Commémoration à Archives

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    le 23 août 2010

Les femmes dans la Résistance

Commémoration à Archives

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A l'initiative du syndicat départemental fapt de Paris, une commémoration dédiée aux femmes dans la résistance était organisée sur le site d'Archives. De nombreux camarades de Libération Nationale PTT étaient présent.

En ce jour de commémoration plus particulièrement dédié aux femmes résistantes sur le site ARCHIVES, nous n’oublierons pas pour autant nos camarades MAURICE BARBON, JEAN DAVY.

Connaissant le droit des femmes à cette époque, on ne peut que saluer le courage et la sacrée volonté de lutte des camarades Lucette DARRAC et de Ginette LE BORGNE (que j’ai bien connue). Les Camarades, comme disait Ginette, et pour elle ce mot prenait toute sa signification de générosité et de solidarité. 

Depuis 1939, régnaient les privations, les emprisonnements, les tortures, les déportations, la mort. Il est de bon ton aujourd’hui de dire que la France a été collaboratrice. C’est oublier un peu vite que dès le début il y a aussi eu des résistants.

Bon nombre d’entre eux ont laissé leur vie dans ces activités clandestines.

Petit à petit, la résistance s’est organisée, et tout au long de ces années, des hommes et des femmes ont travaillé dans l’ombre pour combattre la barbarie et hâter sa chute.

Bien entendu, après le débarquement du 6 juin 44 la lutte s’est amplifiée. Pour tenter de retarder leur défaite, les occupants ne restaient pas inactifs, ce fut par exemple le massacre d’Oradour le 10 juin 44, ou encore fin juillet, l’écrasement du maquis du Vercors qui manqua malheureusement d’un appui suffisant des alliés.

Au sein des PTT aussi la Résistance s’est organisée.

Dès 1940, des collègues pour la plupart adhérents de la CGT, dissoute par Vichy, constituent des groupes, des organisations, des mouvements qui agiront pour organiser la lutte et la résistance.

Déjà en septembre 1940, les actions des résistants des PTT ont contraint les allemands à placarder une affiche qui disait : « Tout endommagement de moyens de transmission (poteaux télégraphiques, jonctions de câbles etc.) est interdit sous peine de mort. »

En effet, l’activité de ces militants faisait alterner actions légales et illégales pour les revendications immédiates, et les sabotages. Peu nombreux au début, leurs forces s’élargiront au fil du temps.

Pour ne parler que des télécoms, nombre d’actions sont connues comme par exemple le piratage, en avril 1942, des câbles Paris Strasbourg Berlin et Paris Metz par le réseau LGD (Lignes Grandes Distances) de l’ingénieur Robert Keller avec nos camarades des lignes Pierre Guilloux et Laurent Matheron.

D’autres actions sont moins célèbres, mais ont cependant été très importantes.

Ici même à Archives, la résistance se manifestait au quotidien.

En effet, les allemands occupaient les locaux téléphoniques, et notamment ce qu’on appelait à l’époque « le bloc », c'est-à-dire Paris Inter et les deux centraux automatiques Archives et Turbigo. Lucette Darracq résistante et téléphoniste à l’Inter était particulièrement surveillée car son mari avait été fusillé par les allemands. Elle racontera après la guerre comment ses collègues l’ont soutenue, y compris financièrement par une collecte régulière, car elle était seule avec deux enfants.

Dans son témoignage elle explique, ce que chaque jour des téléphonistes faisaient, ici même, pour agir et entraver l’activité des occupants, malgré les surveillantes allemandes, les souris grises.

«   - Lorsqu’une communication importante passe, on branche un tiers qui peut noter.

- Si un numéro est surveillé, on appelle ce numéro pour lui recommander de ne pas se servir du téléphone quelque temps.

- En enfonçant mal la fiche on pouvait rendre défectueuses les communications entre allemands.

- Les communications officielles, c'est-à-dire allemandes ou pétainistes, avaient droit à 6 ou 12 minutes, on les coupait alors au moment précis.

- La collecte de vivres pour nourrir un résistant caché.

- Travail de liaison, servir de boîte à lettres… »

En 1939 Olga (Ginette étant son patronyme dans la Résistance) entrait comme auxiliaire à l’interurbain. Après l’exode elle travaille en usine ;

En 1942 réintégrée à ARCHIVES elle continue son action militante avec son parti politique le PC (manifestations sur les boulevards, diffusons de tracts dans les cinémas, aide à la « frappe » des journaux clandestins, portage du courrier, et cela sous la pression des nazis).

1944 plusieurs membres de son groupe sont arrêtés : emprisonnés, fusillés, déportés.

Elle dira jusqu’à la fin « pourquoi pas moi » et ne pourra en parler que submergée par l’émotion et très rarement.

16 AOÛT 1944, Lucette DARAC, Maurice BARBON, Jean DAVY, entrent dans les salles d’Archives pour annoncer la grève insurrectionnelle et font sortir les opératrices, Ginette se joint à eux et ils organiseront le comité de grève

Dans la nuit du 24 au 25 août, vers minuit, une explosion se produit dans la salle des répartiteurs du centre LGD-Paris Inter. Deux bâtis sont détruits, trois autres endommagés, les vitres et les portes sont soufflées. Vers une heure du matin, deuxième explosion dans la salle des batteries. Les FFI assiègent alors l’immeuble, les combats se poursuivent toute la nuit et, vers 7h00 du matin, les allemands s’enfuient. Après les avoir fait prisonniers, les résistants les obligent à désamorcer eux-mêmes les détonateurs et toutes les charges d’explosifs dont ils avaient truffé l’immeuble. Ainsi Paris Inter a pu être sauvé avec un minimum de destructions.

A la libération, les opératrices ont largement défendu les revendications des opératrices avec leur syndicat CGT des télécoms et obtenu les 36 heures, officialisées plus tard.

Aujourd’hui, en ces temps difficiles ou sont entretenus la peur du futur, de son voisin et le mépris des salariés n’oublions jamais ce qu’ils et elles ont fait pour nous !

 

MERCI ET NOUS VOUS GARDERONS EN EXEMPLE

Pour tous les résistants, pour tous les collègues des PTT et, plus particulièrement ici pour les camarades dont les noms figurent sur cette plaque, nous allons observer une minute de silence.

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