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Cérémonies commémoratives

8 mai 1945 au siège de La Poste

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Le lundi 11 mai s’est tenue au siège du Groupe La Poste, la cérémonie commémorative du 75e anniversaire de la capitulation allemande du 8 mai 1945. Cette manifestation s’est déroulé en petit comité, sur la terrasse du Forum du Lemmys. Elle a démarré à 16 heures avec le discours du Président Philippe WAHL, la minute de silence et en clôture la Marseillaise. Les deux associations, ACVG-PTT et Libération Nationale PTT n’ont pu y participer.

« Mesdames et Messieurs,

La commémoration du 8 mai 1945 prend cette année une tonalité particulière. Non seulement notre cérémonie habituelle ne peut se tenir, du fait des mesures de confinement, mais la pandémie que nous affrontons nous place dans une situation qui n’est pas sans relation avec l’idée de mobilisation générale.

En ce jour, nous pensons tout d’abord à toutes les familles endeuillées par l’épidémie. Et au-delà de notre hommage aux libérateurs de 1945, je crois que nous devons saisir cette occasion solennelle pour rendre hommage à tous ceux qui, depuis deux mois, luttent sans relâche contre le virus. Je pense évidemment – en premier lieu- aux médecins, aux infirmiers et infirmières, et à tout le personnel de santé. Je pense aussi, plus largement, à toutes les personnes qui, dans l’exécution de leur service auprès de population, maintiennent le fil de la vie nationale. Et parmi eux aux postiers et postières qui ont maintenu le fil des prestations sociales pour les plus fragiles, maintenu le fil des mots entre les proches, maintenu le fil de la chaine de valeur économique.

Assurément, la crise sanitaire que nous affrontons aujourd’hui est sans proportion avec les évènements démesurés que nous commémorons. On peut même observer que les épidémies, dans un passé encore récent, faisaient beaucoup plus de victimes que maintenant – non pas seulement parce qu’on ne savait pas les soigner, mais parce qu’on ne prenait pas les mesures drastiques de précautions que nous prenons de nos jours.

On dit souvent, après Paul Valéry, que la seule leçon de l’histoire est qu’on ne retient jamais aucune leçon de l’histoire. Et bien ce n’est pas si sûr. Les épouvantables massacres du vingtième siècle ont retenti en profondeur sur nos sensibilités collectives. Travaillée par le traumatisme des guerres, l’âme des peuples a ainsi progressivement renversé l’ordre des priorités qui prévalait jusqu’alors, et mis la vie humaine individuelle au premier rang. Qui pourrait, honnêtement, s’en plaindre ?

Que nous puissions apprendre de nos erreurs pour les réparer, n’est-ce pas le plus bel espoir qu’on puisse placer dans l’Humanité ? En ce jour particulier, nous célébrons le 75e anniversaire de la victoire alliée de 1945. Nous rendons hommage aux millions de morts de ce conflit planétaire, combattants et victimes mêlés. Nous nous inclinons devant leurs courages et leurs souffrances. Il est bon de se rappeler que cette guerre fut, en partie, la conséquence d’une immense crise économique, qui déchaîna – en réaction – des forces obscures au cœur de la vieille Europe. Plût au ciel que nous retenions aussi cette leçon ! Il est bon aussi de rappeler aussi que la terrible défaite du printemps 1940 – qui vit, il y a exactement quatre-vingts ans, l’écrasement de celle qu’on disait être « la meilleure armée du monde » - ne mit pas un point final au destin de la France. Non seulement il y eut la France libre, non seulement il y eut l’Armée d’Afrique, mais il y eut le CNR et la Reconstruction. 

Souvent, dans son Histoire, la France a connu des échecs, des effondrements. Mais elle a toujours su renaître. Elle semble faite, comme écrivait le Général de Gaulle « pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires ».

La France a eu sa part dans la victoire. Et cette victoire de 1945 c’est d’abord celle d’une coalition, les Alliés, unie au-delà de leurs différences et de leurs désaccords par la nécessité philosophique et vitale de vaincre les nazis et leur entreprise macabre de domination des peuples et d’élimination de masse.

Notre temps et toutes ses fractures se révèlent et s’accroissent au cours de cette crise planétaire. Ce combat pour les valeurs humanistes n’est jamais terminé « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde » comme disait Bertolt Brecht.

Depuis qu’elle existe, la Poste a toujours participé à l’effort de relèvement national, en prenant sa part, tantôt du combat acharné contre l’ennemi, comme en 14-18, tantôt de la Résistance contre l’Occupant, comme dans les années 40. Aujourd’hui, il me semble important de faire mémoire de ces grands moments de notre vie postale et y puiser la force et l’inspiration nécessaires à l’affrontement des circonstances. Important aussi de dire qu’une fois de plus, les postières et les postiers ont fait face à la crise par leur engagement et par leur courage. C’est cette fierté de servir et aussi le souvenir et la joie de cette victoire historique que nous partageons aujourd’hui ».

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