Carrefour des Armistices

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Chémery, le 22 juin 2010

Charles SANCET

20, rue Nationale

41700  Chémery

                                                                Monsieur XXX

                                                                Maire de YYY

                                                       

Monsieur le Maire,

 

Dans le journal « L’Ancien d’Algérie » N° 488 de juin-juillet 2010, est paru le compte rendu de la cérémonie qui s’est déroulée dans votre commune le 19 mars dernier.

Ancien combattant d’AFN, adhérent de la FNACA mais aussi membre du Conseil National de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance), je me permets de vous faire part de mes remarques concernant les termes gravés sur la plaque commémorative «Carrefour des Armistices, 11 novembre 1918, 8 mai 1945, 19 mars 1962».

Parler de trois armistices est une grossière erreur et je suis d’autant plus surpris par votre manque de vigilance que cette cérémonie s’est déroulée en présence du vice-président du Conseil général et de divers responsables locaux d’associations d’anciens combattants.

 

En effet, l’armistice signé le 11 novembre 1918 mettait un terme à la Première guerre mondiale. Mais pour le 8 mai 1945, il s’agissait de la capitulation sans condition du IIIème Reich et non d’un armistice.

La plaque « Carrefour des Armistices » pourrait entretenir une confusion avec l’armistice signé le 22 juin 1940 par Pétain qui ouvrait la voie à la collaboration avec le régime nazi.

 

Le 19 mars 1962 n’était pas un armistice mais la fin des combats suite à la signature des accords d’Evian la veille. Je comprends et j’approuve votre décision de commémorer cette date historique qui mettait fin à près de huit années d’une guerre coloniale qui a durement frappé la jeunesse de notre pays. Mais je pense aussi que le terme d’armistice est mal choisi, il n’a jamais été employé par les historiens de la guerre d’Algérie..

 

Je reviens à ce qui me paraît fondamental, le 8 mai 1945 c’est la capitulation des armées Allemandes et non un armistice. La vérité historique doit être respectée. Chacun à sa place, citoyens ou élus, nous devons transmettre aux jeunes générations et en particulier aux écoliers et aux étudiants, les valeurs de la Résistance et la connaissance de la Seconde Guerre mondiale. La plaque que vous avez inaugurée le 19 mars ne répond pas à cette attente. Chaque mot a sa signification et une plaque commémorative est une « sentinelle de la mémoire ». Votre département, la Haute-Vienne, est un haut lieu de la résistance à l’occupant nazi et il a payé un très lourd tribut face à la barbarie hitlérienne, je pense notamment à Oradour-sur-Glane. Je m’étonne que votre conseil municipal n’ait pas fait preuve d’une plus grande attention lors de la décision de commémorer trois dates mémorielles.

 

Veuillez agréer Monsieur le Maire, l’assurance de ma parfaite considération.

 

                                                                                  Charles SANCET

 

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