l’intervention. A l’extérieur de la tente, Combeaux feint de s’affairer à quelque tâche urgente.

 

À 4h du matin, piquages terminés, fouilles comblées, 70 grands circuits de dérivés, ceux de la Kriegsmarine, la Lutftwaffe, la Wehrmacht et la Gestapo. À Sueur et Deguingamp de raccorder les câbles aux amplis et postes d’écoutes.

 

Mais, janvier 1943, sur dénonciations, ce fut le tragique épilogue. R. Keller et la plupart de ses camarades furent arrêtés et déportés. R. Keller dut résister à la torture pour protéger ses supérieurs, puis les camps du Struthof, d’Oranienburg et de Bergen Belsen, où il mourut le 14 avril 1945, des suites d’une morsure de rat.  

 

                                                                                                                 

Michel Chassagne

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