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Discours de M. Philippe WAHL

Président-directeur général de La Poste

A l’occasion de la cérémonie commémorative

de la capitulation allemande du 8 mai 1945

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Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs, 

Nous voici, comme chaque année, réunis pour célébrer la Victoire alliée de 1945, qui mit fin à la Deuxième Guerre Mondiale en Europe.

L’année dernière, je m’étais arrêté sur le coût humain gigantesque de ce conflit : près de 50 millions de morts, civils et militaires !

Je voudrais cette année revenir sur la part que prirent les armées françaises dans la libération et la reconquête de notre territoire.

Bien sûr, dans cette terrible guerre, la France connut, dans un premier temps, le sort d’un pays vaincu et occupé.

Bien sûr, la victoire sur l’occupant, et la libération de l’Europe, furent d’abord le fait des Russes et des Américains.

Bien sûr, la France n’était plus maîtresse d’elle-même dans la métropole.

Mais partout où battait le cœur de la France -et où il existait une capacité d’action- la reprise des hostilités contre l’occupant était demeurée l’idée fixe.

        A Londres, autour du Général de Gaulle, mais aussi à Alger !

C’est en effet en Algérie et dans une grande partie de l’Afrique du nord que, à partir de 1940, une armée de 200 000 hommes s’est progressivement reconstituée, contournant par la dissimulation la surveillance des commissions d’Armistice.

Préparée par le Général Weygand, commandée par le Général Giraud, puis conduite par les généraux Juin et De Lattre, cette armée, la Première armée française -l’Armée d’Afrique !- s’est jointe aux Alliés après le débarquement anglo-américain de novembre 1942 sur les côtes du Maghreb.

Fusionnée avec les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle, qui opéraient en Libye sous les ordres de Leclerc, l’armée d’Afrique participa à la campagne de Tunisie contre Rommel, débarqua en Corse (qui fut le premier département français libéré) et s’illustra pendant la campagne d’Italie.

Ce furent alors les batailles de Monte Cassino et du Garigliano, où les Français d’Afrique, pieds noirs et musulmans, au prix de combats terriblement meurtriers, rendirent aux armes de la France le lustre qu’elles avaient perdu en 1940. 

Légionnaires, spahis, goumiers, chasseurs, fantassins, tirailleurs algériens, tabors marocains - l’armée Française avait mille visages et un seul but : vaincre l’ennemi !

Puis vint le débarquement de Provence, le 15 août 1944, qui permit aux troupes françaises de reprendre pied en métropole.

Toulon, Marseille, Draguignan sont libérées, puis c’est la remontée fulgurante de la vallée du Rhône, jusqu’en  Bourgogne, où les troupes de Leclerc rejoignent celles de De Lattre. L’Armée française tourne alors vers l’Est, vers Strasbourg, libérée le 23 novembre 1944.

On se rappelle le « serment de Koufra », prêté par Leclerc et ses hommes en plein désert libyen, en mars 1941 :

« Nous jurons de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».

Ce serment a été tenu !

         Enfin, la Première Armée Française, au terme de la campagne « Rhin et Danube », pénétra dans Berlin.

Et c’est le Général de Lattre de Tassigny qui reçut, pour la France, la capitulation allemande que nous commémorons aujourd’hui.

Ainsi la France vaincue n’avait-elle pas cessé de vivre, pas cessé de vouloir reprendre les armes, et les avait finalement reprises !

Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir.

Nous voulons honorer la mémoire de nos morts,

        Tombés en mai 40,

        Tombés pendant la campagne de France,

        Tombés dans les rangs des Forces Française de l’Intérieur, des Forces Françaises Combattantes et des Francs-Tireurs et Partisans,

        Tombés dans les rangs de l’Armée d’Afrique,

        Tombés en Italie, tombés dans les Ardennes, dans les faubourgs de Paris, dans les rues de Strasbourg,

Soldats de la deuxième DB, soldats de De Lattre, soldats de Leclerc,

Soldats de l’ombre, tombés dans les geôles de la Gestapo, sous le fer des occupants, pour l’honneur de la France libre !

Aujourd’hui, nous pensons aussi à toutes les victimes civiles,

Fusillées, déportées, persécutées, torturées, bombardées 

C’est à elles aussi que nous penserons pendant la sonnerie aux morts.

Et puisque nous sommes postiers, nous aurons tout spécialement en mémoire les réseaux « Libération Nationale PTT » et « Résistance PTT » qui, à partir de 1943, apportèrent une contribution importante au harcèlement de l’Occupant.

Nous penserons aux 212 postiers résistants morts pour libérer la France.

Honorons le courage et l’abnégation des combattants,

Honorons l’héroïsme de ceux qui ont donné leur vie pour l’honneur de la France,

Honorons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour libérer la Patrie !

 

Je vous remercie.

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