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Discours de M. Philippe WAHL, Président-directeur général de La Poste

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Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d’Anciens Combattants,

 Mesdames et Messieurs,

                  Nous voici, comme chaque année, réunis pour célébrer la Victoire alliée de 1945, qui mit fin à la Deuxième Guerre Mondiale en Europe. L’année dernière, j’avais évoqué l’héroïsme des postiers du Groupe  de Résistance « Duplessis ». Cette année, je voudrais revenir sur le coût humain gigantesque de ce terrible conflit. Près de 50 millions de morts, civils et militaires !

Un tel nombre dépasse l’entendement ; il est presque abstrait. C’est pourquoi il faut descendre un peu dans le détail, pour lutter contre l’oubli. Les regarder en face, ces chiffres, ce n’est pas faire une comptabilité macabre ! C’est reprendre, à chaque fois, la mesure du cataclysme.

C’est aussi prendre conscience de sa dimension véritablement mondiale, Prendre conscience aussi de l’immense souffrance, de l’immense sacrifice des peuples !

C’est mesurer enfin la valeur de la paix dont nous jouissons depuis lors en Europe ! Pendant la Seconde Guerre Mondiale, on l’oublie parfois, La France perdit 600.000 hommes et femmes, la Russie soviétique, à elle seule, en perdit 25 millions ! Les Chinois, dont on oublie souvent l’implication dans cette guerre planétaire, perdirent 10 millions d’hommes contre les Japonais.

Certains pays furent littéralement massacrés, comme la Pologne, qui perdit près de 20% de sa population. Dans toute l’Europe, 6 millions de Juifs, hommes, femmes et enfants, furent exterminés méthodiquement par l’idéologie nationale-socialiste. Les Alliés anglo-américains perdirent près d’un million d’hommes. [Quant aux agresseurs allemands et japonais, ils perdirent eux-mêmes respectivement 7 et 3 millions de personnes dans le brasier de leur folie.]               

Assurément, nous sommes ici rassemblés à la mémoire des Français morts pour la France, mais je crois aussi légitime d’avoir une pensée pour les hommes de toutes les nations, qui sont tombés pour la Paix.

Dans cette terrible guerre, la France connut le sort particulier d’un pays vaincu et occupé. Pour les Français, ce furent les « années noires ». La France, alors, n’était plus elle-même.

Mais son cœur continuait de battre dans celui de tous les Résistants, qu’ils fussent à Londres, dans le Maquis ou en Afrique du Nord, et qui nourrissaient l’espoir de voir un jour la patrie libérée. Libérée d’abord par l’immense effort des Alliés russes et anglo-américains, qui prenaient l’Allemagne hitlérienne en tenaille. Libérée aussi par elle-même, dans les endroits où les forces françaises libres étaient suffisantes pour vaincre. Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir. Nous voulons honorer la mémoire de nos morts, tombés en mai 40, tombés pendant la campagne de France, tombés dans les rangs des Forces Française de l’Intérieur, des Forces Françaises Combattantes et des Francs-Tireurs et Partisans, tombés dans les rangs de l’Armée d’Afrique, tombés en Italie, tombés dans les Ardennes, dans les faubourgs de Paris, dans les rues de Strasbourg, soldats de la deuxième DB, soldats de De Lattre, soldats de Leclerc, soldats de l’ombre, tombés dans les geôles de la Gestapo, sous le fer des occupants, pour l’honneur de la France libre !

Aujourd’hui, nous pensons aussi à toutes les victimes civiles, c’est à elles aussi que nous penserons pendant la sonnerie aux morts. Et puisque nous sommes postiers, nous aurons tout spécialement en mémoire les réseaux « Libération Nationale PTT » et « Résistance PTT » qui, à partir de 1943, apportèrent une contribution importante au harcèlement de l’Occupant nazi. Nous penserons aux 212 postiers résistants morts pour libérer la France.

Honorons le courage et l’abnégation des combattants, honorons l’héroïsme de ceux qui ont donné leur vie pour l’honneur de la France, honorons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour libérer la Patrie ! Comme l’écrivait le poète Charles Péguy :

 

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre »

 

Oui, cette guerre-là était juste ! Pensons au sacrifice de ceux qui l’ont gagnée pour que nous, leurs enfants, vivions libres !

Je vous remercie.

 

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