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Célébration du soixante-dixième anniversaire de la mort de

Simone MICHEL-LEVY

Le vendredi 13 AVRIL 1945 dans le camp de concentration de FLOSSENBURG, 10 jours avant sa libération par les américains, les nazis qui jusqu'à la fin ont tués et gazés, ont ce jour pendu SIMONE MICHEL-LEVY et deux de ses compagnes « nues, les mains attachées dans le dos avec du fil de fer à l’un des six crochets situés dans le mur à cet effet ». Cette résistante de la première heure a combattu y compris dans les pires conditions (elle sabotait dans l’usine qui fabriquait des munitions antiaériennes). Découverte, après avoir été torturée elle fut pendue à l’âge de 39 ans. Elle était l’une des six femmes faites Compagnons de la libération par le général de Gaulle, (Charles Sancet dans son ouvrage « Les Femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale » lui consacre tout un chapitre).

Lundi 13 AVRIL 2015, 70 ans après sa mort, un hommage plein de dignité lui a été rendu dans son village natal de CHAUSSIN dans le JURA. Une rue porte son nom et une plaque est apposée sur sa maison natale. Dans le village voisin de CHAUSSIN, une place porte aussi son nom, de même qu’à PARIS, dans la prolongation du CHAMP DE MARS.

Cette cérémonie organisée par l’ANACR et son comité local se déroulait au cimetière de CHAUSSIN avec la présence de Madame le maire de CHAUSSIN, des représentants d’associations d’anciens combattants, du représentant de la gendarmerie et de personnalités élues du département. Notre association « LIBERATION NATIONALE PTT » était représentée par Charles SANCET, son secrétaire général et Patrice LIGONIERE comme porte-drapeau qui avec les 10 autres porte- drapeaux se sont inclinés sur le cénotaphe de SIMONE MICHEL-LEVY.

                                                                                                                                                                                                                                          Dépôt de gerbe par Charles SANCET

                                Patrice LIGONIERE                                                                       Charles SANCET

Un discours d’une grande dignité avec beaucoup d’émotions fut prononcé par Madame la présidente de l’ANACR - Jura Nord. La chorale locale a entonné le chant de la déportation le « Le CHANT DES MARAIS » en ouverture de la cérémonie et le « CHANT DES PARTISANS » en clôture de la cérémonie. Un vin d’honneur offert par la mairie de CHAUSSIN clôtura cette journée commémorative.

Patrice LIGONIERE

 

Discours prononcé par Danièle PONSOT,

Présidente du Comité ANACR Jura Nord

                                                                                                                                                                                                                                                                  Danièle PONSOT

Le 13 avril 1945, au camp de Flossenburg, à quelques jours de la déroute définitive de l’Armée Allemande et du suicide d’Hitler, avait lieu une abomination !

Simone Michel-Lévy, née à Chaussin le 19 janvier 1906, entrée en résistance dès 1940, et deux de ses compagnes étaient ignominieusement pendues, sans jugement ni procès, après avoir été battues à coups de gourdin par leurs tortionnaires, dans l’attente de la sentence fatale.

Leur crime ? SON crime ? C’est d’être resté debout, d’avoir refusé la compromission d’un état pétainiste, celui-là même qui avait remplacé par « Travail, Famille, Patrie » notre impérissable devise républicaine « Liberté Egalité, Fraternité » ! 8

A l’instar des Peshmerga kurdes qui, aujourd’hui, se battent contre DAESH et l’Etat Islamique en Irak et dont les femmes sont des combattantes aussi déterminées que les hommes, Simone Michel-Lévy, Rédactrice en chef au service des recherches et du contrôle technique, aux PTT, n’a pas hésité une seconde à mettre ses compétences au service de la Résistance.

Il est de ces femmes d’exception qui, pendant cette période terrible de la collaboration, ont fait honneur à leur pays, que leur rôle soit reconnu ou qu’il demeure humble et modeste, comme celui des femmes de 14/18, assumant sans états d’âme des responsabilités traditionnellement dévolues aux hommes : la charrue, la conduite des machines à l’usine…les hommes étant au front il fallait prendre le relais et elles l’ont fait….n’obtenant le droit de vote (quand même !) qu’en 1945 et ne le voyant inscrit dans la constitution qu’en 1946!

Cette personnalité attachante et irréductible, qui avait fait sienne la devise : « Comtois, Rends-toi, Nenni, ma foi ! » clamée par les habitants de Dole assiégée lors de la Guerre de 30 ans, cette femme de courage et d’abnégation, pouvant à elle seule symboliser la Résistance, cette femme a été trahie !

Mettant à profit ses fonctions d’adjointe, Emma (c’était son nom de « guerre »), avait mis en place nombre d’actions de résistance, en liaison avec la "Confrérie Notre-Dame" du Colonel Rémy. Cela allait de l’édition et la diffusion de tracts à ta transmission de renseignements à Londres en passant par le repérage des zones de parachutage et la mise en place de dizaines de postes-radio. Le 5 novembre 1943, son contact à la Confrérie Notre-Dame, Robert Bacqué, alias TILDEN, lui fixe un rendez-vous urgent dans un café. C’est un piège et la Gestapo empoigne Emma, l’assomme et la jette dans une voiture en direction du 101 Avenue Henri Martin. TILDEN fut à l’origine de 90 arrestations de Résistants dans toute la France. Torturée d’abominable manière, la petite postière jurassienne n’a pas parlé, elle a protégé ses camarades et a tenu bon !

Transférée à la Gestapo, rue des Saussaies, Emma, désormais sous le pseudonyme de Françoise, est envoyée à Ravensbrück, dans un convoi à bestiaux, le 31 janvier 1944. Le voyage s’achève le 3 février et la quarantaine, au bloc 22.

Elle est alors expédiée à Holleinschen (Tchécoslovaquie d’alors) où avec ses camarades, elle travaille pour le groupe SKODA, à la fabrication de munitions anti-aériennes. Là, elle continuera tant qu’elle le pourra son oeuvre de résistante, sabotant les engins de mort qu’on les oblige à fabriquer !

Découvertes (la presse sabotée saute une fois de trop !) Françoise et deux de ses amies subissent alors la sentence terrible les condamnant sans appel.

Je ne résiste pas au plaisir de rappeler les derniers mots de Simone, écrits à ses parents depuis sa cellule :

      Danièle PONSOT

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