La tombe du Soldat inconnu a été installée sous l'arc de Triomphe de la place de l'Étoile le 11 novembre 1920. Il s'agit d'un soldat non identifié (reconnu français), qui représente tous les soldats tués au cours de la Première Guerre mondiale. En 1923, une flamme éternelle est allumée ; elle est ravivée tous les soirs à 18 h 30.

La tombe est faite en granite de Vire.

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Commémorer un Soldat inconnu : de l'idée à la réalisation

Le président du Souvenir français (association fondée en 1887 pour entretenir le souvenir des morts de la guerre franco-prussienne de 1870) évoque le premier l'idée « d'ouvrir les portes du Panthéon à l'un des combattants ignorés morts bravement » le 20 novembre 1916. L'idée ne se concrétise véritablement qu'après la fin de la guerre mais elle prend d'abord la forme d'un livre d'or rappelant tous les morts de la guerre : ce livre serait placé au sein du Panthéon. L'idée chemine et la Chambre des députés adopte finalement le 12 septembre 1919 la proposition d'inhumer « un déshérité de la mort ».

Le gouvernement a lui d'autres projets : profiter du 2e anniversaire de l'Armistice pour célébrer le cinquantenaire de la Troisième République et porter le cœur de Gambetta au Panthéon : il s'agissait de donner un sens de continuité aux deux conflits, celui de 1870 perdu et celui de 1914-18 gagné, pour asseoir la victoire de la France sur l'Allemagne. Les deux projets, celui porté par l'exécutif et celui porté par la Chambre, alimentent un clivage politique, et finalement le 8 novembre 1920, la Chambre transige en proposant comme sépulture l'arc de Triomphe et non plus le Panthéon. C'est André Maginot, ministre des Pensions et lui-même mutilé de guerre, qui préside la cérémonie de choix du soldat à inhumer : elle se déroule dans le lieu mythique de la Grande guerre : la citadelle de Verdun.

 

Choix du Soldat inconnu

Auguste Thin, soldat de deuxième classe du 132e régiment d'infanterie, alors âgé de vingt et un ans, avait été chargé de désigner, le 8 novembre 1920, le soldat inconnu qui reposera sous l'arc de Triomphe.

Huit corps de soldats ayant servi sous l'uniforme français mais qui n'avaient pu être identifiés ont été exhumés dans les huit régions où s'étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine.

Le 9 novembre 1920, les huit cercueils de chêne ont été transférés à la citadelle de Verdun, dans une casemate où ils ont été plusieurs fois changés de place pour préserver l'anonymat de la provenance de chacun d'entre eux.

Le 10 novembre, les cercueils ont été placés sur deux colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d'honneur fut confiée à une compagnie du 132e régiment d'infanterie. André Maginot, ministre des Pensions, s'est avancé vers un des jeunes soldats qui assurait la garde d'honneur, Auguste Thin, engagé volontaire de la classe 1919, fils d'un combattant disparu pendant la guerre, pupille de la nation.

Il lui tendit un bouquet d'œillets blancs et rouges, et lui exposa le principe de la désignation : le cercueil sur lequel ce jeune soldat allait déposer ce bouquet serait transféré à Paris et inhumé sous l'arc de Triomphe.

« Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »

            Auguste Thin

 

 

Partant par la droite, Auguste Thin a fait un tour, puis il a longé les quatre cercueils de droite, a tourné à gauche, est passé devant le 5e et s'est arrêté devant le 6e cercueil sur lequel il a déposé son bouquet et s'est figé au garde-à-vous.

 

L'inhumation

Après que le deuxième classe Auguste Thin fit son choix le 10 novembre 1920, le cercueil du soldat inconnu quitta Verdun dans la foulée sous escorte militaire. Il fut transporté à Paris par train et veillé toute la nuit place Denfert-Rochereau. Le cercueil fit une entrée solennelle sous l'arc de Triomphe le 11 novembre 1920, mais ne fut mis en terre que le 28 janvier 1921.

 

La flamme

Suite à l'idée émise début 1921 par le sculpteur ariégeois Grégoire Calvet, puis en octobre 1923 par l'écrivain Gabriel Boissy, la flamme sacrée sous l'arc de Triomphe fut ainsi allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 à 18 heures par André Maginot, ministre de la Guerre, tandis que les troupes du 5e régiment d'infanterie présentaient les armes et que la musique jouait la Marche funèbre de Chopin.

 

Très belle interprétation de la Marche funèbre de Chopin

Le 81e régiment d'infanterie de ligne (surnommé « régiment de la flamme ») ranimait chaque année, en déléguant un piquet d'honneur, la flamme du Soldat inconnu. Ce régiment, transféré à Montpellier en 1983 et devenu régiment de manœuvre de l'École d'application de l'infanterie, a été dissous en 1995.

La véritable histoire du soldat inconnu

  Résumé: Ce documentaire revient sur l'histoire du soldat inconnu, symbole de la tragédie de la Première Guerre mondiale, choisi par un jeune poilu, à Verdun, en 1920. Verdun, le 11 novembre 1920 : un jeune poilu dépose un bouquet de fleurs sur l'un des huit cercueils contenant les dépouilles non identifiées des soldats tués durant la Première Guerre mondiale. Le poilu en larmes vient de choisir «l'ambassadeur des morts», le fameux soldat inconnu.

Ce documentaire raconte l'histoire mouvementée de ce qui est aujourd'hui le symbole du deuil pour beaucoup de nations.

Le cercueil du soldat inconnu fut finalement inhumé en grande pompe sous l'Arc de triomphe le 28 janvier 1921. Un enterrement qui a fait l'objet d'une course contre la montre avec un autre soldat inconnu, britannique, inhumé le même jour à l'abbaye de Westminster, à Londres.

Voir aussi

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Tombe du Soldat inconnu

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Histoire du soldat inconnu

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